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Le point

Coronavirus : ce que l'on sait et ce que l'on ignore encore sur le virus

Dimanche 19 avril à la télévision, l'infectiologue Florence Ader a fait le point sur les données désormais connues sur le nouveau coronavirus : sa nature, ses symptômes cliniques ou la réponse immunitaire des malades. Toutefois, de nombreuses zones d'ombre demeurent, notamment concernant l'immunité des patients ou encore la réponse des enfants. 

Coronavirus : ce que l'on sait et ce que l'on ignore encore sur le virus Rost-9D/iStock

  • Publié le 20.04.2020 à 18h00
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On progresse à la vitesse de l’éclair. Actuellement, on va très vite dans la recherche”. Dimanche 19 avril, la professeure Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse à Lyon et responsable du programme Discovery, un essai clinique de grande ampleur qui vise à tester quatre traitements potentiels contre le coronavirus, a accompagné le premier ministre Edouard Philippe à la télévision. Elle a ainsi répondu aux questions des Français sur la nature du virus, ses symptômes cliniques, la réponse du système immunitaire mais également évoqué les zones d’ombres qui persistaient. Ces dernières concernent par exemple l’immunité ou encore la réponse des enfants au Covid-19. Pourquoi docteur fait le point.

Ce que les scientifiques savent sur le Covid-19

La structure du virus

On commence à bien la connaître, se félicite Florence Ader. Sa carte d’identité, c'est-à-dire son génome, également”, poursuit-elle, rappelant que la science a également identifié “les portes d’entrées du virus”, soit ce qui lui permet de “s’attacher aux cellules”.

Les symptômes 

On progresse également beaucoup sur la manifestation clinique de la maladie”, ce qui permet de gagner du temps pour la prise en charge des patients, a expliqué Florence Ader. Alors qu’au début de l’épidémie, les deux principaux signes étaient la fièvre, la toux sèche et des courbatures, on sait désormais que le virus peut aussi entraîner une perte d’odorat ou de goût. Récemment, des médecins ont également rapporté des manifestations cutanées.

L’OMS n’a toutefois pas encore officiellement admis ces nouveaux symptômes dans sa liste. “Les symptômes les plus courants du Covid-19 sont la fièvre, la fatigue et une toux sèche. Certains patients présentent des douleurs, une congestion nasale, un écoulement nasal, des maux de gorge ou une diarrhée. Ces symptômes sont généralement bénins et apparaissent de manière progressive. Certaines personnes, bien qu’infectées, ne présentent aucun symptôme et se sentent bien. La plupart (environ 80 %) des personnes guérissent sans avoir besoin de traitement particulier. Environ une personne sur six contractant la maladie présente des symptômes plus graves, notamment une dyspnée. Les personnes âgées et celles qui ont d’autres problèmes de santé (hypertension artérielle, problèmes cardiaques ou diabète) ont plus de risques de présenter des symptômes graves. Toute personne qui a de la fièvre, qui tousse et qui a des difficultés à respirer doit consulter un médecin”, note l’Organisation sur sa page dédiée au nouveau coronavirus.

La réponse du système immunitaire

Désormais, on en sait aussi davantage sur la façon dont l’organisme lutte contre ce nouveau virus, s’est réjouit Florence Ader. Ces informations sont extrêmement importantes puisqu’elles aideront notamment à fabriquer un vaccin, outil indispensable pour venir à bout du Covid-19.  

Pas d’infection sans la réponse du système immunitaire : cela nous a pris moins de quatre mois pour apprendre tout ça, c’est donc absolument extraordinaire”, a insisté Florence Ader, rappelant qu’il aura fallu “des années à la recherche pour aboutir à autant de connaissances sur le VIH”.

Ce que les scientifiques ignorent encore sur le Covid-19

Les conséquences du virus sur les enfants

Au début de l’épidémie, il a été répété à maintes reprises que les jeunes étaient épargnés par le virus. Puis, des cas ont été détectés sur des mineurs, des enfants et parfois même des bébés. En France, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a annoncé le 10 avril le décès d’un garçonnet de six ans. “Mais les causes de décès semblent multiples, même s'il y avait une infection à Covid-19 diagnostiquée”, a précisé le médecin de la victime à la presse.

Selon une étude réalisée par le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies sur un échantillon de 72 314 de Chinois, dont 44 672 cas confirmés de Covid-19, 16 186 cas suspects et 10 567 cas diagnostiqués. Sur les 44 672 cas confirmés, seulement 1% avait respectivement moins de 10 ans (416 cas) et entre 10 et 19 ans (549 cas). D’après ces travaux, 80% des patients décédés du Covid-19 avaient plus de 60 ans. Jusqu’à 39 ans, le taux de mortalité restait très bas, à 0,2 %. Il augmentait ensuite progressivement avec l’âge. 

En France, selon le point épidémiologique publié par le site de la Santé publique France le 9 avril, 110 patients contaminés entre 0 et 14 ans étaient hospitalisés en France. Parmi eux, 32 étaient en réanimation le 7 avril. 

Ainsi, malgré quelques cas, “les enfants sont relativement peu touchés avec des formes symptomatiques peu importantes”, a insisté Florence Ader, admettant toutefois que la science n’arrivait pas encore à bien comprendre pourquoi. 

Une disparité selon le sexe

Plusieurs études ont montré que les hommes étaient plus susceptibles d’être touchés que les femmes et plus sujets à développer des formes graves de la maladie. On ignore encore toutefois les causes exactes de cette disparité.  

Le développement de la maladie

Certains patients infectés par le coronavirus le sont de façon asymptomatique, d’autres développent des symptômes bénins et certains malheureux subissent de graves complications. Il est pour l’instant “très difficile d’anticiper ceux qui vont développer des formes graves” qui nécessiteront une hospitalisation, a indiqué Florence Ader. Qui plus est, chez les patients déjà hospitalisés, il est compliqué de prévoir quels sont ceux dont l’état va “se dégrader”. Plusieurs études ont notamment montré que le virus pouvait entraîner des lésions cardiaques ou des problèmes de reins à long terme, même chez des personnes qui n’avaient pas de problèmes de ce genre à avant d’être infectés. Là encore, on ignore la nature exacte des mécanisme en cause. 

L’immunité face au virus

Un patient qui a attrapé le coronavirus une fois est-il ensuite définitivement immunisé ? C’est la question que tout le monde se pose.  “La maladie n’est peut-être pas, a priori, immunisante, a déclaré Florence Ader dimanche. C’est une question à laquelle nous ne sommes pour l’instant pas capables de répondre.” 

 “Il semblerait, en l'état actuel des connaissances, que ce soit plutôt des rechutes que des ré-infections. C'est-à-dire que l'on fait un premier épisode avec de la fièvre. On se rend compte qu'on a le virus et puis pendant quelques jours tous les symptômes disparaissent, et au bout d’une à deux semaines, les symptômes réapparaissent. On a vu quelques cas avec des personnes qui avaient de nouveau des symptômes, mais beaucoup moins fort qu'au début. Quand on refait une PCR, on se rend compte qu'il y a toujours du virus. Alors, est ce que le virus a persisté à l'état beaucoup plus faible pendant quelques semaines et puis, s'est remis à se multiplier ? On ne sait pas”, a quant à elle déclaré Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris au micro de Franceinfo ce lundi 20 avril.

Si c'est une infection, c'est-à-dire qu'on l'a attrapée une fois, qu'on n'a pas développé d'anticorps protecteurs et qu'on le ré-attrape parce qu'on n'est pas protégé, alors ça change complètement la donne, parce que ça veut dire qu'on n'aura plus d'immunité collective autre que par celle qu'on peut acquérir avec un vaccin”, s’inquiète la spécialiste. 

Qu'est-ce que le programme Discorvery? 

Le programme de recherche Discovery, mené par Florence Ader, est un essai clinique de grande ampleur qui testera quatre traitements potentiels, dont l’hydroxychloroquine vantée par le controversé professeur Didier Raoult, sur 3 200 patients en Europe. 

"On a mené un certain nombre de travaux in vitro, c'est-à-dire dans un laboratoire, et on a retenu un certain nombre de molécules qui étaient des molécules qu'on a utilisées dans le VIH ou une autre molécule qui a déjà été testée dans Ebola (…) On testé d'autres drogues qui ne sont pas nécessairement des drogues et des médicaments utilisés dans le cadre des infections virales, et notamment la chloroquine et l'hydroxychloroquine, qui sont médicaments qu'on utilise dans le paludisme, a expliqué Florence Ader. L’idée, c’est que quand on progresse et qu’on comprend beaucoup mieux la façon dont le virus est structuré, la façon dont il fonctionne et la façon dont il interagit avec l’organisme, ça vous permet à ce moment-là d’avoir des stratégies complètement spécifiques au virus, a-t-elle développé. Ça aboutit à deux innovations, qui sont d’une part de trouver des cibles qui nous permettent d’élaborer de nouveaux médicaments mais qui sont complètement spécifiques à ce virus — ce sont des médicaments dit de ‘deuxième génération’ — et on est déjà dans cette dynamique-là. Bien sûr, le Graal, c’est de trouver un vaccin ou des vaccins qui soient assez spécifiques pour générer une réponse immunitaire qui soit complètement ciblée sur ce virus.”

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