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QUESTION D'ACTU

Microbiome intestinal

Asthme infantile : vivre à la ferme aurait un effet protecteur

Une nouvelle étude montre que vivre dans un environnement aux micro-organismes très diversifiés, comme la ferme, stimulerait le microbiome intestinal des enfants et les protégerait de l’asthme.

Asthme infantile : vivre à la ferme aurait un effet protecteur Alina Demidenko/iStock

  • Publié le 03.11.2020 à 18h30
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L'ESSENTIEL
  • Les enfants vivant dans des fermes seraient davantage en contact avec des micro-organismes variés, ce qui a pour effet de rendre plus rapidement mature leur microbiome intestinal.
  • Ce microbiome intestinal très diversifié aurait un effet protecteur contre l'asthme infantile, ce qui suggère l'existence d'un axe intestion-poumons.

Pour qu’un enfant ne développe pas d’asthme infantile, mieux vaut l’élever à la ferme, au milieu des prés et au contact des animaux, plutôt que dans un environnement immaculé, où pas un poil de chat ne traîne.

C’est la conclusion à laquelle sont parvenus des chercheurs du Helmholtz Zentrum München de Munich (Allemagne). Dans une étude publiée dans Nature Medicine, ils démontrent que les enfants élevés dans des fermes présentaient un microbiome intestinal plus diversifié, ce qui les protégeait contre l’asthme infantile. Et ce, dès les premiers mois de leur vie.

Une maturation du microbiome intestinal

"Nous avons constaté qu'une part relativement importante de l'effet protecteur des fermes sur l'asthme infantile était due à la maturation du microbiome intestinal au cours de la première année de vie", explique le Dr Martin Depner, biostatisticien au Helmholtz Zentrum München. "Cela suggère que les enfants d'agriculteurs sont en contact avec des facteurs environnementaux, peut-être des microbiotes environnementaux, qui interagissent avec le microbiome intestinal et entraînent cet effet protecteur."

Pour parvenir à cette conclusion, le chercheur et ses collègues ont analysé les échantillons de selles de plus de 700 nourrissons de 2 à 12 mois grandissant dans une ferme et participant à PASTURE, une cohorte de naissance européenne qui étudie depuis 2001 les liens entre l’environnement spécifique de la ferme de production laitière et une protection significative contre les allergies.

Ils ont découvert que comme la nutrition, l’environnement, et notamment les expositions à des milieux ruraux comme les étables, participait à la maturation du microbiome intestinal. Ils ont aussi constaté que l'accouchement par voie basse et l'allaitement favorisent aussi la formation d'un microbiome protecteur au cours des deux premiers mois de la vie.

L’intestin protège aussi les poumons

Autre découverte : celle d’une association inverse entre l’asthme et le niveau mesuré de butyrate fécal. Le butyrate est un acide gras à chaîne courte qui est connu pour avoir un effet protecteur contre l'asthme chez les souris. Les chercheurs ont conclu que les bactéries intestinales telles que la Roseburia et le Coprococcus, qui ont le potentiel de produire des acides gras à chaîne courte, peuvent également contribuer à la protection contre l'asthme chez l'humain. Les enfants dont le microbiome intestinal est arrivé à maturité ont présenté une quantité plus importante de ces deux bactéries que les autres enfants.

"Notre étude apporte des preuves supplémentaires que l'intestin peut avoir une influence sur la santé des poumons, affirme le Dr Dr Markus Ege, qui a participé aux travaux. Un microbiome intestinale mature avec un niveau élevé d'acides gras à chaîne courte a eu un effet protecteur sur la santé respiratoire des enfants dans cette étude. Cela suggère l'idée d'un axe intestin-poumons pertinent chez l'humain."

Mais, précise-t-il, "cela signifie aussi qu'un microbiome intestinal immature peut contribuer au développement de maladies". D’où l’importance d’axer les stratégies de prévention contre l’asthme infantile sur la première année de vie des enfants, "lorsque le microbiome intestinal est très plastique et se prête à des modifications".

Enfin, les chercheurs ont pu constater que, contrairement à ce que l’on pensait, l’effet protecteur contre l’asthme ne dépend pas d’une seule bactérie, mais bien de la maturation de l’ensemble du microbiome intestinal. Aussi, les probiotiques devaient non pas contenir une seule bactérie, mais plutôt plusieurs. Leur composition devrait par ailleurs être ajustée en fonction de la composition du microbiome intestinal et sa maturation au début de la vie.



Retrouvez ci-dessous l'émission "Questions aux Experts" sur le thème  Vivre avec un asthme" :



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