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QUESTION D'ACTU

Solitude

Comment fonctionne notre cerveau face à la solitude?

Chez les personnes qui se sentent seules, les régions du cerveau responsables des souvenirs, de l’imagination, des pensées intérieures et des projections vers l’avenir sont beaucoup plus développées que chez les autres. Cela serait une manière pour le cerveau de surmonter et de compenser l’isolement.

Comment fonctionne notre cerveau face à la solitude? iStockphoto.com/2K Studio

  • Publié le 16.12.2020 à 20h00
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L'ESSENTIEL
  • Pour surmonter la solitude, le réseau du mode par défaut, un ensemble de région de notre cerveau, s'active plus intensément.
  • Le réseau du mode par défaut régit les souvenirs, l'imagination, nos pensées intérieures et notre perception de l'avenir.
  • C'est grâce à ce mécanisme, plus développées chez les personnes qui se sentent seules, que notre cerveau arrive à surmonter la solitude.

Cette année, Noël sera un peu particulier. Avec la pandémie de Covid-19 que nous traversons, beaucoup de personnes ne prendront pas le risque de contracter la maladie et se retrouveront seules pour les fêtes. Avec la distanciation sociale et les règles mises en place par le gouvernement pour éviter d’être plus de six personnes autour de la même table, il est “normal” que 10% des Français choisissent de rester seuls, selon un sondage Ifop. 

Dans une récente étude parue le 15 décembre 2020 dans la revue Nature communications, des chercheurs pensent avoir identifié la “signature” dans le cerveau des personnes seules qui les rend fondamentalement distinctes. La solitude serait due à des variations de volume dans différentes régions du cerveau ainsi que sur la façon dont elles communiquent entre elles.

La solitude, un sentiment qui peut rendre malade

La solitude est un sentiment, ponctuel ou durable, choisi ou subi, où une personne se retrouve ou se met à l’écart des autres. Selon l’étude, la solitude toucherait entre 10 et 20% des adultes. Ce sentiment, lorsqu’il est subi et durable, favorise l’anxiété, la dépression, l’hypertension, l’obésité, la prise de drogues, détériore la santé mentale, provoque des dysfonctionnements du système immunitaire et accroît les risques de suicide. 

Pour le comprendre, les chercheurs ont analysé les données d'imagerie par résonance magnétique (IRM), génétiques et psychologiques d'environ 40 000 adultes âgés entre 40 et 69 ans. Tous les participants étaient volontaires pour que leurs informations soient incluses dans la Biobanque britannique, une base de données en libre accès pour les scientifiques du monde entier.

Des mécanismes mentaux pour surmonter la solitude

En comparant les IRM des participants qui ont déclaré se sentir souvent seuls, les chercheurs ont constaté plusieurs différences dans leur cerveau. Tout d’abord, l’ensemble de leur activité cérébrale se concentrait dans le réseau du mode par défaut, un ensemble de régions actif lorsqu’une personne dort ou lorsqu’elle n’est pas focalisée sur le monde extérieur. Cette région est à l’origine des pensées intérieurs, des souvenirs, de l’imagination, de la réflexion et de la planification de l’avenir. Chez ces personnes, le volume de matière grise est plus important dans le réseau du mode par défaut que chez les autres et les fibres nerveuses du fornix, la partie qui unit l’hippocampe à l’hypothalamus, sont dans un bien meilleur état que chez les autres. 

Selon les chercheurs, si cette région est aussi préservée chez les personnes qui se sentent seules, c’est parce qu’elles utilisent activement leur imagination, leur souvenir et les espoirs pour l’avenir pour surmonter leur isolement. 

En l'absence d'expériences sociales souhaitées, les personnes solitaires peuvent avoir un parti pris pour des pensées orientées vers l'intérieur, comme le souvenir ou l'imagination d'expériences sociales. Nous savons que ces capacités cognitives sont transmises par les régions cérébrales du réseau par défaut, indique Nathan Spreng, chercheur à l’institut neurologique de Montréal à l’université McGill (Canada). Ainsi, cette attention accrue portée à l'autoréflexion, et éventuellement aux expériences sociales imaginées, engagerait naturellement les fonctions basées sur la mémoire du réseau par défaut.

Selon plusieurs études, la part de la population qui souffre le plus de la solitude sont les personnes âgées, qui ont également des risques de déclin cognitif et de démence. Grâce à cette étude, les chercheurs espèrent que de nouveaux traitements pourront être mis au point pour prévenir les maladies neurologiques qui en résultent.

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