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Leishmaniose : les méthodes naturelles marchent et pourraient éviter le recours aux médicaments

Un flavonoïde naturel semble efficace pour traiter les formes cutanées de Leishmaniose. Un composé d'origine végétale qui devrait pouvoir s’appliquer aux leishmanioses cutanées retrouvées en France afin d'éviter les médicaments coûteux et à l’origine d’effets secondaires.

Leishmaniose : les méthodes naturelles marchent et pourraient éviter le recours aux médicaments Dr_Microbe/istock

  • Publié 07.12.2018 à 14h43
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Les options de traitement actuelles pour la leishmaniose, une maladie parasitaire fréquente, n’ont pas une efficacité optimale, elles sont coûteuses et sont responsable de l’apparition de résistances des parasites et d’effets secondaires.

Un flavonoïde naturel serait efficace pour traiter les infections à Leishmania amazonensis selon un travail publié dans PLOS Neglected Tropical Diseases.

Une maladie fréquente

La leishmaniose est endémique dans 98 pays et affecte plus de 350 millions de personnes dans le monde (et en France). Le traitement est possible avec un antimoine pentavalent, de l’amphotéricine B et une nouvelle molécule, la miltefosine, mais de nombreuses leishmania sont devenues résistantes aux traitements les plus anciens.

Les flavonoïdes, un groupe de composés naturels isolés à partir des fruits, des légumes, du vin et du café, sont des candidats prometteurs pour le traitement de la leishmaniose. La 2'-Hydroxyflavanone (2HF), appartenant à une classe de flavonoïdes présents dans les agrumes, est déjà à l’étude pour son utilisation en chimiothérapie anticancéreuse.

Efficacité d’un flavonoïde

Dans cette étude, Elmo Almeida-Amaral, de la Fondation Oswaldo Cruz, au Brésil, et ses collègues, ont étudié l'effet du flavonoïde 2HF sur les parasites Leishmania amazonensis résistant à l'antimoine, avant de tester l'efficacité de ce composé, in vivo, chez des souris infectées à Leishmania amazonensis.

Le flavonoïde 2HF stoppe la prolifération des deux souches testées de parasites Leishmania amazonensis, y compris pour la forme qui infecte les cellules humaines. De plus, le flavonoïde 2HF réduit le nombre total de parasites chez les souris infectées et réduit la taille des lésions causées par la forme cutanée de la leishmaniose. Aucun effet secondaire n'a été observé chez les souris traitées.

Un parasite qui existe en France

Les leishmanioses sont des infections parasitaires provoquant des maladies cutanées ou profondes (viscérales) très invalidantes, voire mortelles si elles ne sont pas traitées. Elles sont dues à différents parasites du genre Leishmania, transmis par la piqûre d’insectes communément appelés « phlébotomes ».

En France métropolitaine, la leishmaniose, notamment la leishmaniose viscérale, est présente dans les départements méditerranéens (Pyrénées Orientales, Cévennes, Provence, Côte d’Azur et Corse) où l’espèce incriminée est Leishmania infantum, également responsable de la maladie chez les chiens.

Gravité des atteintes viscérales

Les leishmanioses peuvent donner deux catégories de maladies :

La leishmaniose cutanée, le plus souvent bénigne, se caractérise par des lésions ulcérées ou ulcéro-croûteuses, parfois très nombreuses. Ces ulcères sont localisées sur les parties découvertes du corps et guérissent en général spontanément, mais en laissant des cicatrices. Selon l’espèce infectante la leishmaniose cutanée peut évoluer vers une forme cutanéo-muqueuse ou cutanée diffuse.

La leishmaniose viscérale, la forme la plus grave. Elle se manifeste par de la fièvre, de l’anémie, un amaigrissement, un gonflement du foie et de la rate et des ganglions lymphatiques. Elle est mortelle en l’absence de traitement.

« Considérant que le flavonoïde 2HF réduit la taille de la lésion de la peau et la charge parasitaire sans compromettre la santé globale des souris infectées, nous suggérons que ce composé soit un candidat potentiel pour le traitement de la leishmaniose cutanée », déclarent les chercheurs. « Des études devraient être menées pour déterminer la dose idéale et le schéma thérapeutique ».

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