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QUESTION D'ACTU

Pénurie de médecins

Loire : une maire interdit aux habitants de mourir le week-end et les jours fériés

Pour dénoncer le désert médical dans lequel se trouve sa commune, la maire de La Gresle, dans le département de la Loire, vient de prendre un arrêté interdisant aux habitants de sa commune de décéder les week-ends et les jours fériés.

Loire : une maire interdit aux habitants de mourir le week-end et les jours fériés megaflopp/iStock

  • Publié le 09.12.2019 à 19h00
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“Il est interdit aux habitants de décéder à domicile sur le territoire communal les samedi, dimanche et jours fériés pour une durée indéterminée.”

C’est en ces termes qu’Isabelle Dugelet, maire de la ville de La Gresle, dans la Loire, a rédigé vendredi 6 décembre un arrêté municipal. S’il prête à sourire, il a pourtant une mission aussi sérieuse qu’alarmante : dénoncer le désert médical dans lequel se trouve sa commune.

Un parcours du combattant pour trouver un médecin

Si Isabelle Dugelet a décidé de prendre un tel arrêté en fin de semaine dernière, c’est suite au décès d’un pensionnaire en maison de retraite dimanche 1er décembre. Selon Le Progrès, qui relate l’histoire, la maire a mis près de 2h30 pour trouver un médecin qui puisse constater le décès – acte obligatoire pour les funérailles. “Quand il y a un décès de nuit, je comprends que le médecin ne se déplace que le lendemain matin, mais en pleine journée, non. Je trouve ça inadmissible humainement pour la famille”, a déclaré Mme Dugelet.

Pour la maire de La Gresle, trouver un médecin qui accepte de se déplacer a été un parcours semé d’embûches. Comme il n’y a plus de médecin de garde dans le secteur de la commune, elle a d’abord contacté le SAMU de Roanne, qui a refusé de venir constater le décès. Elle s’est alors tournée vers l’Agence régionale de santé (ARS), qui a désigné un médecin. Ce dernier a été prévenu par les gendarmes, qui lui ont transmis une réquisition administrative. Mais, entre-temps, le SAMU a lui aussi dépêché un médecin du secteur de garde voisin.

Résultat : de nombreux services ont été dérangés un week-end, notamment les gendarmes, qui doivent en plus travailler en effectif réduit le dimanche. “Si les problèmes sont de plus en plus cruciaux pour avoir un médecin traitant, ou tout simplement être soigné, il faudra désormais choisir son moment pour mourir, ou alors choisir la voie publique où le Samu a l’obligation d’intervenir”, a déclaré Isabelle Dugelet.

Une pénurie médicale qui pénalise les zones rurales

Si la situation s’est ici déroulée sans qu’il y ait de victime, la maire estime que la situation n’est plus vivable pour les habitants La Gresle. “Ce matin, on m’a dit que les habitants de ma commune et du secteur continuent à aller voir sur Lyon un médecin qui a été en remplacement pendant quelques temps sur la commune voisine. Vous vous rendez compte, on est à 75 kilomètres de Lyon ! Et là, ne pas avoir de remplaçant, ne pas avoir de solution de rechange, pour eux, c’est insupportable”, a-t-elle estimé sur RFI.

Aujourd’hui, elle souhaite, par cet arrêté, “faire réagir les autorités et les politiques qui ne veulent pas remettre en cause la liberté d’installation. Cette situation de pénurie médicale ne peut plus durer, creusant un fossé de plus en plus grand entre les territoires et menant tous les personnels de santé à l’épuisement. On nous dit que beaucoup de médecins vont sortir en 2025, mais d’ici là, on fait comment ?”, s’interroge Mme Dugelet.

À l’heure actuelle, on estime qu’une ville sur trois en France manque de médecins généralistes. Huit millions de Français vivent ainsi dans un désert médical.

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