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QUESTION D'ACTU

Un cancer fréquent

Cancer de la prostate : la cryoablation fait ses preuves

Cette technique consiste à détruire les cellules cancéreuses par le froid. Elle permet dans plus de 80% des cas d'éviter une récidive.

Cancer de la prostate : la cryoablation fait ses preuves Wildpixel/iStock

  • Publié le 01.10.2020 à 09h00
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Le froid peut soigner. La cryothérapie est une technique prometteuse pour traiter le cancer de la prostate. Dans The Journal of Urology, des chercheurs montrent qu’elle permet de détruire les cellules cancéreuses chez la plupart des patients. Pour 82% d’entre eux, il n’y a pas de rechute dans les 18 mois qui suivent le traitement. 

Une technique efficace 

Soixante-et-un hommes, souffrant d’un cancer de la prostate de stade 2 ou plus, ont participé à l’étude. Ils ont tous reçu le traitement par cryothérapie, en étant placés sous anesthésie générale. Cela consistait à injecter de l’argon, un gaz, dans des aiguilles, préalablement disposées autour et dans la tumeur. Immédiatement, les températures extrêmement froides détruisent les cellules cancéreuses. Pendant six mois, les chercheurs ont suivi le groupe d’hommes, en réalisant notamment des biopsies régulières. Pour la majorité d’entre eux, le traitement a été efficace et chez ceux qui ont connu une rechute, une deuxième intervention de cryothérapie a permis de détruire les cellules cancéreuses. Aucun patient n’est décédé des suites du cancer et aucune tumeur n’a formé de métastases. Chez les hommes souffrant d’un cancer de stade 3 ou 4, la cryothérapie a également permis une élimination des cellules cancéreuses. 

Des effets secondaires de faible intensité  

Certains participants ont ressenti quelques effets secondaires d’intensité modérée, notamment l’incontinence, une complication fréquente après les opérations du cancer de la prostate. Un patient a souffert de troubles de la fonction érectile, qui ont pu être soignés par voie médicamenteuse. De manière générale, la cryothérapie est une méthode moins invasive que la chirurgie dans la prise en charge du cancer de la prostate.  

Une vigilance particulière après l’opération 

Pour suivre les patients, les chercheurs ont combiné trois méthodes : la biopsie de la zone où se trouvait la tumeur, la biopsie ciblant des lésions visibles à l’IRM et une biopsie de la prostate dans son ensemble grâce à une modélisation. “Ces trois techniques étaient nécessaires pour une détection maximale du cancer”, souligne l’un des co-auteurs de l’étude, docteur Chuang. 

Un cancer fréquent, mais un dépistage problématique 

Chaque année, 54 000 nouveaux cas de cancer de la prostate sont dépistés en France. C’est le cancer le plus fréquent chez l’homme. La maladie provoque peu de symptômes dans les premiers stades. Au bout de quelque temps, les hommes concernés peuvent ressentir notamment un besoin fréquent d’uriner, remarquer la présence de sang dans l’urine ou souffrir de douleurs en urinant.

Les examens de dépistage sont réalisés soit par toucher rectal soit par évaluation du dosage du PSA, antigène prostatique spécifique. En France, le dépistage systématique n’est pas recommandé à cause du manque de fiabilité de ces examens. Comme le rappelle la Fondation pour la recherche sur le cancer, le toucher rectal seul “ne permet pas de confirmer la présence d’une anomalie cancéreuse” et le dosage du PSA peut être faussé par de longs trajets en voiture ou un rapport sexuel récent et ne “suffit pas non plus à dépister un cancer de la prostate". 

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