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QUESTION D'ACTU

Journée mondiale de la maladie d'Alzheimer

Qu'appelle-t-on démence ?

Depuis l’ « anosognosie » du président Chirac, le public a découvert le langage ésotérique des neurologues. Le terme de démence résume pourtant l’ensemble de ces maladies qui terrorisent notre monde vieillissant

Qu'appelle-t-on démence ? IStock/SIphotography

  • Publié 22.09.2018 à 08h45
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Reviennent souvent dans le langage des médecins les termes de "démence mixte" et "de maladie d’Alzheimer à un stade modérément sévère". Une façon de reconnaître la nature du mal. Pas son origine. Autrefois la réalité était plus crue : on parlait de gâtisme, rangeant ainsi tous les désordres de la mémoire dans le même tiroir « fourretout » de la vieillesse. Le médicalement correct préfère aujourd’hui parler de "démence", oubliant qu’il y a, épinglé à ce terme dans le langage courant, la notion de folie furieuse, qui n’a rien à voir avec l’installation progressive et souvent paisible de la maladie.

Réduction inéluctable des fonctions cérébrales

Toutefois, quelle que soit l’étiquette accrochée à l’ensemble de ces symptômes, on assiste impuissant, à une réduction des fonction cérébrales, langage, attention et surtout mémoire, qui vont retentir sur la vie et aboutir à une perte d’autonomie. Ce ne sont que les causes qui différencient le diagnostic : dans l’Alzheimer, une sorte de glue paralyse les connexions à l’intérieur du cerveau. Dans les démences vasculaires, les vaisseaux sanguins, qui aliment ce cerveau, se rétrécissent, probablement à cause de l’athérosclérose. On parle d’accident vasculaire lorsque le processus est brutal, de démence vasculaire lorsqu’il est progressif.

Traiter en fonction des causes

Cette recherche des causes revêt  une importance considérable pour ne pas passer à côté d’une autre maladie qui simule cet état de démence. Rien ne ressemble plus à un dépressif sévère qu’une démence en cours d’installation. La lente descente de l’alcoolisme donne aussi des symptômes similaires. L’étiquetage d’un médecin pressé peut-être dramatique parce que dans un cas – la dépression - le traitement est efficace et définitif ; dans l’autre –l’Alzheimer - on peut, au mieux, retarder l’apparition de la maladie de quelques mois.

Au delà des erreurs diagnostics, la médecine se doit d’être précise.  Dépister tôt, pas pour donner des médicaments qui retardent (un peu) l’entrée dans la maladie, mais qui curieusement viennent d’être déremboursés alors qu’il n’y a aucune alternative, ou tout simplement offrir un droit … Celui de savoir, celui de ne pas perdre de temps pour réaliser un dernier rêve, avoir une dernière conversation de fond, celui de transmettre. Et puis, quelques mois de gagnés à cette période de la vie… c’est l’éternité.

Faire le diagnostic le plus tôt possible

Il n'existe pas  de test imparable permettant d’affirmer avec certitude le diagnostic. La raison pour laquelle les médecins,  même lorsqu’ils sont quasiment certains, parlent de « maladie d'Alzheimer probable » ou de « démence mixte ». En cas de démence, ce sont les  modifications de quelques détails de la vie quotidienne qui vont alerter l’entourage et permettre ce dépistage. Le médecin de famille pourra, alors, s’aider d’une consultation dans un centre spécialisé dans la mémoire, et  rassurer tous ceux qui – mal informés – s’inquiètent, à la cinquantaine, devant la perte d’un trousseau de clés ou l’oubli d’un rendez-vous. Il existe deux raisons bien distinctes d’expliquer ces actes involontaires.

La plus logique est, incontestablement, le manque d’attention qui ne permet donc pas de se souvenir. Un petit effort de concentration permet facilement de reconstituer l’histoire. Dans la maladie d’Alzheimer, en revanche, il existe un mécanisme, aujourd’hui inconnu, qui empêche à la mémoire de s’imprimer sur notre disque dur qui pourtant, fonctionne parfaitement bien.

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