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Médecine intégrative et patient autonome : les obstacles à dépasser

Si la France se situe en pôle position en matière de médecine intégrative, avant que celle-ci ne se généralise complètement, il reste quelques obstacles à dépasser.

Médecine intégrative et patient autonome : les obstacles à dépasser Ridofranz/iStock

  • Publié 23.11.2019 à 16h30
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En 2015, sur les 133,6 milliards d’euros de dépenses de la Sécurité sociale, les dépenses liées à la santé mentale sont estimées à 19,3 milliards d’euros. C’est plus que les 14,1 milliards d’euros dédiés à la prise en charge du cancer. Or, les coûts explosent en psychiatrie à cause des problèmes d’observance, où les patients arrêtent puis reprennent leur traitement. Pour remédier à cela, les experts du secteur de la santé tentent d’optimiser les nouvelles technologies pour rendre le malade plus autonome et le remettre au centre d’un parcours de soins plus cohérent et plus adapté à sa personne. Parmi les nouvelles options essayées pour garder contact avec le patient entre deux consultations physiques : les consultations à distance associées à la thérapie digitale par exemple. Si la France se situe en pôle position en matière de médecine intégrative, avant que celle-ci ne se généralise complètement il reste quelques obstacles à dépasser.

L’erreur serait d’opposer l’ancien monde au nouveau. Pour bien faire, il faudrait que tous les acteurs de la santé arrivent à progresser ensemble vers une médecine plus efficace, fondée sur une approche globale pour avoir une vue d’ensemble sur le patient et sa maladie. Désormais, il faudra ne plus seulement se concentrer sur la tumeur ou les maux du patient mais également sur son environnement et sur tous les paramètres qui font sa singularité : sa rationalité, son imagination/intuition, son ancrage familial, sa capacité de résilience et de recul face à la maladie. Ces facteurs jouent bien évidemment dans la façon dont le patient vit le traitement.

Considérer l’environnement du patient dans sa globalité

“La cellule cancéreuse existe au sein d’un environnement, donc on doit considérer l’individu dans la société, son environnement et pas uniquement se concentrer sur la maladie (…)  On travaille avec d’autres disciplines pour promouvoir la santé globale. Il va falloir prendre en compte la santé sexuelle, psychologique, sociale de l’individu”, précise à Fréquence médicale le docteur Alain Toledano, cancérologue et président de l'Institut Rafaël

Ce dernier a ouverte en 2018 avec pour objectif pionnier d’unir en un même lieu les soins de l’après-cancer : les thérapies intégratives dispensées par une équipe à 70 patients, la recherche et l’évaluation ainsi que la formation pour structurer un écosystème d’innovation humaniste destiné à mieux s’occuper de chaque individu de façon globale et à favoriser le partage des compétences de chacun. 

Que le cancer ne soit plus un mot tabou

Bien entendu, la révolution de la médecine intégrative a un coût. “Développer les plateformes de suivi, ça a un coût pour les établissements aujourd’hui, néanmoins, c’est une économie pour le futur, puisque ces outils permettront moins de déplacements du patient, et à terme, moins d’hospitalisations”, assure à Fréquence Médicale le docteur Florian Scotté, qui dirige le département d’oncologie médicale et de soins de support à l’hôpital Foch.

A terme, l’échange d’informations avec le patient devrait permettre de répondre à ses questions, à ses besoins, de fluidifier son parcours de soins, de faciliter les relations avec son médecin, et ainsi optimiser les coûts de santé. “Ce n’est pas une médecine élitiste, c’est la médecine de demain”, insiste Florian Scotté.

“Si vous prenez 10% du budget de la Sécurité sociale pour mieux l’utiliser grâce au numérique à cause des redondances d’examens, on peut financer la qualité”, renchérit Alain Toledano. Mais tous ces changements nécessiteront surtout un bouleversement des mentalités. “Il va falloir s’occuper de l’intégration du cancer dans la société, que ce ne soit pas un mot tabou, qu’on soit pas pestiféré. Chaque patient mérite d’avoir un accompagnement global, et en 2030, on aura sans doute très largement franchi ce cap et mis en place des systèmes de solidarité qui puissent permettre à chaque patient d’être pris en charge et pas seulement leur maladie. On fait beaucoup trop d’exclus avec un système qui coûte cher. On a beaucoup de chance en France avec ce système, mais il faut l’améliorer”, conclut le cancérologue.

Voir ci-dessous la vidéo de Fréquence Médicale sur la médecine intégrative et le patient autonome : 

 

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