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QUESTION D'ACTU

Mort médicalement assistée

Légalisation de l’euthanasie au Portugal : où en est-on en France sur la fin de vie ?

Le Parlement portugais a adopté le 29 janvier 2021 la légalisation de la mort médicalement assistée. En France, c'est la loi Leonetti-Claeys qui organise la fin de vie, un texte que certains députés voudraient voir évoluer. 

Légalisation de l’euthanasie au Portugal : où en est-on en France sur la fin de vie ? iStockphoto.com/Sittithat tangwitthayaphum

  • Publié le 01.02.2021 à 17h30
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L'ESSENTIEL
  • Le Portugal a légalisé l'euthanasie, devenant ainsi le quatrième pays d'Europe à aller dans ce sens.
  • En France, la loi Leonetti-Claeys pose un cadre légal sur la fin de vie mais n'autorise pas l'euthanasie.
  • C'est pour cette raison que 118 députés LR et LREM ont déposé une proposition de loi afin de rendre l'euthanasie légale en France.

Choisir sa mort comme on choisit sa vie. Le Parlement portugais a adopté vendredi 29 janvier 2021 une loi pour autoriser “la mort médicalement assistée” à une large majorité (136 voix pour, 78 contre et 4 abstentions), devenant le quatrième pays européen à légaliser l'euthanasie. Le texte doit encore être soumis au président Marcelo Rebelo de Sousa avant d’être promulgué, mais ce n’est qu’une formalité. 

Dans le reste de l’Europe, le débat sur la fin de vie avance progressivement. En Allemagne, le suicide assisté est autorisé depuis février 2020, après que la cour fédérale constitutionnelle aient jugé inconstitutionnel d’empêcher une personne de mettre fin à ses jours si telle était sa volonté. De même, les parlementaires espagnols ont voté en décembre dernier en faveur de la légalisation de l’euthanasie, devenant ainsi le sixième pays au monde à l’autoriser après les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, le Canada et la Nouvelle-Zélande. 

Un casse-tête français

Si en Europe occidentale, les progressistes poussent pour que des personnes aient la possibilité de mourir dignement, en France, le débat sur l’euthanasie est beaucoup plus houleux. Deux cas ont particulièrement retenu l’attention de l’opinion publique ces dernières années. Le premier est bien sûr le cas de Vincent Lambert, cet homme de 42 ans décédé le 11 juillet 2020 après avoir passé onze années de sa vie dans un état végétatif. Durant de longues années, ses parents, de fervents catholiques, ont mené une bataille juridique pour empêcher que soient débranchés les respirateurs artificiels qui maintenaient leur fils en vie.

L’autre cas délicat s’est également déroulé en 2020 avec Alain Cocq, 57 ans et atteint d’une maladie incurable. Avec l’impossibilité de recourir à l’euthanasie, cet habitant de Dijon, militant pour la fin de vie dans la dignité, a décidé de cesser de s’alimenter et de s’hydrater, tout en filmant ses dernière heures de sa vie en direct pour Facebook. C’était pour lui sa manière de montrer l’agonie et l’atrocité de la fin de vie sans possibilité d’abréger ses souffrances.

Dans le droit français, c’est la loi Leonetti-Claeys, relative aux droits des malades et à la fin de vie, qui encadre cette pratique. Le texte a été voté en 2005 puis modifié en 2016 en raison de l’affaire Vincent Lambert. Cette loi stipule que l’obstination déraisonnable du corps médical ainsi que la prolongation artificielle de la vie d’un patient sont proscrits lorsque ce dernier n’est pas en mesure d’exprimer sa volonté. La décision d’arrêter les soins doit être prise de manière collégiale par les professionnels de santé, qui peuvent par la suite donner administrer une dose de soins palliatifs afin que la personne ne souffre pas. De plus, le patient peut exprimer son consentement afin de limiter voire de cesser son traitement, une décision que se doit de respecter le corps médical tout en informant la personne sur les conséquences de son acte. Enfin, une personne de confiance peut être choisie par le patient afin de l’aider dans ses démarches et qui servira de garant de la décision du malade. 

Faire évoluer la législation pour rendre l'euthanasie accessible à tous

Si toutes ces dispositions sont censées aider à une personne de mourir dans la dignité, il n’est toujours pas possible de parler d’euthanasie en France. En effet, pour l’instant, la loi Leonetti-Claeys instaure simplement le refus de l’acharnement thérapeutique pour une personne incurable ainsi que le recours à la sédation profonde pour abréger ses souffrances, mais pas le suicide assisté. La décision de laisser mourir une personne revient aux médecins — et non au patient — qui doivent estimer si le patient est bien oui ou non, à la fin de sa vie. Dans ce cas, il est plus juste de parler d’accompagnement vers la mort plutôt que d’euthanasie. 

C’est la raison pour laquelle 118 députés La République En Marche et Les Républicains ont déposé une proposition de loi mercredi 27 janvier afin de faire évoluer la législation. Ils appellent notamment à “assurer un accès universel aux soins palliatifs en France”, ce qui éviterait à certains patients de devoir partir à l’étranger pour avoir recours à l’euthanasie. Selon les députés, légaliser l’euthanasie en France serait une mesure sociale puisque le seuls les personnes qui en ont les moyens peuvent se permettre de se déplacer à l’étranger pour mourir.  

Selon eux, une telle loi, qui rendrait l’euthanasie possible pour tout les patients atteints d’une maladie incurable et qui ne veulent plus souffrir “désacraliserait” le rôle du médecin, seul juge de paix dans la loi Leonetti-Claeys, au profit de la volonté du patient, le premier intéressé. “Le principe est que les médecins ont raison quoi qu’il arrive, indiquait François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, à propos des dispositions actuelles de la loi sur l’euthanasie. Tout repose sur la décision du médecin qui devient tout-puissant et cela profite, de facto, aux pro-vies. Si l’on n'est pas d’accord avec le médecin, on est jugé ‘dans l’émotion” et pas éthique, donc c’est à lui qu’incombe de prendre la décision sans penser au patient ni aux proches. Comme cette loi se rapporte à un sujet dit sensible, il n’y a pas de droit pour la défense. Il faudrait l’intégrer dans un cadre juridique pour faire entendre d’autres voix.”

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