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Découverte majeure

Mélanome : les cellules graisseuses jouent un rôle clé dans sa dangerosité

Pour la première fois, des chercheurs ont mis en lumière le rôle clé joué par les cellules graisseuses dans la transformation dangereuse du mélanome et dans la formation rapide de métastases.

Mélanome : les cellules graisseuses jouent un rôle clé dans sa dangerosité damiangretka/iStock

  • Publié 25.07.2019 à 11h30
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Pourquoi les mélanomes, même lorsqu’ils semblent traitables, peuvent-ils si rapidement dégénérer en causant des métastases mortelles dans les organes vitaux ?

Jusqu’ici, les médecins peinaient à trouver une réponse à cette question. Selon de nouveaux travaux réalisés par des chercheurs de l’Université de Tel Aviv, en Israël, et publiés dans la revue Science Signaling, il apparaît que les cellules graisseuses participent à la transformation des cellules mélanomes, qui passent de cellules cancéreuses à croissance limitée de l'épiderme à des cellules métastatiques mortelles qui atteignent les organes vitaux des patients.

"Nous avons répondu à une question majeure qui préoccupe les scientifiques depuis des années", explique professeur Carmit Levy du Département de génétique humaine de l’Université de Tel Aviv. "Qu'est-ce qui fait que le mélanome change de forme, devenant agressif et violent ?", alors qu’il n’a pas encore pénétré le derme pour se propager à d’autres organes via les vaisseaux sanguins et qu’il est donc encore traitable ?

Une interaction entre les tumeur et les cellules graisseuses

Un mélanome est une tumeur maligne qui se développe à partir des mélanocytes, les cellules de l’épiderme, qui produisent le pigment colorant la peau, la mélanine. Enfermé dans la couche externe de la peau, l’épiderme, le mélanome reste traitable. Mais il peut devenir fatal lorsqu’il se "réveille" en envoyant des cellules cancéreuses dans les couches dermiques de la peau et en formant des métastases dans les organes vitaux. "Bloquer la transformation du mélanome est l'une des principales cibles de la recherche sur le cancer aujourd'hui, et nous savons maintenant que les cellules graisseuses sont impliquées dans ce changement", analyse le Pr Levy.

Pour mieux comprendre ce rôle joué par les cellules graisseuses, les chercheurs ont analysé des douzaines d'échantillons de biopsie prélevés sur des patients atteints de mélanome. Ils ont alors observé un phénomène suspect : la présence de cellules graisseuses près des sites tumoraux.

"Nous nous sommes demandé ce que les cellules graisseuses faisaient là et nous avons commencé à enquêter. Nous avons placé les cellules graisseuses sur une boîte de Pétri près des cellules de mélanome et suivi les interactions entre elles."

Les chercheurs ont observé que les cellules graisseuses transféraient des protéines appelées cytokines, qui affectent l'expression des gènes, aux cellules mélanomes. Ces cytokines ont pour effet de réduire l’expression d’un gène appelé miRNA211. Ce dernier doit normalement inhiber l’expression d’un récepteur de mélanome du TGF bêta, une protéine présente dans la peau. Lorsque son expression est réduite, "la tumeur absorbe une forte concentration de TGF bêta, ce qui stimule les cellules mélanomes et les rend agressives", explique le Pr Lévy.

L’espoir d’un possible traitement

Les chercheurs ont cependant trouvé un moyen de bloquer cette transformation en enlevant les cellules graisseuses du mélanome. "Les cellules cancéreuses se sont calmées et ont cessé de migrer."

Après avoir mené leurs premiers essais dans des boîtes de Pétri, les chercheurs ont poursuivi sur des modèles murins et ont obtenu des résultats similaires.

Ces recherches pourraient potentiellement aboutir à un médicament capable d’inhiber les cytokines et le TGF bêta. Des essais cliniques ont déjà été lancés en ce sens pour d’autres types de cancers, comme celui du pancréas, de la prostate ou de la vessie, mais jamais rien n’a été entrepris pour traiter le mélanome. "Nos découvertes peuvent servir de base à la mise au point de nouveaux médicaments pour stopper la propagation du mélanome - des thérapies qui existent déjà, mais qui n'ont jamais été utilisées à cette fin", conclut le professeur Levy. "À l'avenir, nous cherchons à collaborer avec les sociétés pharmaceutiques pour améliorer le développement de l'approche de prévention du mélanome métastatique."

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