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Santé publique

Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : quelles conséquences pour la santé ?

Cinq jours après l’incendie de l’usine Lubrizol près de Rouen, l'inquiétude des riverains grandit malgré les analyses rassurantes de qualité de l'eau et de l'air. Si le gouvernement assure qu’il n’y a à ce jour "pas de problème sanitaire", cinq départements, dont la Seine-Maritime, ont toutefois pris des arrêtés pour limiter les activités agricoles. 

Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen : quelles conséquences pour la santé ? JohnnyH5/iStock

  • Publié 01.10.2019 à 12h00
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Nausées, vomissements, malaises… Cinq jours après l’incendie de l’usine Lubrizol et l’émanation d’une immense fumée noire et de retombées de suies au-dessus du ciel de l’agglomération rouennaise, le flou demeure sur les possibles conséquences pour la santé de la catastrophe.

Pourtant, assurait la ministre de la Transition écologique et solidaire Elisabeth Borne le 30 septembre au matin sur les ondes de RTL, "il n’y a pas eu de problème sanitaire" malgré une "odeur très dérangeante". Elle reconnaît toutefois que "quelques dizaines de personnes se sont présentées aux urgences, faisant état d’irritations". D’après le dernier dénombrement, ce sont 122 personnes, dont 27 enfants, qui se sont rendues à l’hôpital depuis jeudi, faisant état de nausées, de vomissements, de toux ou encore de larmoiement.

La population inquiète

Si les autorités sanitaires se veulent rassurantes quant aux répercussions de l’incendie de l’usine classée "Seveso seuil haut" où sont fabriqués des additifs pour les huiles de moteur, de l’essence et du diesel, l’inquiétude demeure parmi les populations. En cause, notamment : l’impossibilité de connaître les substances chimiques qui sont parties en fumée, en plus de l’amiante présente dans le toit du bâtiment. "Nous comprenons qu’il y ait des interrogations sur le fait que l’on communique sur des résultats plutôt rassurants alors qu’il y a des signes présents", explique au Figaro le Dr Benoît Cottrelle, responsable du pôle veille et sécurité sanitaire à l’ARS Normandie.

Les vidéos et les photos postées par les habitants de l’agglomération rouennaise entretiennent les craintes. Lundi 30 septembre, plusieurs internautes résidant notamment à Mont-Saint-Aignan ont diffusé des vidéos où l’on voit de l’eau noire ou marron sortir du robinet de leur lavabo et des toilettes.

Les pompiers présents sur les lieux de la catastrophe accusent eux aussi des symptômes "plus ou moins importants", affirmait le 30 septembre sur France 3 un soldat du feu. "Cela va des maux de gorge à des diarrhées, nausées, vomissements, à la langue qui pique. Je pense que si la protection avait été efficace, on n'aurait pas eu autant de conséquences sur la santé." D’après le syndicat Alternative Police, plusieurs policiers et CRS présentent les mêmes symptômes et sont actuellement en arrêt maladie.

Pas de répercussion sur la qualité de l’air et de l’eau

Pourtant, assure la direction de Métropole Rouen Normandie, "l’eau distribuée sur les 71 communes" de l’agglomération est "potable". "Aucune trace de contamination n’a été relevée", précise-t-elle encore.

Quant à la qualité de l’air, elle ne présenterait pas non plus de danger immédiat pour les populations exposées aux suies résultant de l’incendie, dixit les premiers résultats des analyses menées par le Bureau Veritas sous l’égide l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris). Dans le rapport officiel est noté qu’il n’y aurait à l’heure actuelle "pas d'augmentation significative des concentrations des substances analysées sur la zone impactée par rapport à la zone en dehors de la zone de retombées".

Des arrêtés sanitaires pris dans 5 départements

Dans l’attente de nouvelles analyses sur les sols et les végétaux ordonnées pour mieux connaître l’impact des retombées de suies, les préfectures de Seine-Maritime, de l’Oise, de l’Aisne, de la Somme et du Nord ont pris des arrêtés visant à limiter certaines activités agricoles et à restreindre la mise sur le marché de produits alimentaires d’origine animale et végétale. 204 communes sont au total concernées, révèle France Info qui assure que depuis le 26 septembre, "le lait collecté issu d'élevages dont les vaches étaient au pâturage (...), les œufs des élevages de plein air pondus (...) ainsi que le miel collecté et les poissons d’élevage produits dans la zone concernée, sont consignés sous la responsabilité des exploitants, jusqu'à obtention de garanties sanitaires".

Ces cinq départements recommandent par ailleurs aux particuliers de ne consommer les fruits et les légumes non souillés issus de leur jardin ou potager qu’après les avoir bien lavés ou épluchés et de ne pas consommer ceux présentant des traces de suie.

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