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Histoire

La grippe espagnole n'aurait pas commencé en 1918

La grippe espagnole aurait commencé à frapper deux ans avant ce que l'on pensait jusqu'ici. Mais au lieu de mettre au point un vaccin, les autorités de l’époque auraient considéré la maladie comme une infection mineure.

La grippe espagnole n'aurait pas commencé en 1918 selvanegra / istock

  • Publié 26.05.2019 à 08h30
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La grippe espagnole aurait pu être évitée, selon une nouvelle étude. En effet, le virus se serait manifesté deux ans avant le début de la pandémie, sans être pris au sérieux par les autorités de l’époque.

La grippe espagnole est due à une souche (H1N1) particulièrement virulente et contagieuse de grippe qui s'est répandue officiellement de 1918 à 1919. Cette pandémie a fait 50 millions de morts selon l'Institut Pasteur, et jusqu'à 100 millions selon certaines réévaluations récentes, soit 2,5 à 5% de la population mondiale. Elle serait la pandémie la plus mortelle de l'histoire dans un laps de temps aussi court, devant les 34 millions de morts  de la peste noire. Les plus grandes pertes ont touché l'Inde (18,5 millions de morts), la Chine (4 à 9,5 millions de morts) et l'Europe (2,3 millions de morts).

Une infection mineure

Selon la recherche, la grippe aurait commencé à tuer des soldats à Etaples, en France, et à Aldershot, en Angleterre dès 1916. Huit gènes du virus auraient alors déjà émergé. Mais au lieu de mettre au point un vaccin, les autorités de l’époque auraient considéré la maladie comme une infection mineure.

"Nous avons identifié des foyers d'infection longtemps négligés : des foyers qui, jugés mineurs à l'époque, peuvent maintenant être considérés comme de plus en plus importants et comme un signe avant-coureur de la catastrophe à venir", explique le grand spécialiste de la grippe John S. Oxford, de l'Université Queen Mary de Londres.

"Le virus a dû muter" 

"Les recherches entreprises sur le foyer d'Etaples ont été particulièrement exhaustives quant à leur portée et à leur profondeur. Non seulement les examens médicaux habituels ont été faits à l’époque, mais un examen post-mortem de chaque soldat mort de la maladie a été effectué pendant une période de sept semaines au début de 1917", ajoute-t-il.

Le virus aurait commencé par toucher les oies, les canards et les cygnes, puis aurait été transmis aux soldats par les excréments des oiseaux aquatiques migrateurs. Ensuite, "le virus a dû muter. Il a acquis une capacité marquée à se propager", poursuit le professeur Oxford, dont les recherches visent à prévenir de nouvelles épidémies. "L’épidémie du début du XXe siècle pourrait facilement se répéter", avertit-il.

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