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QUESTION D'ACTU

Horloge biologique

Comment la météo pèse sur notre santé

La météo de ce mois de mai est bien capricieuse. Une situation qui n'est pas sans conséquence sur notre horloge biologique. Un spécialiste remet les pendules à l'heure.

Comment la météo pèse sur notre santé YAGHOBZADEH

  • Publié 26.05.2013 à 19h36
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Que l’on soit d’humeur « printanière » ou que l’on ait le moral « au beau fixe », notre vocabulaire associe volontiers la météo et les émotions. Pourtant, ce n’est que depuis peu que la recherche médicale s’intéresse à la question, et cela n’a rien à voir avec le printemps maussade que nous subissons.

Bien que de nombreuses personnes affirment se sentir mieux lorsque le soleil brille, la communauté scientifique a longtemps estimé que ce jugement s’expliquait par un effet placebo : persuadés que le soleil nous est bénéfiques, nous nous sentons mieux rien qu’en le voyant… Sauf que cette méthode Coué a un rôle bien plus modéré que prévu : plus les recherches progressent, plus elles mettent en évidence les effets directs de la météo sur notre organisme.

Le plus important d’entre eux est le dérèglement de notre horloge biologique, un ensemble de zones cérébrales impliquées dans diverses fonctions physiologiques. Et la principale responsable de ce dérèglement, c’est la lumière, ou plutôt le manque de lumière. Lorsque l’hiver fait des heures supplémentaires, la luminosité diminue en intensité, ce qui désynchronise l’horloge interne et affecte le corps tout entier.

Ecoutez Claude Gronfier, chercheur au laboratoire de chronobiologie de Lyon : « Les symptômes liés à la désynchronisation sont extrêmement nombreux. » 




Troubles du sommeil, du métabolisme, voire des cancers…La liste est longue. Privés de soleil, les personnels travaillant de nuit ou en souterrain sont les plus exposés. Mais cela n’empêche pas de subir ces troubles de manière passagère, notamment lorsque s’installe le mauvais temps. Une telle variété d’effets s’explique par le rôle de l’horloge interne. Elle régule le rythme de plus de 150 fonctions biologiques. C’est elle qui gouverne par exemple les rythmes du sommeil, de la température corporelle ou du cœur.

Ecoutez Claude Gronfier : « L’horloge biologique, c’est le chef d’orchestre de l’organisme. »



Mais dérégler notre horloge nous met aussi le moral à zéro. Certaines cellules spécialisées de l’œil sont directement connectées aux zones cérébrales de l’horloge biologique ainsi qu’à d’autres régulant l’humeur et les émotions, telles que l’amygdale et l’hypothalamus. Quand la lumière abonde, ces cellules sont stimulées et tout est parfaitement orchestré par notre horloge. Mais en cas de baisse de luminosité, ces zones cérébrales sont déréglées et nous sapent le moral.

Et ce n’est pas qu’une question d’intensité, la nature de la lumière rentrant également en ligne de compte. Alors qu’elles sont très sensibles à la lumière bleue, comme celle d'un beau ciel estival, elles sont au contraire beaucoup moins excitées par la lumière grise, comme lorsque le ciel est nuageux. Ce sont ces mécanismes qui sont parfois à l’origine des dépressions saisonnières, ces déprimes passagères qui frappent les personnes sensibles durant l’hiver…ou pendant un printemps bien gris.

Alors que faire, si ce n’est lever un poing rageur mais résigné vers le ciel ? Les patients souffrant réellement de dépression saisonnière se tourneront vers la luminothérapie (ou photothérapie), un traitement psychiatrique consistant à exposer les yeux à une lumière proche de celle du soleil. Pour les autres, il ne reste plus qu’à prendre son mal en patience. Car comme le dit l’adage, après la pluie, le beau temps.

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