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Télé-services en santé : certains médecins continuent de résister

Si la plupart des médecins utilisent les télé-services de l'Assurance maladie depuis une dizaine d’années, certains continuent de refuser de les utiliser.

Télé-services en santé : certains médecins continuent de résister megaflopp

  • Publié 05.01.2019 à 13h00
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"Garantir aux assurés une prise en charge adaptée". Telle est la promesse de l’Assurance Maladie sur les services en ligne qu’elle développe à destination des professionnels de santé depuis 2011. Pourtant, si la majorité des médecins utilisent aujourd’hui ces services accessibles à tous, quelques irréductibles refusent encore de servir. Mais pourquoi donc ?

La gronde a commencé en 2014. Cette année là, le syndicat des généralistes MG France avait appelé les praticiens à cesser d’utiliser les télé-services pour réaliser des arrêts de travail. Car cela "permet à la CPAM de démultiplier ces manoeuvres de contrôle sur objectifs à l'encontre des médecins", expliquait-il alors sur son site internet. Les autorités accusant les médecins de distribuer à tort et à travers des arrêts de travail qui plombaient les finances françaises, "certaines caisses d'Assurance Maladie en ont profité pour lancer, sans aucune concertation, une vaste campagne de culpabilisation des seuls médecins généralistes au sujet de leurs prescriptions d’arrêts de travail", était-il notamment écrit.

C’est pourquoi, "le syndicat MG France rappelle qu’il recommande à chaque médecin concerné de refuser la procédure dite de "mise sous objectifs" et de se rapprocher de ses cadres départementaux dès réception du premier courrier. MG France demande à tous les médecins de France de cesser immédiatement l'utilisation du télé-service "arrêts maladie en ligne" qui permet à la CPAM de démultiplier ces manoeuvres aux frais du médecin", concluait le communiqué.

"C’est au patient de se débrouiller pour se faire rembourser"

Aujourd'hui encore, l'hostilité reste de mise chez certains. En mai 2018, des milliers de médecins refusaient toujours d’utiliser la carte Vitale, estimant ne pas avoir à faire le travail de l'Assurance Maladie à sa place. "Il faut laisser le médecin ne faire que de la médecine, le reste ce n'est pas son problème, c'est au patient de se débrouiller pour se faire rembourser", témoigne à l’AFP un gastro-entérologue parisien interrogé sur le sujet

"Je n’aime pas être fliqué et je n’ai jamais accepté une carte Vitale, qui transforme les médecins en salariés des caisses d'assurance, tout en poussant les patients à une surconsommation médicale du fait du non-paiement", renchérit un généraliste dans la Manche. "Si mes patients me disaient que c'est très ennuyeux, je m’alignerais. Mais ils ne critiquent pas et ne refusent pas de me payer directement", assure quant à elle une gynécologue en Côte d’Or, pratiquant depuis 40 ans.

"Il y a une frange de professionnels de santé qui estiment être trop proches de leur fin d'activité pour se lancer dans l'informatisation ou la télétransmission", analyse Pierre Peix, directeur délégué aux opérations de la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie). "Certains médecins sont frileux à utiliser ces télé-services, ils n’ont peut-être pas l’impression que ça va être un gain de temps", remarque de son côté le Docteur Elbaz, médecin généraliste à en région parisienne invité dans notre émission Télé-services en santé: pour mieux aider les patients, lui-même grand adepte des télé-services.

Que fait-on des données des médicales? 

Mais au-delà de l'aspect côté vieille école VS nouvelle école, se pose la question des données des patients. En effet, certains médecins méfiants s’interrogent sur qui fait quoi de ces informations une fois celles-ci transmises par Internet. Un banquier pourra-t-il avoir accès au diagnostic santé de son client et lui refuser un crédit ? "Toute la transmission est sécurisée, depuis le poste avec la carte de professionnel de santé jusqu’au serveur de l’Assurance Maladie. Deuxième élément, touts les traitements des données sont encadrés d’un point de vue réglementaire, en conformité avec la CNIL. Et enfin, chez nous, les personnes qui accèdent aux données sensibles sont habilitées dans les services médicaux. Tout le monde n’accède pas à tout, on est très vigilants", assure pourtant le Docteur Annika Dinis, directrice du programme Télé-services professionnels de Santé chez CNAMTS (Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés).

Enfin, parfois, ce sont des raisons pratiques qui empêchent certains médecins d’utiliser les télé-services. En effet, il arrive que des généralistes n’aient pas accès à certaines offres en raison de la disparité des régimes. Avec la MGEN par exemple, impossible de se servir des télé-services pour les arrêts maladie. "Au début, on avait des télé-services exclusivement adaptés au régime général et depuis quelques temps nous travaillons avec tous les régimes pour qu’ils offrent ces télé-services. Mais chaque régime doit faire des opérations techniques dans son informatique et bouleverser son organisation (...). Nous allons, dans les mois qui viennent, trouver des solutions pour que quand un médecin arrive sur un télé-service, il ne se pose plus la question de savoir s’il peut ou pas le faire pour tel ou tel patient", promet le Docteur Dinnis.

En attendant, c’est surtout la télé-consultation qui inquiète les médecins. Alors que cette dernière s’est généralisée en septembre sur l'ensemble du territoire français dans l’espoir de résoudre le problème des déserts médicaux, la Mutuelle d'assurance des professionnels de la santé a mené un sondage auprès des professionnels de santé pour avoir leur opinion sur la question. Résultat : 73% d’entre eux (dont 82% des généralistes) craignent une "déshumanisation du soin" progressive via ce système qui consiste à rencontrer un patient par le biais d’un ordinateur.

Voici l'intégralité de notre émission Télé-services en santé: pour mieux aider les patients

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