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Débat

Y a-t-il un abus des césariennes “sur demande” ?

Pratique-t-on trop souvent et sans raison médicale des césariennes en France ? C’est sur ce thème controversé que débattaient ce week-end des spécialistes en obstétrique à l’occasion d’un congrès organisé par l’Hôpital américain de Paris.

Y a-t-il un abus des césariennes “sur demande” ? flukyfluky/iStock

  • Publié le 13.12.2019 à 18h00
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En France, après des années de forte hausse, le nombre d’accouchement par césarienne est relativement stable. Selon la dernière enquête périnatale publiée par le ministère de la Santé, ce taux de césariennes était estimé en 2016 à 20,4%.

Si pour la plupart de ces naissances, le recours à une opération chirurgicale plutôt qu’à l’accouchement par voie basse se justifiait médicalement, certaines césariennes pratiquées l’ont été à la demande de la mère. Cela concernerait 1% des césariennes réalisées chaque année.

C’est à ces césariennes sans indication médicale que l'Hôpital américain de Paris consacrait vendredi 6 décembre un colloque, dont les conclusions sont relayées par 20 Minutes.

Mieux écouter les femmes

Une césarienne consiste normalement, quand l'accouchement ne se passe pas comme prévu et qu'il présente un risque pour la mère ou pour l’enfant, en une intervention chirurgicale qui vise à extraire un enfant de l'utérus maternel par incision de la paroi abdominale et utérine.

Pour certaines femmes, toutefois, la césarienne relève d’un choix personnel. Faut-il pour autant parler d’une banalisation de cet acte chirurgical, voire d’une “épidémie” ? Non, affirme Amina Yamgname, cheffe de service de la maternité de l'Hôpital américain de Paris, qui voit cependant dans leur augmentation une conséquence du mouvement #MeToo et du débat sur les violences gynécologiques et obstétricales. “La césarienne sur demande concerne un très petit nombre de patientes mais ouvre sur beaucoup de réflexions. Notamment de comprendre que l’accouchement est une véritable expérience, parfois traumatique et qu’on a besoin d’écouter les femmes différemment”, abonde sa collègue gynécologue Caroline Geyl.

En effet, pour certaines femmes, l’accouchement par voie basse est vécu comme un traumatisme : la douleur qu’elles ressentent lors des contractions ou la souffrance qui résulte d’une déchirure ou d’une épisiotomie conduisent certaines multipares à opter pour la césarienne “de confort” après un premier accouchement difficile.

Pour le Dr Philippe Deruelle, secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), les césariennes “sur demande” sont “la rencontre entre la demande de la femme et un gynéco complaisant”. Selon lui, le fait de programmer cette intervention arrange aussi les soignants. “Une césarienne dure environ trois quarts d’heure alors qu’un accouchement peut prendre douze heures, vingt heures, davantage encore. Et quand un obstétricien s’engage à être celui qui accouchera sa patiente, avoir une date précise en avance s’avère utile”, estime-t-il.

Mieux informer les femmes sur les risques liés à la césarienne

Pour autant, ces taux de césarienne, y compris celles pratiquées sur la volonté de la patiente, varient considérablement d’un établissement à l’autre. Si certaines maternités parviennent à maintenir un taux inférieur à 10% des accouchements, d’autres dépassent les 45%.

Mais, comme l’ont rappelé les médecins présents au colloque, une césarienne n’a rien d’un acte anodin. Il faut donc informer au mieux les femmes qui la souhaitent des éventuelles complications et effets indésirables, tout en respectant leurs attentes. “Le nouveau-né aura davantage de risques de détresse respiratoire, car avec les contractions, le stress du travail pendant l’accouchement par voie basse va l’aider à s’adapter à la vie extra-utérine”, détaille le Dr Philippe Deruelle. “Il y a davantage de risque d’hémorragie, d’infection, d’embolie et de thrombose avec cette opération chirurgicale qu’avec un accouchement par voie basse. On augmente également les facteurs de risque pour les grossesses ultérieures d’anomalie du placenta qui peut s’insérer dans la cicatrice”, complète le Dr Amina Yamgname.

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