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QUESTION D'ACTU

Circulation transversale

Transplantation : des poumons endommagés restaurés grâce à du sang de porc vivant

Des chercheurs américains sont parvenus à restaurer en vue d’une transplantation des poumons humains dysfonctionnels en les approvisionnant avec du sang de porc vivant.

Transplantation : des poumons endommagés restaurés grâce à du sang de porc vivant Davizro/iStock

  • Publié le 16.07.2020 à 20h00
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L'ESSENTIEL
  • Connectés à l’approvisionnement en sang d’un porc vivant, des poumons impropres à la transplantation car trop endommagés ont retrouvé leur fonction pulmonaire en 24 heures.

Comme de nombreuses autres opérations de greffe, la transplantation pulmonaire n’échappe pas à la pénurie d’organes. Le processus est d’autant plus délicat que, dès qu’un individu meurt, ses poumons commencent à se détériorer en raison de la privation d’oxygène et ne restent viables que dans un délai de 6 à 8 heures suivant le décès. Quatre-vingts pour cent des poumons proposés à la transplantation sont ainsi impropres à la greffe car endommagés, gonflés ou détrempés de liquide.

Une découverte menée par des chercheurs des universités de Columbia et Vanderbilt (Etats-Unis), et publiée dans la revue Nature Medicine, pourrait prolonger la vie de poumons explantés jusqu’à 4 jours après le décès et à les garder fonctionnels.

Une restauration de la fonction pulmonaire en 24 heures

Travaillant depuis huit ans sur un système de restauration des poumons endommagés, l’équipe de recherche était déjà parvenue, en 2017, à restaurer la circulation transversale de poumons à l’extérieur du corps et, en 2019, à régénérer des poumons de porc gravement endommagés.

Pour ce nouvel essai, les chercheurs ont prélevé six poumons impropres à la transplantation sur des patients décédés. Chaque poumon a été placé dans une boîte en plastique branchée à un respirateur artificiel. Puis, chaque poumon a été relié à une grosse veine provenant du cou d’un porc vivant. Des immunosuppresseurs ont ensuite été ajoutés au système circulatoire composé du porc et du poumon humain.

Après 24 heures de circulation croisée, les poumons étaient transformés : les cellules pulmonaires étaient à nouveau capables de fournir de l’oxygène. 

Les résultats ressemblent à de la science-fiction: en 24 heures, les poumons semblaient utilisables et les tests de laboratoire ont confirmé qu'ils avaient été réanimés”, écrivent les auteurs de l’étude dans Nature Medicine.

Une technologie à affiner

Si d’autres recherches sont nécessaires avant que cette circulation croisée ne devienne une réalité clinique, ces premiers résultats sont particulièrement encourageants et pourraient augmenter considérablement le nombre de poumons viables à la transplantation.

En tant que chirurgien spécialisé dans les transplantations pulmonaires, j'ai vu de nombreux patients ne pas recevoir les transplantations pulmonaires dont ils avaient désespérément besoin. Je trouve ce travail intrigant et j'espère que cette technologie rendra plus de poumons de donneurs disponibles”, a ainsi déclaré Zachary Kon, directeur du programme de transplantation pulmonaire de NYU Langone Health, qui n'a pas participé à l'étude.

Les résultats sont d’autant plus optimistes que la procédure ne semble pas avoir d’effets néfastes sur les porcs qui étaient anesthésiés. Dans une expérience précédente, les animaux pouvaient même se déplacer et se nourrir tout en étant connectés à l’appareil de circulation sanguine.

L’objectif étant, à terme, que cette circulation transversale soit intra-humaine : un donneur serait alors capable de restaurer avec son propre apport sanguin son poumon dysfonctionnel.

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