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QUESTION D'ACTU

Santé mentale

L’épidémie de Covid-19 a fait tripler les cas de dépression aux États-Unis

Au plus fort de la pandémie de Covid-19, à la mi-avril, près de 28% des adultes américains ont présenté des symptômes de dépression, contre 8,5% avant l’épidémie, révèle une nouvelle étude.

L’épidémie de Covid-19 a fait tripler les cas de dépression aux États-Unis Drazen Zigic/iStock

  • Publié le 06.09.2020 à 16h00
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L'ESSENTIEL
  • Par rapport à la période 2017-2018, le nombre d'adultes se disant souffrir de symptômes dépressifs a triplé aux Etats-Unis pendant le confinement.
  • Cette augmentation des symptômes de dépression est avant tout liée à l'incertitude financière et économique liée à la crise sanitaire.

Quels ont été les effets de la pandémie de Covid-19 et du confinement sur la santé mentale ? S’il est encore trop tôt pour en mesurer les effets à long terme, et notamment parce que la crise sanitaire n’est pas encore terminée, des travaux universitaires sur les conséquences psychologiques du confinement commencent à être publiés.

Parmi eux, une étude menée par l'École de santé publique de l'Université de Boston (BUSPH), publiée dans la revue JAMA Network Open, qui révèle les effets spectaculaires qu’ont eu l’épidémie et le confinement sur notre bien-être mental. Selon ces résultats, les symptômes de dépression ont été identifiés chez 27,8% des adultes américains interrogés, soit le triple des chiffres de dépression habituellement constatés dans la population adulte américaine.

“La dépression dans la population générale après des événements traumatiques antérieurs de grande ampleur a été observée jusqu'à, tout au plus, doubler", souligne l'auteur principal de l'étude, le Dr Sandro Galea. Ce fut par exemple le cas aux États-Unis après les attentats du 11 septembre 2011, en Afrique de l’ouest après l’épidémie d’Ebola ou après les troubles civils à Hong Kong.

Une ampleur inédite du nombre de cas de dépression

Or, ici, les cas de dépression ont triplé, passant de 8,5% au sein de la population adulte, à près de 28%. “Nous avons été surpris de voir ces résultats au début, mais d'autres études menées depuis suggèrent des conséquences sur la santé mentale d'une ampleur similaire", explique le Dr Galea.

Pour estimer l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur la population américaine, les chercheurs ont utilisé les données de deux études : l’une de 5 065 répondants à la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), menée entre 2017 et 2018, et l’autre de 1 441 répondants ayant répondu à l'étude COVID-19 Life Stressors Impact on Mental Health and Well-Being (CLIMB). Cette dernière a été menée via un questionnaire entre le 31 mars et le 13 avril 2020, alors que 96 % de la population américaine était confinée, et a recueilli des données sur les facteurs de stress liés à la Covid-19, notamment la perte d'emploi, le décès d'un ami ou d'un proche et les problèmes financiers.

Dans l'ensemble, les chercheurs ont constaté une augmentation des symptômes de dépression dans tous les groupes démographiques. Il n'est donc pas surprenant que le fait d'être confronté à un plus grand nombre de facteurs de stress liés à la Covid-19 soit un prédicateur majeur des symptômes de la dépression.

La peur des problèmes financiers

En revanche, et contrairement aux autres périodes suivant une crise ou des événements traumatisants, les chercheurs ont constaté que les syndromes dépressifs liés à la peur de perdre son emploi ou d’avoir des problèmes financiers était particulièrement importante. Pendant la période étudiée, une personne ayant moins de 5 000 euros d’économies présentait ainsi 50% de risque d’avoir des symptômes dépressifs qu’une personne ayant des économies plus conséquentes.

“Les personnes qui étaient déjà à risque avant la crise sanitaire, avec moins de ressources sociales et économiques, étaient plus susceptibles de déclarer une dépression probable, ce qui suggère que l'inégalité peut s'accroître pendant cette période et que les écarts de santé peuvent se creuser", s’alarme Catherine Ettman, doctorante à l'école de santé publique de l'université de Brown autrice principale de l’étude.

Pour la chercheuse, ces résultats devraient inciter les décideurs politiques à "prendre dès maintenant des mesures pour contribuer à réduire l’impact des facteurs de stress de la Covid-19 sur la dépression". Parmi les pistes suggérées, un moratoire sur les expulsions, le déploiement d’une assurance maladie universelle qui ne soit pas liée à l’emploi et l’aide au retour au travail en toute sécurité.

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