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Avancée médicale

Cancer du sein : reconstruire le sein en se servant de la graisse de la patiente

Reconstruire un sein après un cancer avec une greffe de graisse de la patiente n'augmenterait en rien le risque de rechute, contrairement aux craintes de nombreux spécialistes. Une bonne nouvelle pour l'après cancer.

Cancer du sein : reconstruire le sein en se servant de la graisse de la patiente Pradit_Ph/iStock

  • Publié 11.10.2018 à 14h54
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Cela fait plusieurs années que la science fait débat sur la meilleure manière de reconstruire un sein après un cancer. Car si la technique qui consiste à greffer la propre graisse d’une patiente est très attirante sur bien des aspects, de nombreux spécialistes avaient peur qu’elle puisse engendrer un risque de rechute. Toutefois, d’après une récente étude néerlandaise parue mercredi 10 octobre dans la revue JAMA Network, le lipodemalage est sans risque.

Dans cette étude, Todor Krastev, de l’Université de Maastricht, et ses collègues ont suivi 587 femmes qui avaient souffert d’un cancer du sein. La moitié d’entre elles avaient ensuite subi un lipomodelage et l’autre une reconstruction classique. Après cinq ans de suivi, les chercheurs n’ont observé aucune différence significative entre les deux groupes de femmes. Ils en ont donc conclu que la greffe de graisse n’était pas associée à un risque de rechute.

"L’essence de cette technique est d’injecter la graisse (de l’abdomen, des genoux, des hanches et des cuisses) de la patiente liposucée dans la difformité de son tissu. Ce n’est quasiment pas invasif et la nature autologue de cette procédure la rend très attractive. Ces dernières années, des études ont rapporté des résultats cliniques encourageants, les patients et les chirurgiens étant tous satisfaits. En plus de reconstruire le sein, cette technique a été prouvée pour améliorer l’apparence des cicatrices, soulager la douleur et même aider la régénération des tissus après la radiothérapie", note l’étude.

Peur de placer des cellules régénératives à l’endroit d’une ancienne tumeur

Toutefois, malgré des bénéfices cliniques des propriétés régénératives certains, de nombreux médecins hésitent encore à utiliser la technique de transfert de graisse par "peur que cela puisse interférer avec l’imagerie du cancer du sein et de placer intentionnellement des cellules régénératives à l’endroit d’une ancienne tumeur et que cela puisse augmenter le risque de récidive", explique l’étude dont les résultats prouvent qu’il y n’y a pourtant aucun risque. Malgré tout, pour "fournir une preuve définitive sur le sujet, les données oncologiques de plusieurs études devraient être regroupées", concluent les chercheurs.

Le cancer du sein est le cancer le plus diagnostiqué au monde chez les femmes. Une femme sur huit sera atteinte du cancer du sein au cours de sa vie et une femme sur 27 en mourra. Malgré tout, le taux de mortalité continue de diminuer grâce à l’amélioration des techniques de dépistage, de diagnostic et de traitement. Le plus souvent, la maladie apparaît après 50 ans. Cinq ans après le diagnostic, le taux de survie varie de 80% à 90%, selon l’âge et le type de cancer.

Le diagnostic personnalisé

Afin d’améliorer le dépistage personnalisé, à partir du 1erdécembre, une étude à grande échelle du nom de MyPeBS" ("personalising breast screening") va être lancée en Europe. Pendant 6 ans, 20 000 volontaires vont être mobilisées en France, 30 000 en Italie, 15 000 en Israël, 10 000 en Belgique et 10 000 au Royaume-Uni. Les femmes seront recrutées en deux groupes au hasard. Le premier suivra un dépistage habituel. Le second sera dépisté en fonction de trois niveaux de risque : "très faible" (moins de 1% de risque de développer un cancer du sein dans les 5 ans), "moyen" (3%) et "élevé" (6%). 

"Actuellement, le dépistage personnalisé n’existe pas, sauf dans quelques rares situations de femmes qui ont un très haut risque génétique de cancer. Ce type de dépistage vise à estimer le risque de chaque personne de développer un cancer dans les années à venir. Si le risque est élevé, la patiente devra faire plus d’examens, plus rapprochés dans le temps. A l’inverse, si le risque est faible, on pourra faire moins de dépistage", expliquait à Pourquoi Docteur début octobre Suzette Delaloge cordinatrice de MyPeBS et oncologue à l’hôpital Gustave Roussy. 

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