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Un enfant trop exposé aux écrans aurait plus de risques de développer des troubles du langage

D'après un rapport publié ce mardi 14 janvier par Santé publique France, les écrans multiplieraient par trois les troubles du langage chez les jeunes enfants. 

Un enfant trop exposé aux écrans aurait plus de risques de développer des troubles du langage Grinvalds/iStock

  • Publié le 15.01.2020 à 12h00
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Un usage excessif des écrans modifierait la structure du cerveau des enfants. Cela pourrait également avoir des conséquences néfastes sur leur moral, leur capacité de concentration ou encore leur poids. En avril 2019, l’OMS a notamment publié un communiqué recommandant d’éviter tous les écrans pour les enfants d’un an et de limiter l’exposition des plus grands. Aujourd’hui, une étude publiée ce mardi 14 janvier par Santé publique France dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaires délivre de nouvelles informations inquiétantes sur le sujet. D’après les scientifiques, les écrans multiplieraient par trois les troubles du langage chez les jeunes enfants.

Pour en arriver à ces conclusions, une équipe de chercheurs de l’université de Rennes, de Santé publique France et de l’Inserm a suivi 276 enfants âgés de 3,5 à 6,5 vivant en Ile-et-Vilaine en Bretagne. Parmi eux, 167 ont été diagnostiqués avec des troubles primaires du langage (dysphasie, bégaiement, manque de vocabulaire… non liés à une maladie ou une surdité) et 109 ne présentent aucun retard. Au cours de l’étude, les parents ont donné des informations sur la consommation d’écrans de leurs enfants et les troubles du langage. 

Dans le détail, 94,2% des enfants des deux groupes avaient accès à la télévision, la moitié (53,5%) avait accès à la tablette et un tiers à un ordinateur (32,4%), une console de jeu (34,9%) ou un smartphone (30,2%). “Au cours d’une semaine scolaire classique, 44,3 % des cas [enfants diagnostiqués] et 22 % des témoins [enfants non diagnostiqués] étaient exposés aux écrans le matin avant l’école. Dans les deux groupes, ils étaient seuls face à l’écran 40 % du temps”, explique également Santé publique France. Résultat : un enfant exposé aux écrans le matin aurait trois fois plus de risque de développer des troubles du langage.

Ne pas laisser son enfant seul devant les écrans

“L’exposition le matin va épuiser la concentration de l’enfant, moins apte aux acquisitions. Il va répondre de façon réflexe à ce stimulus très important, qui n’a rien à voir avec l’attention volontaire face à un instituteur. L’adulte est capable de contrôler ce réflexe, pas le tout-petit, il est absorbé, en hypervigilance, excité”, explique Manon Collet, co-autrice du dossier, sans pourtant indiquer que regarder la télé en soirée serait moins grave.  

“Pour celui qui, en plus, ne parlerait pas avec ses parents après avoir consommé des écrans, le risque serait six fois supérieur”, précise-t-elle, insistant donc sur le besoin d’interactions avec des grands.

“Cela quantifie le risque et montre un effet cumulatif, additionnel des risques d’exposition. Des études, américaines notamment, avaient déjà montré l’impact des écrans sur les difficultés attentionnelles. Notre travail les conforte, et mérite encore des approfondissements”, poursuit la chercheuse. Et de détailler :  “Notre étude ne peut pas dire que les écrans sont responsables des troubles primaires du langage à 100%, mais elle établit clairement un lien”. Puisque le temps d’exposition moyen aux écrans des enfants concernés était de 20 minutes, “ce n’est donc pas la durée qui compte, mais le fait d’être exposé ou non”, conclut l’experte.

Imposer des limites

D’après une récente étude menée par l’Inserm et l’Ined, en France, un enfant sur deux commence à regarder la télévision avant 18 mois. Deux enfants sur trois âgés de deux ans la regardent tous les jours et, plus le niveau d’étude des parents baisse, plus la situation à tendance à s’aggraver. Ainsi, dans les familles où les parents ont un niveau d’études inférieur au bac, quatre enfants sur cinq regardent quotidiennement la télévision.

“L'Inserm, l'Ined et la direction générale de la santé travaillent à faire évoluer les recommandations des autorités sur le sujet, qui restent floues. Ce que l'on observe pour l'instant, c'est que ce temps passé devant la télé se fait au détriment d'autres activités et de temps de socialisation importants pour le développement de l'enfant”, commentait donc sur Franceinfo Jonathan Bernard, épidémiologiste à l'Inserm et auteur de ces travaux au moment de leurs publications. 

Néanmoins, les écrans n’ont pas que du mauvais non plus. En effet, tout dépend de l’utilisation que vous en faîtes et de ce que vous montrez à votre enfant. “L'utilisation des écrans peut être utile pour aider à développer certains apprentissages comme les langues par exemple. Il est possible de faire écouter au plus petit des dessins animés en anglais, en espagnol ou encore en allemand pour l’aider à se familiariser avec différents langages. Certaines émissions de télévision de qualité peuvent aussi être un moyen supplémentaire de favoriser le langage des enfants à partir de 2 ans. Il existe aussi des applications interactives d'apprentissage de la lecture qui les aident à reconnaître des sons et apprendre de nouveaux mots”, explique notamment la docteure Claire Lewandowski, psychiatre et addictologue, dans un article paru sur Pourquoi Docteur sur le sujet. Le plus important restant bien sûr de réussir à imposer des limites.

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