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Troubles bipolaires : bientôt un test pour diagnostiquer la maladie en moins d'une heure ?

Les troubles bipolaires sont extrêmement difficiles à diagnostiquer pour les psychiatres. Toutefois, des chercheurs canadiens travaillent à mettre au point un test qui leur permettrait de repérer les malades en moins d'une heure. 

Troubles bipolaires : bientôt un test pour diagnostiquer la maladie en moins d'une heure ? PRImageFactory/iStock

  • Publié 30.09.2019 à 11h10
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Les troubles bipolaires font partie des troubles de l’humeur au même titre que la dépression récurrente. Dans sa forme la plus typique, la maladie, classée sixième cause de handicap par l’Organisation mondiale de la santé, comporte deux phase : la phase maniaque (le sujet est hyperactif et euphorique) et la phase dépressive (le sujet est ralenti et n’a goût à rien). "En France, les troubles bipolaires sont sous-diagnostiqués. Il faut en moyenne 10 à 12 ans et quatre à cinq médecins différents avant qu’ils ne soient nommés', selon le site troubles-bipolaires.com. De même, on estime que 40 % des dépressifs sont en réalité des bipolaires qui s’ignorent. Car à l’heure actuelle, le psychiatre ne dispose d’aucun examen neutre pour identifier ces troubles, que ce soit par imagerie ou prélèvement biologique. Une étude parue cette année dans la revue World Journal of Biological Psychiatry pourrait toutefois bientôt changer la donne. En effet, des chercheurs canadiens travaillent actuellement à mettre au point un test pour essayer de diagnostiquer la maladie en moins d’une heure et repérer les patients les plus à risque. S’il était validé, cet examen permettrait une bien meilleure prise en charge des malades.

Une zone impliquée dans l'apparition des vertiges

Le Dr Brian Lithgow, de l’Université de Manitoba (Canada), et ses collègues exploraient les troubles de l’équilibre chez des malades de Parkinson quand ils ont découvert par hasard que l’activité nerveuse du système vestibulaire, une zone impliquée dans l’apparition des vertiges chez les personnes atteintes de cette affliction, est très différente quand ces dernières souffrent également de bipolarité ou de dépression. Cette région est également considérée comme une fenêtre pour explorer les troubles mentaux car elle est finement reliée à de nombreuses zones cérébrales.

Les chercheurs ont donc poursuivi leurs recherches avec 43 personnes atteintes de troubles bipolaires, 39 souffrant de dépression et 27 volontaires sains. Ils ont alors réalisé que l’activité nerveuse du système vestibulaire était très différentes en fonction de si la personne était bipolaire, dépressive ou en bonne santé.

Un test à utiliser en complément d’une analyse psychiatrique

Ainsi, les scientifiques voudraient essayer d’utiliser ces données pour définir des critères de diagnostic pour repérer les patients souffrant de troubles bipolaires ou de dépression.

"Nous aimerions si possible commercialiser ce procédé", explique Brian Lithgow, auteur principal de l’étude, dans un communiqué de l’université de Manitoba. De plus amples recherches sont toutefois nécessaires afin de valider ces résultats. "Si nous pouvons trouver un psychiatre local disposé à collaborer, nous aimerions rechercher 300 volontaires chez qui on a diagnostiqué une dépression majeure ou un trouble bipolaire pour participer à une autre étude en double-aveugle", ajoute-il. Une étude à plus grande échelle permettrait, si elle confirme les résultats actuels, d’obtenir l’approbation des autorités sanitaires.

Ce test n’aura pas vocation à remplacer une évaluation psychiatrique traditionnelle, assurent les chercheurs. Mais il pourrait être utilisé en parallèle. "Le rôle du psychiatre reste extrêmement important dans la prise en charge du patient, mais je pense que cet outil serait très utile comme complément", note Lithgow.

Ce dernier n’est pas le seul à avoir observé un lien entre bipolarité et maladie de Parkinson. En mai, une étude chinoise parue dans la revue Neurology avait observé un risque plus important de développer Parkinson chez les personnes atteintes de troubles bipolaires. Ainsi, les malades hospitalisés plus de deux fois dans l’année pour leur trouble bipolaire seraient six fois plus susceptibles de développer Parkinson que celles hospitalisées moins d'une fois par an.

"Les conséquences d’un retard de diagnostic sont sévères"

Il y a un mois, des chercheurs néerlandais ont quant à eux découvert que le cerveau des personnes bipolaires ou schizophrènes était différents des autres. Ils ont ainsi observé que les proches de patients atteints de troubles bipolaires avaient des volumes inter-crâniens plus larges, tandis que les parents de schizophrènes avaient des volumes cérébraux plus petits comparé à des participants issus de familles sans antécédents de troubles mentaux. Ainsi, "cela peut impliquer que les trajectoires neuro-développementales conduisant à des anomalies cérébrales dans la schizophrénie ou le trouble bipolaire sont distinctes", notent les chercheurs qui aimeraient, à terme, pouvoir utiliser cette approche pour éviter l’apparition de troubles mentaux.

Ces études apportent une leur d'espoir, nécessaire on sait que, d’après la Haute Autorité de Santé (HAS), le taux d’erreur de diagnostic des troubles bipolaires serait d’entre 30 et 69% en Europe et aux États-Unis. Huit années peuvent passer entre la manifestation du premier symptôme et un diagnostic correct avec les médicaments régulateurs de l’humeur qui l’accompagnent. Un drame quand on sait que "les conséquences d’un retard de diagnostic sont sévères". En effet, "une reconnaissance tardive du trouble bipolaire favorise les risques associés à la maladie comme le suicide, les hospitalisations, les conséquences désastreuses sur le plan socio-économique (perte du travail, difficultés financières), ou les comorbidités médicales", explique l’autorité sanitaire.

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