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Désir d'enfant

Traitement de l’infertilité : de plus en plus de femmes y ont recours

En se basant sur les données de l’Assurance-maladie, des chercheurs de l’Ined et de l’Inserm ont constaté qu’entre 2008 et 2017, plus de 150 000 femmes ont eu recours chaque année à un traitement contre l’infertilité. Une forte hausse due notamment au souhait de plus en plus tardif dans notre société d’avoir des enfants.

Traitement de l’infertilité : de plus en plus de femmes y ont recours koya79/iStock

  • Publié le 02.02.2021 à 20h00
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L'ESSENTIEL
  • En France, les Françaises ont de plus en plus recours au traitement de l’infertilité : 1,25 % de femmes de 20 à 49 ans chaque année entre 2008 et 2017.
  • Cette augmentation des traitements de l’infertilité après 34 ans est dû à une envie de plus en plus tardive d'entrer dans la maternité mais soulève des questions de santé publique car leur efficacité diminue fortement avec l'âge.

En France, environ un couple sur huit consulte en raison de difficultés à concevoir un enfant. Dans trois quarts des cas, l’infertilité est d’origine masculine, féminine, ou elle associe les deux sexes.

Il existe alors plusieurs recours pour réussir à avoir enfant, intégralement pris en charge par l’Assurance-maladie. Une nouvelle étude, reposant sur les données de cette dernière, montre une forte hausse du recours aux traitements contre l’infertilité depuis une dizaine d’années.

Les trois chercheurs, Khaoula Ben Messaoud et Elise de La Rochebrochard de l’Institut national des études démographiques (Ined), ainsi que Jean Bouyer (Inserm) ont mesuré le recours aux traitements de l’infertilité entre 2008 et 2017. Il s’agit, selon les chercheurs, de la "première estimation au monde réalisée sur une vaste population et prenant en compte tous les traitements de l’infertilité", à savoir l’induction de l’ovulation ainsi que la procréation médicalement assistée (PMA) qui inclut l’insémination artificielle et la fécondation in vitro, avec ou sans injection intracytoplasmique de spermatozoïde.

Une envie d’enfants plus tardive

Les données recueillies montrent que durant la période 2008-2017, 1,25 % des femmes âgées de 20 à 49 ans ont été traitée chaque année pour infertilité, ce qui représente plus de 150 000 femmes par an.

Par ailleurs, les femmes ont recours de plus en plus tardivement à ce type de traitement : le nombre de femmes de 34 ans et plus suivant un traitement contre l’infertilité a augmenté de 24% sur la période, alors qu’il stagne pour les femmes plus jeunes.

Pour les chercheurs, cette nette augmentation du nombre de femmes ayant besoin d’une aide médicale pour parvenir à procréer est à mettre en lien avec "le phénomène de parentalité de plus en plus tardive dans les pays développés, un mouvement qui s’est amorcé au début des années 1970".

Des traitements moins efficaces après 35 ans

On sait en effet que "l’efficacité des traitements diminue fortement avec l’âge. Le corps médical et les pouvoirs publics devraient donc prendre en compte cette tendance sociétale dans le temps long, afin d’accompagner au mieux ces couples", conseillent les auteurs de l’étude, qui constatent que "même en cas d’infertilité d’origine masculine, ce sont les femmes qui suivent des traitements".

Pour l’épidémiologiste Elise de La Rochebrochard, il est notamment urgent de prendre en charge plus rapidement l’infertilité des femmes. "On sait qu’après 35-37 ans, la réussite des traitements contre l’infertilité baisse drastiquement, autant que la fertilité elle-même", rappelle-t-elle. Autre besoin : mettre fin à "l’inégale accessibilité de ces traitements sur l’ensemble du territoire".

Les auteurs de l’étude souhaitent désormais avoir des résultats plus précis concernant le recours aux différentes techniques. « Nos premières impressions dans ces recherches encore en cours révèlent une baisse de la stimulation ovarienne simple », souligne Elise de La Rochebrochard. Comment l’expliquer ? "Les médecins accéléreraient le parcours des femmes plus âgées dans la PMA, en leur conseillant de passer directement à la FIV par exemple, pour ne pas perdre de temps", avance l’épidémiologiste, qui précise qu’il s’agit encore à ce jour d’une hypothèse.

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