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Réanimation

Coronavirus : un système de ventilation non-invasive réduit le recours à la respiration artificielle

Un système simple développé depuis plusieurs années permet de recourir à la ventilation non-invasive pour de nombreux malades infectés par le coronavirus. Moins d’intubation, c’est moins de machines occupées et moins de soins de la part des personnels médicaux.

Coronavirus : un système de ventilation non-invasive réduit le recours à la respiration artificielle Natalia Sokko/iStock

  • Publié le 23.03.2020 à 18h30
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L'ESSENTIEL
  • Le "système de Boussignac" est une assistance respiratoire non invasive
  • Son utilisation pourrait libérer des machines et du personnel dans les services de réanimation

L’épidémie de coronavirus qui déferle sur notre pays est responsable dans 15 à 20% des cas d’une pneumopathie hypoxémiante qui nécessite, pour environ 5% des malades (en fonction de l’âge), une intubation prolongée avec mise en route d'une respiration artificielle.

Cette étape est critique pour notre pays où les machines de respiration artificielle disponibles ne sont pas en nombre suffisant dans le cadre de cette épidémie brutale. L’intubation est également un problème en raison des soins importants que nécessite la mise en coma artificiel pour supporter la ventilation et le risque d’infections bactériennes qui se surajoute dès que l’on intube un malade.

Pourtant, une invention française, déjà ancienne et toujours disponible, qui permet d’utiliser la ventilation non-invasive dans ce cas, pourrait constituer une alternative simple pour de nombreux malades.

Un système simple de VNI

Le système de Boussignac est une assistance respiratoire non-invasive (CPAP) qui délivre un niveau de pression constante dans les voies aériennes et qui fonctionne sans électricité et sans ventilateur artificiel. Elle peut donc s’avérer particulièrement utile dans le contexte épidémique actuelle où les réanimateurs gèrent la pénurie.

Le système repose sur l’utilisation d’un masque de ventilation non invasive avec son harnais et un débitmètre à oxygène autorisant un débit jusqu’à 15 litres par minute, idéalement jusqu’à 20 litres par minute.

N’importe quel masque de ventilation non-invasive peut être utilisé, sauf les masques équipés d’un système de fuite intentionnelle, pour éviter la contamination du personnel. Ce système doit être équipé d’un filtre échangeur de chaleur et d’humidité dont le but est de limiter le risque de contamination des soignants.

Une utilisation simple

La mise en place de ce système est assez simple et est parfaitement décrite dans une vidéo réalisée par l’Assistance Publique avec l’équipe de réanimation du CHU Henri-Mondor (Val-de-Marne). Différents experts contactés nous confirment que, sans remplacer toutes les indications de l’intubation, l’utilisation de ce système pourrait permettre d’en réduire le recours en toute sécurité pour les malades et les soignants.

Ce système de ventilation non-invasive protège, en effet, les soignants de la contamination, ne nécessite pas d’électricité et peut être utilisé dès la découverte des premiers signes cliniques de difficulté respiratoire nécessitant une hospitalisation.

Le débit d’oxygène à haute pression peut être adapté à l’évolution de la maladie sans changer le matériel : il suffit d’ajuster le débit d’oxygène et la pression dans les voies respiratoires, en fonction des signes cliniques et la saturation en oxygène.

Ce serait potentiellement une grande simplification du traitement en réanimation et une économie en respirateurs et en personnels. Plusieurs hôpitaux parisiens en ont commandé des quantités non négligeables et les autorités de santé s’intéressent de près à ce système.

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