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Coronavirus

Confinement, ils témoignent : “Cela m'a ouvert les yeux sur les métiers qui comptent”

Alors que le confinement a été prolongé jusqu'au mercredi 15 avril, les Français s'interrogent sur ce à quoi ils doivent s'attendre une fois qu'il sera levé. Pourquoi Docteur a recueilli le témoignage de Benjamin, 28 ans, vendeur chez “Au bout du champ”.

Confinement, ils témoignent : “Cela m'a ouvert les yeux sur les métiers qui comptent” Marco_Bonfanti/iStock

  • Publié le 02.04.2020 à 19h30
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L'ESSENTIEL
  • Il souligne sa fierté de faire partie de ceux dont le travail est nécessaire
  • La sortie du confinement, il la voit festive ... avant que des comptes soient demandés

Jusqu'à quand le confinement va-t-il durer ? Quelles leçons tirer de la gestion de la crise sanitaire que nous traversons ? Doit-on craindre de nouvelles épidémies ? Benjamin, 28 ans, vendeur dans un commerce alimentaire, confiné seul à Paris, témoigne.

“Les Français n'accepteraient pas un tel sacrifice de leurs libertés individuelles”

“Personnellement, la fin du confinement ne changera pas mon mode de vie ; je ne le ressens pas trop, comme je continue à me déplacer pour aller travailler en magasin. Puis, je suis plutôt solitaire, j'aime être casanier et je sais rester longtemps chez moi sans sortir. La seule différence est par rapport à ma copine, ma famille et mes amis : je veux les retrouver au plus vite, mais c'est quelque chose dont j'ai toujours envie, en dehors du fait d'être confiné. 

Même si le gouvernement annonce la prolongation du confinement 15 jours par 15 jours, on sait tous qu'on en a facilement pour deux mois au total. Quoiqu'il arrive, je ne pense pas que l'on risque de tomber dans une société où les individus soient sous surveillance. Vu comme le gouvernement n'avait pas les moyens de nous surveiller justement quand il a mis en place le confinement, ça m'étonnerait qu'il les ait après. À moins qu'il prévoie un programme comme en Chine et en Corée du Sud pour une prochaine épidémie, mais je pense que les Français n'accepteraient pas un tel sacrifice de leurs libertés individuelles, moi inclus. 

"“Ce qui me fait peur, c'est qu'on ne tire pas les leçons de la crise”

À mon sens, il y a d'autres moyens plus efficaces et moins intrusifs, comme la détection en masse et le confinement des personnes malades. En revanche, le confinement de toute la population est une mesure moyenâgeuse ; c'est ce qu'on faisait pendant la peste noire. On est en 2020, on a vu des pays qui géraient hyper bien la pandémie en testant tout le monde, en confinant les gens malades seulement. Toutefois, ce sont des pays qui avaient déjà eu des coronavirus avant, qui avaient prévu de nouvelles pandémies, qui étaient prêts. En France, ce n'était pas le cas, d'autant qu'il y avait eu des politiques d'affaiblissement de l'hôpital, avec la réduction de lits, de moyens, d'effectifs… Notre hôpital n'était pas préparé à faire face à une crise sanitaire.

Auparavant, on savait qu'il était très probable qu'une épidémie du type de celle-ci arrive — un virus très virulent se transmettant d'abord à l'homme depuis le monde animal. Cela fait un moment que des infectiologues, et même Bill Gates, parlent de la ‘prochaine grande épidémie’. Même en mettant le monde à genoux, et si celle du Covid-19 n'était pas la pire ? Ce qui me fait peur, c'est qu'on ne tire pas les leçons de la crise que l'on traverse et qu'on oublie. On peut apprendre à combattre une nouvelle épidémie, mais uniquement si le gouvernement tire les leçons de celle qui est en cours.

“Le contrecoup sera assez dur”

Je pense qu'une fois le dernier jour de confinement passé, tout le monde ressortira en même temps. On traversera une petite période de légèreté, de fête. Quand la joie se sera dissipée, beaucoup de colère et d'amertume seront manifestées : à mon avis, ce sera une période très forte socialement en matière de revendications et de demandes de comptes. Le contrecoup sera assez dur. 

Comme j'ai récemment changé de travail pour l'alimentaire, je me retrouve dans les activités ‘essentielles’ à maintenir ; c'est une forme de fierté de rester au boulot pour ravitailler les gens qui font leur part en se confinant. Le confinement m'a ouvert les yeux sur les métiers qui comptent, dont on a besoin, et ceux dont on peut facilement se passer, qui ne font que générer des profits. Ça aide à voir que toutes les personnes vraiment utiles à la communauté sont, soit payées au SMIC, soit dans des secteurs très malmenés depuis longtemps, comme la santé publique. Pour moi, c'est surtout ça, la leçon du confinement ; j'espère que la société dans son ensemble la réalisera.”

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