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Pas d'avantages

Bébés prématurés : un seuil de transfusion de globules rouges plus élevé ne sert à rien

D'après une nouvelle étude, fournir aux bébés prématurés un seuil de globules rouges plus élevé dans les limites acceptées n’apporte aucun avantage en terme de survie ou de réduction des troubles neurologiques.

Bébés prématurés : un seuil de transfusion de globules rouges plus élevé ne sert à rien MychkoAlezander/iStock

  • Publié le 04.01.2021 à 13h30
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L'ESSENTIEL
  • En France, les prématurés représentent 8% des naissances
  • La transfusion pour augmenter le seuil d'hémoglobine vise à lutter contre le risque d'anémie
  • Cette pratique n'apporterait pas d'avantage en termes de survie ou de développement neurologique

Tous les ans, quelques 15 millions de bébés naissent prématurément dans le monde. Soit avant 37 semaines de gestation. A l’origine de près d’un million de morts par an, les complications des naissances prématurées sont la principale cause de mortalité chez les moins de cinq ans, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les risques sont encore plus grands pour les nourrissons très prématurés (nés avant 29 semaines de grossesse) et ceux pesant moins de 1 000 grammes. Car ces derniers courent un risque élevé d'anémie en raison de leur stade de développement précoce, de leur moindre capacité à produire des globules rouges et de la nécessité de recevoir davantage de prélèvements sanguins dans le cadre de leurs soins médicaux intensifs. Toutefois, d’après une nouvelle étude parue le jeudi 31 décembre dans le New England Journal of Medecine, fournir aux bébés prématurés un seuil de globules rouges plus élevé dans les limites acceptées n’apporte aucun avantage en terme de survie ou de réduction des troubles neurologiques.

Pour leur étude, les chercheurs de l'Université de Pennsylvanie aux Etats-Unis, ont suivi 1824 nourrissons. Sur 845 bébés affectés à un seuil d’hémoglobine plus élevé, 50,1% sont morts ou ont survécu mais avec une déficience neurodéveloppementale contre 49,8 % des 847 nourrissons affectés à un seuil inférieur. En évaluant les résultats des deux composantes séparément, les chercheurs ont constaté des taux similaires de décès (16,2 % contre 15 %) et de déficience neurodéveloppementale (39,6 % contre 40,3 %).

"Chez les nourrissons de poids extrêmement faible à la naissance, un seuil d'hémoglobine plus élevé pour la transfusion de globules rouges n'a pas amélioré la survie sans déficience neurodéveloppementale à l'âge de 22 à 26 mois, corrigé pour la prématurité", concluent donc les chercheurs.

Des enfants fragilisés pendant plusieurs années

Ces nouveaux résultats contredisent donc ceux d’études passées qui suggéraient que les nourrissons anémiques à qui on donnait une transfusion conduisant à des seuils d’hémoglobine plus élevés auraient un risque plus faible de décès, de retard cognitif, de paralysie cérébrale et de perte d'audition et de vision.

En France, un bébé prématuré naît toutes les huit minutes, soit 8% des naissances annuelles. D’après une étude britannique également publiée dans le British Medical Journal en novembre, les risques de fragilité pour ces enfants subsistent jusqu’à l’âge de dix ans. En effet, leurs travaux montraient que pour les petits nés trop tôt, le risque d’admission à l’hôpital était environ six fois plus élevé que pour les autres. Au moment où les enfants étaient âgés de 7 à 10 ans, ce taux d'hospitalisation était encore trois fois plus élevé que pour ceux nés à 40 semaines de gestation. Parmi les causes d’admission détectées, les chercheurs notaient en premier lieu les infections contractées durant la petite enfance. Au cours des deux premières années de la vie d’un enfant prématuré, les affections respiratoires et gastro-intestinales sont également un important facteur de risque.

 

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