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QUESTION D'ACTU

La chronique du Docteur Lemoine

Chirurgie ambulatoire : « express », pas « low cost »

L’évolution de la médecine, en particulier de la chirurgie, passe par des séjours de plus en plus courts à l’hôpital, voire pas de séjour du tout. C’est la médecine ambulatoire. Le matin à la maison… Le soir à la maison… Entre les deux, une intervention chirurgicale ! Une vision moderne de la médecine qui concerne, en France, 6 millions de patients par an, 7,7 millions de séjours, 60% des actes chirurgicaux en France.

Chirurgie ambulatoire : « express », pas « low cost » gpointstudio / iStock

  • Publié le 14.01.2020 à 07h00
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Cette chirurgie ambulatoire signifie tout simplement que ce qui était pris en charge autrefois à l’hôpital, l’est aujourd’hui au domicile du malade. Par exemple, faire une appendicite en ambulatoire signifie que, quelques heures après l’intervention, le malade se retrouve à la maison, dans son lit, avec une surveillance assurée par les proches et quelques visites de l’ensemble des personnels de santé. L’intérêt ne réside bien évidemment pas que dans le plaisir de retrouver son environnement favori, mais pour reculer un peu plus l’onde de choc terrible du sous-effectif hospitalier et du coût de la santé.

« Ambulatoire », ce mot, production typique du jargon médical, revient de plus en plus dans le vocabulaire des médecins. C’est un de ces noms comme la médecine en invente régulièrement et qui ne veulent pas dire grand-chose au grand public. Apprenez pourtant à connaître le terme de « chirurgie ambulatoire », car il est fort probable qu’on vous le propose dans un avenir proche. Car les médecins français ont décidé de quitter le peloton de queue des pratiquants de cette chirurgie « express » qui, contrairement à ce que l’on peut imaginer, concerne la plupart des actes à effectuer. D’ailleurs, en Grande-Bretagne, Hollande, Belgique et surtout aux Etats-Unis, 80 à 90% des interventions chirurgicales se font en ambulatoire.

Pourquoi c’est mieux 

On peut comprendre l’intérêt du chirurgien et de son hôpital, qui ont trouvé là un moyen d’augmenter la rentabilité des lits… On peut imaginer qu’à une période d’économie drastique, l’assurance maladie voit d’un très bon œil une facture fortement divisée à rembourser. Mais celui de l’opéré ? On pourrait craindre une certaine forme de doute… Pourtant, les enquêtes les plus récentes, quel que soit le pays, sont unanimes : les malades ayant bénéficié de la chirurgie ambulatoire sont satisfaits et prêts à recommencer.

L’Association Française de Chirurgie Ambulatoire préconise un élargissement très important des interventions à réaliser avec cette technique. Elle veut que l’on balaie les arguments économiques, pour mettre en avant l’amélioration de qualité, à tous les niveaux de l’acte : des médicaments anesthésiques avec moins d’effets secondaires ; des chirurgiens qui ont dû remettre leur technique en jeu, privilégier de petites cicatrices et utiliser des caméras à l’intérieur du corps. Enfin, raccourcir les délais impose la mise en place d’une organisation efficace basée sur l’anticipation mais aussi l’information des malades, trop longtemps négligée en France, expliquant la frilosité de certains à le proposer à leurs malades.

Quelles interventions peuvent en bénéficier ?

Interventions les plus courantes : Les extractions de dents de sagesse, les opérations des varices, la cataracte, les hernies, la maladie de Dupuytren, enlever les plaques, vis, etc... utilisées pour réparer les différentes fractures), les interventions gynécologiques (curetage, certaines tumeurs du sein).

Des interventions de plus en plus complexes sont aussi réalisées en ambulatoire : ablation de la vésicule, des calculs du rein, certaines opérations du cancer du sein, de la thyroïde, la chirurgie compliquée du genou, de l’épaule, certaines opérations pour éventration ou reflux gastro-oesophagien voire certaines opérations neurochirurgicales ; enfin, de plus en plus d’urgences notamment les traumatismes de la main (plaies, fractures).

En principe, il n’y a pas de limites, même les interventions de plusieurs heures et sous anesthésie générale, avec un objectif : moins de 1% d’opérés devant rester passer la nuit à l’hôpital, ce qui est obtenu, déjà, pour la plupart des interventions mais dont l’association espère faire une règle.

Qu’en pensent les chirurgiens qui ne pratiquent pas la chirurgie ambulatoire ?

Le discours de l’association fait grincer des dents à bien des confrères, mais la direction des hôpitaux a tranché : elle recommande son utilisation le plus souvent possible ! Argument non négligeable, le taux des infections nosocomiales, ces infections que l’on attrape à l’hôpital et qui nous coûtent plus de 10 000 morts par an, est divisé par trois.

En pratique, cela se passe comment ?

Concrètement, un simple jeûne de 6 heures pour les aliments et de 2 heures pour les liquides suffit. Il faut aussi avoir le téléphone, pouvoir être raccompagné le soir de l’intervention, enfin ne pas demeurer seul la première nuit ou aller la passer chez des amis. Cela pourrait être perçu comme un abandon, alors qu’en réalité, c’est tout le contraire et un confort sécurisé que ces chirurgiens et anesthésistes proposent, avec un lien téléphonique direct avec eux.

Un dernier détail qui a son importance : la chirurgie ambulatoire n’est en aucun cas obligatoire et la décision finale vous appartient.

Docteur Jean-François Lemoine

 

 

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