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Drame

Une adolescente de 16 ans tuée par le Covid-19 : les questions qui se posent

Une jeune fille de 16 ans est morte du coronavirus en France, a-t-on appris jeudi 26 mars. Si les autorités sanitaires rappellent que “dans l'immense majorité des cas”, la maladie “n'est pas grave pour les plus jeunes”, ce drame pose quelques questions. 

Une adolescente de 16 ans tuée par le Covid-19 : les questions qui se posent  jarun011/iStock

  • Publié le 27.03.2020 à 12h45
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Ce drame nous rappelle s’il le fallait que le coronavirus est une maladie grave et que les mesures de confinement sont indispensables”. Jeudi 26 mars, lors de son point presse, Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé a, pour la première fois, évoqué un cas spécifique, soit celui d’une jeune fille de 16 ans morte après avoir contracté le Covid-19. Il s’agit à l’heure actuelle la plus jeune victime de la maladie en France. “Je déplore ce soir, et c’est extrêmement triste, le décès d’une jeune fille dont je tairais les détails au nom du secret médical”, a-t-il déclaré, rappelant toutefois que “dans l’immense majorité des cas”, la maladie “n’est pas grave pour les plus jeunes”. Malgré tout, ce drame pose quelques questions.

De quels symptômes a souffert la jeune fille ?

Il y a environ une semaine, Julie commence à tousser. Une petite toux bénigne, raconte sa mère à la presse. Puis, samedi dernier, la jeune fille se met à ressentir de légers essoufflements. S'ensuivent des quintes de toux. Lundi 23 mars, sa mère la conduit chez un médecin généraliste qui constate une déficience respiratoire “acceptable”. Les pompiers emmènent alors la jeune fille, équipée d’un masque en papier sous son masque à oxygène, à l’hôpital. La patiente est soumise à un test au Covid-19. Dans la nuit, son insuffisance respiratoire s’aggrave et on la transfère à l’hôpital Necker pour enfants, à Paris. Mardi 24, elle est admise en réanimation. Quand sa mère lui rend visite, elle lui dit qu’elle a mal à son cœur. Deux nouveaux tests sont effectués à Necker, les résultats reviennent négatifs. Plus tard dans la soirée, la maman est appelée : le résultat du premier test vient de tomber : Julie est positive au Covid-19. Son état se dégrade encore un peu plus, elle doit être intubée. Quand sa mère arrive à l’hôpital vers 1 heure du matin mercredi 25, la malheureuse est déjà morte. Elle a été victime d’une forme sévère du virus “extrêmement rare” chez les jeunes.

Souffrait-elle d’autres comorbidités ?

Jeudi soir, le ministre de la Santé Olivier Véran est revenu sur ce drame, évoquant un “traumatisme pour les équipes de réanimation qui ont pris en charge cette jeune patiente”.  Il n’a toutefois pas précisé si la jeune fille souffrait d’autres pathologies qui l’auraient fragilisée. Face aux questions de la presse, la direction générale de la Santé s’est de son côté retranchée derrière le secret médical. “Vous comprendrez évidemment que je ne peux pas donner plus de détails, a déclaré Jérôme Salomon, ajoutant qu'il avait souhaité rendre cette information publique par souci de transparence. Les jeunes comme les moins jeunes doivent prendre leurs précautions”, a-t-il insisté. Dans son récit à l’AFP, la mère de Julie n’a quant à elle évoqué aucune pathologie particulière. Enfin, BMTV assure savoir que la jeune fille ne présentait “pas de comorbidités”.

Il y a quelques jours, le directeur de l’OMS, avait appelé les jeunes à faire attention au Covid-19. “Aujourd'hui, j'ai un message pour les jeunes : vous n'êtes pas invincibles. Ce virus peut vous conduire à l'hôpital pendant des semaines et même vous tuer. Même si vous ne tombez pas malade, les choix que vous faites dans vos déplacements peuvent être une question de vie ou de mort pour quelqu'un d'autre”, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse en ligne depuis Genève en Suisse.

Rappelons qu’au Royaume-Uni, une jeune femme de 21 ans, “sans problème de santé”, d'après la presse britannique, a succombé mardi à la maladie.

Quelle part de mineurs dans le nombre de cas détectés positifs au Covid-19 ?  

Pays où tout a commencé, la Chine a servi de base de travail pour évaluer les risques pour les jeunes. Le 24 févriers ont été publiés les résultats d’une étude réalisée par le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies sur un échantillon de 72 314 de Chinois, dont 44 672 cas confirmés de Covid-19, 16 186 cas suspects et 10 567 cas diagnostiqués. Sur les 44 672 cas confirmés, seulement 1% avait respectivement moins de 10 ans (416 cas) et entre 10 et 19 ans (549 cas).

Combien de cas graves chez les jeunes ?

D’après la même étude chinoise, 80% des patients décédés du Covid-19 avaient plus de 60 ans. Jusqu’à 39 ans, le taux de mortalité restait très bas, à 0,2 %. Il augmentait ensuite progressivement avec l’âge. 

En France, les cas de contaminations graves chez les jeunes sont quasi nuls. “À ma connaissance, jusque-là, en région parisienne en tout cas, il n'y a pas de cas pédiatriques sévères, y compris parmi ceux qui ont des maladies chroniques ou seraient plus fragiles. Aujourd'hui, je veux rassurer les parents, il y a très, très peu de risques”, assurait il y a quelques jours Rémi Salomon, chef du service de néphrologie pédiatrique à l’hôpital Necker et président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), au Monde.

Un décès à 16 ans du Covid-19, c'est exceptionnel. On sait que cela se produit de temps en temps avec d'autres épidémies virales, comme la grippe. Dans nos services d'infectiologie, pour le coronavirus, on voit parfois des gens d'une quarantaine d'années, mais pas de jeunes gens. En tout cas pas pour l'instant, explique quant à lui le professeur Jean-Daniel Lelièvre, chef du service d'infectiologie à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne), au Parisien. On ne sait pas si les scientifiques chinois nous ont vraiment tout dit sur le virus. On doit apprendre au fur et à mesure. Une chose est sûre, les jeunes, comme les moins jeunes, doivent prendre leurs précautions et rester confinés, c'est le plus sûr”, conclut-il.

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