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Controverse

Une étude réhabilite la consommation de viande rouge et de viande transformée

Contrairement à ce qu'affirment les recommandations des institutions de santé internationales, manger de la viande rouge ne serait pas mauvais pour la santé. C'est ce que révèle une série d'analyses méthodiques menées par des chercheurs originaires de sept pays. D'autres experts s'élèvent contre les conclusions de ces travaux.

Une étude réhabilite la consommation de viande rouge et de viande transformée Marianvejcik/iStock

  • Publié 01.10.2019 à 17h30
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Notre alimentation fait l'objet d'une nouvelle controverse. Alors que les autorités de santé internationales préconisent de limiter sa consommation de viande rouge – à l'instar du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), qui la qualifiait de "probablement cancérogène pour l'homme" en 2015 et du World Cancer Research Fund (WCRF) qui évoquait le risque "probable" de la viande rouge sur le cancer colorectal en 2018 – une nouvelle étude pourrait changer la donne.

14 chercheurs originaires de sept pays – dont certains sont issus des universités canadiennes de McMaster et Dalhousie – assurent que diminuer sa consommation de viande rouge et de viande transformée présente en réalité un faible impact sur sa santé. 

Des analyses méthodiques basées sur les données de millions de personnes

Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont réalisé quatre analyses méthodiques d'essais randomisés contrôlés et d'études d'observation en se concentrant sur l'impact de la consommation de viande rouge et de viande transformée sur les risques cardiométaboliques et sur les probabilités de développer un cancer.

Les chercheurs ont d'abord analysé douze essais menés sur 54 000 personnes, dans lesquels ils n'ont trouvé aucune importance statistique ou lien majeur entre la consommation de viande rouge et le risque de contracter une maladie cardiaque, un diabète ou un cancer. Ensuite, dans trois analyses méthodiques d'études de cohorte reposant sur les données de millions de personnes, les scientifiques ont seulement trouvé une très petite diminution du risque chez les individus consommant trois portions de moins de viande rouge ou transformée par semaine. Une association qualifiée d'"incertaine".

Trois à quatre portions de viande rouge hebdomadaires

À partir de ces recherches, les scientifiques ont rédigé une série de recommandations parues le 1er octobre dans la revue américaine Annals of Internal Medicine : il est conseillé aux adultes de continuer leur consommation actuelle de viande rouge, à savoir trois à quatre portions hebdomadaires en Amérique du Nord et en Europe. Il en est de même pour la consommation de viande transformée.

"Nos recommandations sont certainement controversées, mais elles sont basées sur l'analyse la plus exhaustive des éléments dont nous disposons à ce jour, peut-on lire dans l'éditorial. Comme cette analyse est globale, ceux qui cherchent à la contester auront du mal à trouver des preuves adéquates pour construire leur argumentation". 

Le World Cancer Research Fund en désaccord

Pourtant, les critiques s'élèvent déjà dans le milieu des experts en nutrition et en épidémiologie. Par exemple, en la personne de sa directrice de recherche, le Word Cancer Research Fund a affirmé qu'il ne revenait pas sur ses consignes. "Nous maintenons notre confiance dans la recherche rigoureuse conduite depuis 30 ans", a ainsi déclaré Giota Mitrou.

"Ce n'est pas juste une autre étude sur la viande rouge et la viande transformée, mais une série d'analyses méthodiques de haute qualité, débouchant sur des recommandations que nous trouvons bien plus transparentes, solides et fiables", défend Bradley Johnston, professeur associé à l’université Dalhousie et professeur associé à temps partiel à l'université de McMaster, dans un article paru sur le site internet de ce dernier établissement.

"Les meilleures informations disponibles"

"Il y a un intérêt mondial pour la nutrition et la question de la viande rouge en particulier, surenchérit Gordon Guyatt, un professeur à l'université McMaster qui a également participé aux travaux. Les gens ont besoin d'être capable de prendre les décisions qui concernent leur régime alimentaire en se basant sur les meilleures informations disponibles".

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