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Le mal du siècle

La dépendance aux smartphones, signe annonciateur de dépression ?

D'après une nouvelle étude américaine, la dépendance aux smartphones prédit directement des symptômes dépressifs ultérieurs, surtout chez les adolescents, population très vulnérable. 

La dépendance aux smartphones, signe annonciateur de dépression ? AntonioGuillem/iStock

  • Publié 02.10.2019 à 09h00
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La dépression progresse de plus en plus en France. Entre 2010 et 2017, elle aurait augmenté de deux points, affectant particulièrement les femmes, les moins de 45 ans et les plus précaires, selon un rapport paru il y a un an. Parallèlement, de plus en plus d’études font le lien entre cette maladie et les écrans, surtout chez les jeunes. D’après une récente étude américaine, les adolescents seraient plus fragiles psychologiquement depuis les années 2010, souffrant de pertes d’appétit, d’un sommeil perturbé et de désintérêt pour de nombreuses activités, et cela serait lié à ces nouvelles technologies de plus en plus répandues. 

Mais si ce lien a souvent été démontré, on ignorait encore si l’addiction aux écrans précédait les symptômes de dépression et de solitude ou si elle en était au contraire une conséquence. D’après une étude menée par l’Université d’Arizona (Etats-Unis) à paraître dans le Journal of Adolescent Health ciblée sur la dépendance aux smartphones, celle-ci "prédit directement les symptômes dépressifs ultérieurs".

"La recherche découle de mon inquiétude quant à l'importance trop grande accordée à l'utilisation générale des téléphones intelligents", explique M. Lapierre, professeur adjoint au Département des communications du Collège des sciences sociales et comportementales. Ses collègues et lui ont donc décidé de suivre une population particulièrement vulnérable, dans une phase transitoire de la vie et ayant grandi en partie avec les smartphones : les adolescents. Ils ont donc étudié le comportement de 346 jeunes de 18 à 20 ans en concentrant leur travail sur leur dépendance psychologique envers leur téléphone plutôt que sur l’utilisation générale de ce dernier, qui peut procurer des avantages.   

Réduire la dépendance au smartphone pour améliorer le bien-être

Les participants ont dû répondre à des questions conçues pour identifier la solitude, les symptômes dépressifs et leur utilisation quotidienne des smartphones, une fois au début de l’étude puis quatre mois plus tard. Pour mesurer la dépendance au téléphone, les chercheurs leur ont notamment demandé d’utiliser une échelle de quatre points pour répondre à une série d’énoncés tels que "je panique quand je ne peux pas utiliser mon smartphone". Les chercheurs ont ainsi pu constater que la dépendance aux smartphones permettait de prédire des rapports plus élevés de symptômes dépressifs et de solitude plutôt que le contraire.

Comprendre le lien entre la dépendance aux smartphones et de mauvais résultats psychologiques est essentiel pour savoir comment aborder au mieux le problème, assurent les chercheurs.

"Si la dépression et la solitude conduisent à la dépendance aux smartphones, nous pourrions réduire la dépendance en ajustant la santé mentale des gens (…) Mais si la dépendance au smartphone précède la dépression et la solitude, qui est ce que nous avons constaté, nous pouvons réduire la dépendance au smartphone pour maintenir ou améliorer le bien-être", explique Pengfei Zhao, étudiant à la maîtrise en communication, co-auteur de l’étude.

"Il pourrait être plus facile pour les adolescents tardifs de devenir dépendants des smartphones, et les smartphones peuvent avoir une plus grande influence négative sur eux parce qu'ils sont déjà très vulnérables à la dépression ou à la solitude", poursuit-il.

Parler à un ami proche ou méditer

Étant donné les effets négatifs potentiels de la dépendance aux smartphones, les chercheurs invitent donc les utilisateurs à évaluer avec neutralité leur relation à leur portable et à s’imposer des limites si nécessaires. Par ailleurs, d’autres études suggérant que certains utilisent leur téléphone pour essayer de soulager leur stress, trouver d’autres moyens de détente pourrait être une solution, avancent les scientifiques. "Lorsque les gens se sentent stressés, ils devraient utiliser d'autres approches saines pour faire face à la situation, comme parler à un ami proche pour obtenir du soutien ou faire des exercices ou de la méditation", commente Zhao.

Partant de ces résultats, les chercheurs voudraient maintenant essayer de comprendre les causes de cette relation entre dépendance aux smartphones et dépression et solitude. "Notre travail consiste à répondre à des questions essentielles sur les effets psychologiques de la dépendance aux téléphones intelligents. Alors on peut commencer à se demander pourquoi c'est le cas", conclut Zhao.

Les smartphones sont régulièrement épinglés par les études scientifiques. Outre leur effet nocif sur la santé mentale des utilisateurs, ils seraient également très mauvais pour la compréhension et la forme physique. Il a ainsi été prouvé qu’une interaction excessive des appareils électroniques pourrait affaiblir l’activité de certaines zones du cerveau, affectant la compréhension de plusieurs sources d’informations tels que les articles scientifiques. Par ailleurs, selon étude parue cet été, les personnes utilisant leur smartphone au moins cinq heures par jour courent un risque accru d’obésité de 43%.

 

 

 

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