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QUESTION D'ACTU

Infection génitale

Une nouvelle protéine joue un rôle clé dans la vaginose bactérienne

Cette nouvelle protéine est un régulateur important de l'inflammation dans l'appareil reproducteur féminin.

Une nouvelle protéine joue un rôle clé dans la vaginose bactérienne Champja/iStock

  • Publié le 05.02.2020 à 13h30
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La vaginose bactérienne est l'infection bactérienne la plus courante chez les femmes. Elle se caractérise par un déséquilibre de la flore microbienne du vagin, et peut créer des gènes chez certaines femmes, telles que des douleurs des démangeaisons et une odeur désagréable. Cependant, la vaginose bactérienne est surtout problématique pour les femmes enceintes, puisqu’elle peut induire des saignements et augmenter les risques de fausses couches. 

Pour l’instant, les chercheurs savent au moins que les femmes atteintes de vaginose bactérienne présentent des niveaux élevés de protéine pro-inflammatoire. Une nouvelle étude collaborative, publiée dans la revue Journal of Infectious Diseases et dirigée par le collège de médecine de l'université de l'Arizona (Etats-Unis), a ajouté de la valeur à la compréhension à cette infection qui touche plus de 21 millions de femmes aux États-Unis. 

Une cytokine responsable de la vaginose bactérienne

La vaginose bactérienne est assez compliquée à étudier et à comprendre, car elle implique des agents infectieux multiples. Les femmes qui souffrent de vaginose bactérienne sont plus susceptibles de contracter des infections sexuellement transmissibles et d'autres maladies, selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). De même, sans que le corps médical n’arrive à l’expliquer pour l’instant, la vaginose bactérienne survient plus facilement chez les femmes sexuellement actives, qui ont plusieurs partenaires ou qui ont des rapports avec un nouveau partenaire.

Pour mieux comprendre le mécanisme de cette infection, l’équipe a analysé les cellules épithéliales cervico-vaginales recueillies chez des femmes avec et sans vaginose bactérienne, ce qui donne un terrain de comparaison afin d’améliorer le dépistage. 

Pour cette étude, les chercheurs ont réalisé des frottis vaginaux sur 23 femmes âgées entre 18 et 45 ans, qui n’étaient pas encore ménopausées, afin de voir la concentration de cytokine IL-36γ dans ces échantillons. La cytokine est une protéine synthétisée par des cellules du système immunitaire qui servent à réguler l’action d’autres cellules. Dans leur hypothèse, l’équipe pense que la concentration de cytokine IL-36γ serait lié à l’apparition de vaginose bactérienne. Afin de mieux comprendre le phénomène, les chercheurs ont profilé le microbiome de femmes avec et sans vaginose bactérienne, afin de déterminer si la cytokine IL-36γ était élevée ou non chez les femmes avec vaginose bactérienne. 

Le mélange des bactéries favorise l’inflammation génitale

“Ces nouvelles découvertes, associées à nos autres rapports récents, sont incroyablement passionnantes, alors que nous approfondissons notre compréhension de cette nouvelle cytokine en termes de santé et de maladie dans l’appareil génital”, s’enthousiasme Melissa Herbst-Kralovetz, la professeure associé du département des sciences médicales de l’université de l’Arizona qui a dirigé l’étude. Selon elle, le niveau de cytokine IL-36γ, “est élevé dans la vaginose bactérienne et pourrait jouer un rôle clé dans la susceptibilité à déclencher d'autres maladies”.

Les chercheurs ont découvert que lors d'une infection polymicrobienne, c’est-à-dire par des bactéries associées à la vaginose bactérienne, la cytokine IL-36γ induit une réponse inflammatoire importante. Ces résultats mettent en évidence la collaboration potentielle entre les différentes bactéries qui peut avoir une influence sur les niveaux d'inflammation génital.

“L’étude permet aux chercheurs de mieux comprendre comment différents microbes que l'on trouve couramment chez les femmes atteintes de vaginose bactérienne, contribuent à l'activation de composantes spécifiques de notre système immunitaire, ce qui peut être lié à l'incidence et à la récurrence de la maladie”, indique Pawel Laniewski, chercheur scientifique et membre du laboratoire du docteur Herbst-Kralovetz. 

Le rôle de l'IL-36γ reste encore largement inconnu, mais les chercheurs savent qu’il provoque et exacerbe la réponse inflammatoire. Par conséquent, l'IL-36γ pourrait être un médiateur important de la réponse à la maladie. La cytokine IL-36γ est un régulateur important de l'inflammation dans l'appareil reproducteur féminin, qui peut avoir de vastes implications avec d'autres infections bactériennes et virales sexuellement transmissibles, ainsi que dans des maladies gynécologiques.

“Ce n'est qu’un début, mais ces données mettent davantage en évidence cette cytokine émergente comme un acteur clé dans l’appareil génital féminin et la santé des femmes”, conclut Melissa Herbst-Kralovetz.

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