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Histoire vraie

Allergique à l'hiver, une Canadienne raconte son calvaire

Au Canada, une jeune femme de 21 ans souffre d'urticaire au froid et ne peut pratiquement pas sortir de chez elle en hiver. En été, les glaçons, la climatisation ou l'eau froide la mettent également en danger. Récit.  

Allergique à l'hiver, une Canadienne raconte son calvaire Tamara Dragovic /istock

  • Publié 05.12.2018 à 11h19
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Surprenant, mais vrai. Arianna Kent, une jeune Canadienne de 21 ans originaire d’Alberta, est allergique à l'hiver et risque sa vie chaque fois que la saison arrive. Atteinte d'une forme d'urticaire rare provoqué par le froid, elle souffre régulièrement de symptômes tellement violents qu'elle peut être hospitalisée jusqu'à trois fois par mois. Un cauchemar pour cette jeune fille née dans l'une des régions les plus froides du monde en hiver (jusqu'à -40°C).

"Je peux subir un choc anaphylactique complet"

"Le froid provoque des brûlures et des démangeaisons sur la peau. Pour ma gorge, c’est comme de l’asthme. On inhale plus fort et on a du mal à respirer. C’est comme si quelque chose était assis sur votre poitrine, la rendant plus étroite et plus lourde, explique-t-elle au journal Metro. Je peux subir un choc anaphylactique complet, alors je dois avoir recours à un EpiPen. C'est terrifiant de savoir que si je me trouve dans une zone sans accès à une assistance médicale et que ma gorge se ferme, je pourrais courir un risque sérieux".

Arianna est donc obligée d'être au chaud en permanence, emmitouflée sous plusieurs couches de vêtements ou de couvertures. Le simple fait de marcher jusqu'à sa voiture en hiver peut lui être fatal si le trajet excède 5 minutes. De même qu'une exposition prolongée au froid de son frigo.

L'été, sa clim et ses glaçons

En été, les symptômes peuvent également se manifester, toujours à cause du froid. "La climatisation est terrible et n’est pas non plus mon amie. Même si je tenais une boisson avec des glaçons, je sentirais mes doigts enfler après. Je peux le sentir dans la gorge si je bois quelque chose de froid. C'est serré et tendu. C'est pareil si je mange de la glace. Je peux éviter de boire un verre ou d’aller dans une piscine froide, mais on ne sait jamais quand il va commencer à pleuvoir ou s'il fait froid dehors. Ce n'est pas moi qui le contrôle", raconte-t-elle. 

La jeune femme a ressenti les premiers symptômes de cette allergie rare à l'âge de 14 ans alors qu'elle dégageait de la neige avec une pelle. Pensant d'abord à une allergie alimentaire, elle comprend deux ans plus tard que c'est finalement le froid qu'elle ne supporte pas. Depuis, elle a adopté les habitudes qu'il fallait pour réduire son nombre d'hospitalisations mensuelles. Mais le cas d'Arianna reste rare et étrange pour les médecins, comme pour son entourage. "Les gens pensent que c'est une blague. Souvent, les gens ne me croient pas et ne savent pas que c'est une vraie allergie".

Que savons-nous de l'urticaire au froid ?

Que dit la littérature au sujet de cette allergie ? Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), "l'urticaire aiguë (...) peut aussi être déclenchée par des agents physiques et chimiques - activité cholinergique, lumière solaire, pression localisée, chaleur ou froid. Cependant, dans plus de 95% des cas, il est impossible de trouver la cause exogène". Reconnaissant donc officiellement que le froid peut déclencher une allergie, elle explique que "l'urticaire au froid se caractérise par un prurit, un érythème et un œdème locaux qui apparaissent rapidement en réaction au froid. Pour les sujets prédisposés, le fait de plonger dans de l'eau froide comporte un risque de choc, de perte de conscience et même de décès par noyade".

Selon la Société française de dermatologie, l'urticaire au froid "touche logiquement les zones du corps les plus exposées aux intempéries, comme le visage et les membres". Les données officielles concernant le nombre de cas dans le monde varient d'une source à une autre. Autrement dit, nous savons que l'urticaire au froid existe mais aucune statistique officielle n'a été réalisée sur le nombre de patients concernés. Et comme pour beaucoup de maladies rares, aucun traitement médicamenteux n'existe. Il est seulement recommandé de se couvrir chaudement, de limiter ses déplacements dans le froid et ne pas manger ou boire glacé. 

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