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Conduite

Les régulateurs de vitesse augmentent la somnolence

Une étude française révèle une détérioration des capacités attentionnelles, et de réaction face au danger, des personnes conduisant une voiture avec un régulateur ou un limiteur de vitesse.

Les régulateurs de vitesse augmentent la somnolence   SIERAKOWSKI/ISOPIX/SIPA

  • Publié 12.07.2013 à 10h43
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Quand les régulateurs de vitesse perturbent la conduite des conducteurs jusqu'à les mettre en danger ! La Fondation VINCI Autoroutes publie ce vendredi les résultats d’une étude inédite sur les effets de l’usage du régulateur et du limiteur de vitesse sur la vigilance et les comportements de conduite. 

L'étude menée par le Centre d’investigations neurocognitives et neurophysiologiques de l’Université de Strasbourg (Ci2N) révèle en effet que l’utilisation de ces appareils entraîne une détérioration des capacités attentionnelles, et donc de réaction face au danger. Deux causes distinctes sont avancées.

 

Une moins bonne insertion dans le trafic 
C’est surtout lors des dépassements que se manifestent certains comportements à risque, en raison d’une vitesse plus difficile à moduler. La régulation automatisée de la vitesse incite les conducteurs à rester plus longuement sur la voie de dépassement et à se rabattre moins fréquemment sur la voie de droite. De plus, les distances de sécurité vis-à-vis des véhicules dépassés diminuent en moyenne de 5% avant le déboitement et de 10% (soit environ 4 mètres) au moment du rabattement. « Ces comportements atypiques sont révélateurs d’une moindre maîtrise du véhicule », indique la Fondation.

Augmentation de l’hypovigilance 
L’étude menée met également en évidence une maîtrise plus aléatoire de la trajectoire rectiligne du véhicule en cas d’utilisation du régulateur ou du limiteur. Lorsqu’il utilise ces équipements, le conducteur réaligne moins souvent la position de son véhicule (-25%), ce qui a aussi pour conséquence d’augmenter l’amplitude des ajustements latéraux (jusqu’à +22% avec le limiteur et +33% avec le régulateur). Ce phénomène s’accroît à mesure que la durée du trajet augmente, en particulier avec le régulateur. La capacité de réaction, notamment en situation d’urgence, est également sensiblement amoindrie par l’utilisation du régulateur ou du limiteur de vitesse. Ainsi, le temps de réaction à la survenue d’un événement (par exemple un ralentissement du trafic ou un accident) se trouve allongé en moyenne de plus d’1 seconde - soit, à 130km/h, l’équivalent de 40 mètres supplémentaires parcourus avant l’appui sur la pédale de frein.
Et la Fondation confirme que cette détérioration de la capacité de réaction est imputable à la diminution du niveau de vigilance liée à l’automatisation de la conduite. Pour preuve, en cas d’utilisation du régulateur de vitesse, l’auto-évaluation du niveau de fatigue et d’éveil révèle une diminution plus prononcée du niveau d’éveil dès 30 minutes de conduite, en particulier chez les jeunes conducteurs, plus sensibles à la fatigue que les quadragénaires et les seniors. La mesure du rythme alpha au moyen d’un électroencéphalogramme confirme également cette altération. Les épisodes de somnolence sont plus fréquents en cas d’utilisation du régulateur qu’en situation de contrôle volontaire de la vitesse (+25% à partir d’1 heure de conduite) ou d’utilisation du limiteur (+16%).


Pourtant, concernant les conclusions à tirer de cette étude, il faut rester prudent, « il ne s’agit pas de déconseiller purement et simplement aux automobilistes d’utiliser ces outils (...), qui apportent un réel bénéfice en matière de respect des limitations de vitesse et de confort de conduite, précise Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation. Pour autant, ils ne doivent pas être utilisés de façon systématique, mais à bon escient, en respectant certaines précautions. »

Et le Pr André Dufour, qui a piloté l’étude de conclure en formulant certaines recommandations d'usage, « on peut conseiller aux automobilistes de désactiver le régulateur lorsque le trafic est dense, ou à l’approche de zones spécifiquement signalées, telles que les zones de travaux ou les péages. Une vigilance accrue s’impose également lors des longs trajets, l’utilisation prolongée de ces outils nécessite d’augmenter la fréquence des pauses, de façon à permettre au conducteur de multiplier les périodes de récupération de son niveau d’éveil ».

 

 

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