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QUESTION D'ACTU

Trouble obsessionnel compulsif

Cibler le système immunitaire pour traiter les TOC

Des scientifiques ont découvert le rôle majeur joué par une protéine dans les cellules immunitaires chez les personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Des traitements visant à cibler et neutraliser cette protéine pourrait permettre de lutter contre les troubles mentaux.

Cibler le système immunitaire pour traiter les TOC SIphotography/iStock

  • Publié le 23.04.2020 à 09h00
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L'ESSENTIEL
  • Des recherches sur les maladies auto-immunes ont permis d'identifier une protéine jouant un rôle dans les TOC
  • Cela ouvre une piste pour de nouveaux traitements de ces troubles obsessionnels et compulsifs

Une nouvelle voie thérapeutique pour les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) semble s’ouvrir. Des scientifiques de l'université Queen Mary de Londres et de l'niversité de Roehampton (Royaume-Uni) ont découvert que les patients souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ont des niveaux accrus d'une protéine appelée Immuno-moodulin (Imood) dans leurs lymphocytes, un type de cellule immunitaire. Les résultats de leur étude ont été publiés dans la revue Brain Behavior and Immunity.

Une protéine découverte par hasard

Les chercheurs ont mené leur étude sur des souris avec un anticorps qui a neutralisé la protéine Imood et se sont rendu compte que les niveaux d'anxiété des animaux ont diminué. “Il y a de plus en plus de preuves que le système immunitaire joue un rôle important dans les troubles mentaux, expose le professeur Fulvio D'Acquisto, qui a dirigé la recherche. Les personnes atteintes de maladies auto-immunes sont connues pour avoir des taux plus élevés que la moyenne de troubles de santé mentale tels que l'anxiété, la dépression et le trouble obsessionnel compulsif.” Les résultats ont conduit les chercheurs à déposer une demande de brevet pour l’anticorps. Ils travaillent actuellement avec une société pharmaceutique pour développer un traitement potentiel pour les patients humains.

Cette découverte s’est produite de manière fortuite. Les chercheurs ont d’abord identifié une autre protéine, appelée Annexin-A1, jouant un rôle dans les maladies auto-immunes telles que la sclérose en plaques et le lupus. Ils ont créé des souris transgéniques pour surexprimer cette protéine dans les cellules responsables du développement de maladies auto-immunes. Les souris ont alors manifesté plus d'anxiété que la normale. Les chercheurs ont alors analysé les gènes exprimés dans ces cellules et ont découvert qu'un gène en particulier était particulièrement actif. C’est ainsi qu’ils ont nommé la protéine produite à partir de ce gène Immuno-moodulin, ou Imood. Lorsque les souris anxieuses ont reçu un anticorps qui bloquait cette protéine, leur comportement est revenu à la normale en quelques jours.

Le rôle de la protéine à éclaircir

Les chercheurs ont ensuite testé les cellules immunitaires de 23 patients atteints de TOC et de 20 volontaires sains. Ils ont constaté que l'expression de la protéine Imood est environ six fois plus élevée chez les patients atteints de TOC. D'autres recherches récentes menées par des scientifiques ailleurs ont également révélé que la même protéine peut également jouer un rôle dans le trouble de déficit de l’attention et l’hyperactivité.

Le rôle exact de la protéine Imood n’est pas encore totalement connu. “C'est un travail que nous devons encore faire pour comprendre le rôle d'Imood, a convenu Fulvio D’Acquisto. Nous voulons également faire plus de travail avec de plus grands échantillons de patients pour voir si nous pouvons reproduire ce que nous avons vu dans le petit nombre que nous avons examiné dans notre étude.” Cette protéine ne régulerait pas directement les fonctions cérébrales de manière classique, par exemple en modifiant les niveaux de signaux chimiques dans les neurones. Au lieu de cela, elle pourrait influencer les gènes des cellules cérébrales qui ont été liés à des troubles mentaux comme le TOC.

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