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Marijuana sur ordonnance

Cannabis thérapeutique : l’expérimentation débutera en 2020

Début 2020, 3 000 patients participeront à l’expérimentation du cannabis à usage médical. Une grande première en France et une première étape vers la légalisation.

Cannabis thérapeutique : l’expérimentation débutera en 2020 tvirbickis/iStock

  • Publié 17.12.2019 à 13h30
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Un an après que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a donné son feu vert à l’usage du cannabis à visée thérapeutique, une première expérimentation de grande envergure est sur le point d’être menée, a annoncé à l’automne Christelle Dubos, la Secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé.

Des patients souffrant de pathologies lourdes

D’ici la fin du premier semestre 2020, quelques 3 000 patients atteints de maladies graves devraient donc rejoindre l’essai clinique, qui comprendra des personnes souffrant de certaines formes d’épilepsie, de sclérose en plaques, de douleurs neuropathiques ou encore d’effets secondaires de chimiothérapie.

Strictement encadré, l’usage du cannabis médical doit présenter un apport thérapeutique supplémentaire pour ces patients. Déjà depuis mars, l’hôpital La Timone à Marseille expérimente le cannabis thérapeutique auprès d’une trentaine de patients atteints de la maladie de Parkinson.

L’établissement a suivi les recommandations de l’ANSM, qui a indiqué vouloir que le cannabis à visée thérapeutique soit réservé aux “patients dans certaines situations cliniques et en cas de soulagement insuffisant ou d'une mauvaise tolérance des thérapeutiques, médicamenteuses ou non, accessibles (et notamment des spécialités à base de cannabis ou de cannabinoïdes disponibles)”. “Cet usage peut être envisagé en complément ou en remplacement de certaines thérapeutiques”, précisait encore l’ANSM.

Des fournisseurs étrangers

La France ne possédant pour l’heure pas de filière de production de cannabis, l’ANSM, qui encadre l’essai clinique, “fera appel aux produits qui existent déjà sur le marché”, explique à 20 Minutes Olivier Véran, neurologue et député LREM qui a porté la mesure.

Déjà utilisé dans dix-sept pays de l’Union européenne, le cannabis thérapeutique présente une concentration moins élevée en THC, un cannabinoïde possédant des propriétés psychoactives agissant sur le psychisme. Censé soulager les douleurs, il possède aussi des propriétés antiémétiques, analgésiques, anti-inflammatoires et antiépileptiques. Il a aussi la capacité de détendre les muscles et de stimuler l’appétit. “L’objectif de l’expérimentation n’est pas d’établir l’efficacité du cannabis sur des pathologies identifiées, il est surtout de tester un système de prescription et de délivrance”, explique cependant le collectif Alternative pour le cannabis à visée thérapeutique (ACT).

Un protocole bien encadré

Pas question, cependant, de se voir prescrire des joints par son médecin traitant, à aller chercher ensuite en pharmacie. Le protocole de délivrance du cannabis thérapeutique étant strictement défini. La première prescription devra ainsi être rédigée par un médecin spécialiste, un neurologue ou encore un médecin de la douleur, au sein des centres hospitaliers et centres de référence choisi pour participer à l’expérimentation.

Les patients devront ensuite se fournir en pharmacie hospitalière, avant de pouvoir renouveler leur traitement dans leur officine habituelle. Les produits testés se présenteront “sous forme de tisane, d’huile, de fleurs séchées en vaporisateur”, précise Olivier Véran.

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