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QUESTION D'ACTU

Chez les personnes âgées

L’anesthésie générale pourrait accroître le risque de démence

L’anesthésie générale chez les personnes âgées  augmenterait l’apparition de démence. Une plus grande attention devrait être portée à la prise en charge postopératoire du sujet âgé.

L’anesthésie générale pourrait accroître le risque de démence SINTESI/SIPA

  • Publié 03.06.2013 à 07h10
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L’anesthésie générale au cours d’un acte chirurgical apparaît comme un facteur de risque de développement d’une démence chez la personne âgée, plusieurs années après l’intervention. C’est ce qu’ont constaté le Pr François Sztark, anesthésiste-réanimateur, Catherine Helmer, chercheur Inserm à l’Institut de santé publique d’épidémiologie et de développement de Bordeaux et les autres auteurs d’une étude qui vient d’être présentée au congrès de la Société européenne d’anesthésiologie (ESA) à Barcelone. Pour aboutir à ces résultats, les auteurs de l’étude se sont appuyées sur les données d’une cohorte, l’Etude des 3 citées, rassemblant des données sur plus de 9000 personnes âgées de 65 ans et plus.

L’anesthésie générale n’est pas un acte anodin, en particulier pour les personnes qui sont âgées et donc fragiles. Les progrès en anesthésie ont permis de réduire les événements indésirables postopératoires, mais l’âge reste associé à une fréquence plus élevée du risque de survenue d’événement clinique. Très difficile toutefois de dire s’il y existe un lien direct entre anesthésie générale pendant la chirurgie et survenue d’une démence, prévient le Pr Sztark.


Ecouter le Pr François Sztark
, chef du pôle anesthésie-réanimation du CHU de Bordeaux : « On montre un lien. C’est un indice comme quoi il faut faire attention chez le sujet âgé. »


La publication souligne qu’un suivi à long terme devrait être envisagé pour les patients âgés ayant subi un acte chirurgical sous anesthésie générale. Pour le Pr Olivier Langeron, anesthésiste-réanimateur, « ces résultats apportent une pierre de plus à l’édifice ».


Ecoutez le Pr Olivier Langeron
, du département anesthésie-réanimation à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) : « Il est important de prendre en compte ces résultats. L’environnement hospitalier, une anesthésie […],  sont possiblement délétères à moyen, long terme pour le patient. »



« Les professionnels de santé et les institutionnels doivent considérer ces résultats pour bien mesurer l’importance et les enjeux de la population qui vieillit », poursuit le Pr Langeron. Par exemple, il pourrait être préconisé « des techniques d’anesthésie loco-régionales, qui sont peut-être moins à risque de perturbations cérébrales », avance le Pr Sztark. Or, le patient étant actif dans le choix (lorsque cela est possible) de son anesthésie, c’est l’anesthésie générale qui est fréquemment préférée. « Nous essayons de faire changer les choses mais il y a beaucoup de préjugés quant à l’anesthésie loco-régionale », admet pour sa part le Pr Christophe Rabuel, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital Lariboisière (Paris).


Les professionnels de santé sont déjà bien au fait de l’importance de la prise en charge des personnes âgées juste après une opération. A l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) par exemple, dans le cadre de la fracture du col chez le sujet âgé, c’est « l’hôpital qui s’adapte au patient et non le patient qui essaye de s’adapter plus ou moins bien à l’hôpital », explique le Pr Langeron, qui fait également partie de l’Unité de surveillance post-interventionnelle et d’accueil des polytraumatisés de l’hôpital. En effet, une fois opéré, le patient est dirigé non pas en service de chirurgie ou aux urgences mais directement en gériatrie, afin que sa prise en charge soit optimisée.


Par ailleurs, les mécanismes qui pourraient expliquer le lien entre une chirurgie sous anesthésie générale et le risque de démence restent pour le moment hypothétiques. « Plusieurs études expérimentales suggèrent que certains anesthésiants pourraient favoriser la neuroinflammation et la formation de précurseurs de la maladie d’Alzheimer », rappelle l’étude. Le Pr Christophe Rabuel souligne à ce propos que l’éventualité d’un risque de démence augmenté dans le cas d’une chirurgie sous anesthésie générale pourrait relancer la recherche concernant de nouveaux produits d’anesthésie.

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