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QUESTION D'ACTU

Reproduction

Le stress joue un rôle dans l’infertilité

Lorsque l’état de stress est chronique, les hormones diffusées par notre cerveau inhibent le système reproductif. Cela peut entraîner un retard de fertilité, un ralentissement du cycle reproductif, voire une infertilité.

Le stress joue un rôle dans l’infertilité iStockphoto.com/Primipil

  • Publié le 07.12.2020 à 17h30
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L'ESSENTIEL
  • Le neuropeptide RFRP-3 bloque les fonctions reproductrices lorsqu'il est libéré en continu par les neurones.
  • Le RFRP-3 fonctionne comme le cortisol, l'hormone à l'origine du stress, et induit lui aussi des effets négatifs à long terme.

L’infertilité a des causes multiples. Habitudes de vie, tabac, perturbateurs endocriniens ou surpoids sont connus pour jouer un rôle sur la fertilité, mais ils ne sont pas les seuls. Des chercheurs de l’université d’Otago (Nouvelle-Zélande) ont découvert le lien entre le stress et l’infertilité. Selon eux, des cellules nerveuses à la base du cerveau s’activent dans les moments de stress et inhibent ensuite le système reproducteur. Leurs travaux ont été publiés dans le Journal of Neuroscience le 20 novembre 2020.

Un neuropeptide semblable aux effets du cortisol

Le stress est un puissant mécanisme naturel qui sert normalement à alerter notre corps sur les situations de danger. Grâce aux hormones qu’il libère, le stress offre à notre corps l’opportunité de se focaliser sur l’essentiel, et de mettre en sommeil les fonctions qui ne sont pas nécessaires sur l’instant. Pourtant, dans notre mode de vie actuel, où le stress fait partie intégrante du quotidien, son effet à long terme est de plus en plus néfaste. 

L'une des avancées révolutionnaires dont les neuroscientifiques ont bénéficié ces dernières années est la possibilité de contrôler l'activité de groupes de neurones sélectionnés - soit de les faire taire, soit d'augmenter leur activité, puis de surveiller les résultats, souligne Greg Anderson, professeur au centre de neuroendocrinologies à l’université d’Otago. Nous avons utilisé des techniques transgéniques de pointe pour montrer que lorsque l'activité des cellules RFRP-3 est augmentée, les hormones de reproduction sont supprimées, de la même manière que ce qui se produit lors d'un stress ou d'une exposition à l'hormone du stress, le cortisol.”

Le RF-amide related peptide 3 (RFRP-3) est un neuropeptide dont on pense qu'il inhibe la régulation centrale de la fertilité. Pour cette expérience, les chercheurs ont analysé son comportement chez des souris séparées en deux groupes. Dans le premier, les neurones des souris produiront du RFRP-3 en continu tandis que chez les autres, les cellules responsables de la production de ce neuropeptide ont été retirées. Avec ce test, l’équipe de recherche voulait voir si l’altération de l'activité neuronale du RFRP-3 entraînait un changement dans le déclenchement de la puberté, la fertilité et des réponses au stress.

Une puberté retardée et une fertilité en berne

Après avoir stimulé les neurones pour qu’ils produisent en continu du RFRP-3, les chercheurs se sont aperçus que le début de la puberté avait été retardé chez les souris mâles et que le cycle reproductif chez les souris femelles tournait au ralenti. Chez les souris ne possédant pas de RFRP-3 en revanche, la fertilité semblait normale. 

Bien que l'on sache que les stéroïdes de stress — comme le cortisol — font probablement partie du mécanisme impliqué, on sait également que les cellules du cerveau qui contrôlent la reproduction sont incapables de répondre au cortisol, il semble donc qu'il y ait un chaînon manquant quelque part dans le circuit, signale Greg Anderson. Nous avons maintenant montré que les neurones RFRP sont effectivement le chaînon manquant entre le stress et l'infertilité. Ils deviennent actifs dans les situations de stress — peut-être en détectant les niveaux croissants de cortisol — et ils suppriment ensuite le système reproductif.

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