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QUESTION D'ACTU

Maladie potentiellement mortelle

Ours : des éleveurs craignent l'arrivée d'une maladie mortelle pour l'homme

Le Syndicat Ovin de l'Ariège a décidé de déposer un recours devant le tribunal de Paris pour contester l'importation de deux ourses slovènes dans la région. Il craint notamment que ces deux animaux ne propagent l'encéphalite à tiques, une maladie rare et potentiellement mortelle pour l'homme. 

Ours : des éleveurs craignent l'arrivée d'une maladie mortelle pour l'homme gabort71/iStock

  • Publié 12.10.2018 à 14h00
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Inquiétude en Ariège. Dans un communiqué officiel adressé jeudi 11 octobre, le Syndicat Ovin du département (SOA) a annoncé qu’il allait déposer un recours devant le tribunal de Paris pour contester l’arrêté ministériel autorisant la réintroduction de deux ourses slovènes dans le Béarn le 5 octobre, rapporte le quotidien régional La Dépêche. Car il craint, outre la mise en danger des troupeaux, l’importation d’une maladie rare et potentiellement mortelle pour l’homme: l’encéphalite à tiques.

Et pour cause : le volet sanitaire de l’arrêté ministériel du 29 août publié au Bulletin officiel du ministère de la Transition écologique et solidaire "fait état de la présence endémique en Slovénie de la TBE, ou en encéphalite à tiques, maladie à vecteur transmise par les tiques à l'ensemble de la faune sauvage et à l'homme. Cette maladie incurable, potentiellement mortelle pour l'homme, est diagnostiquée par centaine de cas chaque année en Slovénie. L'étude sanitaire concernant la TBE dans le cadre du processus de réintroduction conclut à un risque modéré, donc non nul, d'importation de cette maladie dans le milieu naturel pyrénéen qui en est indemne", explique le SOA qui prend actuellement des contacts avec d’autres fédérations pour leur proposer de s’associer au recours.

"On a décidé de déposer une requête au tribunal de Paris en annulation avec un référé de suspension qui rendra l’application plus rapide si jamais on obtient gain de cause. Si on y arrive, le gouvernement aura l’obligation de récupérer ses ourses via les balises de détection qu’elles ont autour du cou", précise Franck Watts, trésorier du SOA, à Pourquoi Docteur. "Cette maladie n’est pas curable, elle est asymptomatique chez les ours qui peuvent la transmettre aux tiques et refiler ainsi le virus à la faune sauvage et la population locale", s’alarme-t-il. Et de s’insurger : "L’ONCFS (Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage) s’inquiète des risques pour ses propres agents : ils précaunisent de déparasiter les ourses capturées et de vacciner au préalable ses agents qui s'occupent des animaux mais il semblerait que le risque face à la population locale pèse bien peu. Risque comme "modéré à faible" donc en conclusion "risque négligeable", donc on en parle pas. Espérons que notre référé mette la pression".  

Colère contre l’Etat et les "écologistes"

Les deux ourses, Claverina ("l'héritière, celle qui détient les clés" en béarnais) et Sortia ("petite soeur" en béarnais), ont été lâchées dans les Pyrénées le 5 octobre, avait alors annoncé François de Rugy, ministre de la Transition écologique, avec grand enthousiasme sur Twitter. La première, âgée de 7 ans, pèse 140 kg tandis que la seconde, 6 ans, pèse 150 kg. Les deux sont enceintes et donneront naissance à des oursons en 2019, autre source de colère et d’inquiétude pour de nombreux locaux.

Ce n’est pas la première fois que des habitants du coin s’alarment du risque d’encéphalite à tiques en raison de l'importation d'ours de Slovénie dans les Pyrénées. Sur son site, Pyrénées-Pyrénéeus, une plateforme dédiée à la région accuse "l’Etat français d’avoir volontairement importé cette maladie jusque-là inconnue dans les Pyrénées et en Espagne". "Alors que les Pyrénées étaient, avant l'importation d'ours de Slovénie une région préservée et saine, de même pour l'Espagne, la folie des hommes qui se disent "écologistes" et protecteurs de l'environnement nous conduit à prendre des précautions sanitaires jusque-là inconnues", est-il également écrit.

Car en règle générale, l’encéphalite à tiques est beaucoup plus fréquente à l’Est qu’à l’Ouest. En France, c’est l’Alsace qui est la plus touchée, suivie de la Lorraine. Quelques cas ont toutefois été observés dans le passé dans d’autres régions, notamment dans le Sud-Ouest (Bordeaux), en Haute-Savoie (Faverges, Grenoble) et en Aquitaine. Outre la France, la maladie sévit dans la région de Vladivostok en Russie, dans le Nord-Est de la Chine, en Suède, en Finlande, en Italie, en Grèce, dans le Sud de la Crimée et dans le Nord du Japon. Environ 158 000 cas ont été répertoriés entre 1990 et 2007, dont les deux tiers en Russie.

Un taux de mortalité qui varie de 0,5% à 35%

Comme l’indique son nom, l’encéphalite à tiques est transmise par la morsure d’une tique infectée par un arbovirus, surtout au printemps et à l’automne. Après une incubation d’une à deux semaines, la maladie débute brutalement comme une grippe. Le malade souffrira de fièvre, de maux de tête et de frissons. Apparaissent ensuite chez certaines personnes (dans 20 à 30% des cas), des symptômes dus à des problèmes neurologiques : de la prostration ou au contraire une forte agitation, de la somnolence, des délires, des troubles du tonus et des muscles et des pertes d’équilibre.

Il n’existe aucun médicament antiviral spécifique contre cette maladie. Le traitement, qui peut être complété par des corticoïdes, vise uniquement à soulager les symptômes. Deux semaines de repos au lit peuvent également être conseillées.  

Selon le sous-type de virus, son taux de mortalité varie de 0,5% à 35% et jusqu’à un tiers des malades peuvent garder des séquelles neurologiques plus ou moins importantes à long terme de type céphalées, troubles de l’audition et de la déglutition ou encore troubles de la mémoire.

C’est pourquoi les autorités sanitaires recommandent vivement aux personnes vivant dans des régions endémiques de prendre des mesures préventives. Outre la vaccination, il s’agit de se protéger par le port de vêtements longs et protecteurs lors d’une balade en forêt, l’utilisation de répulsifs cutanées et l’extraction rapide mais soigneuse des tiques après morsure. De manière générale, si vous avez passé du temps dans la forêt ou en camping, pensez à inspecter minutieusement votre peau ou celles de vos enfants, surtout au niveau des aisselle, des parties génitales, du creux des genoux ainsi que de la tête et de la nuque.

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