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CHU d'Angers

Cancer du rein, la stratégie gagnante : à Angers, deux médecins inventent un traitement révolutionnaire

En 2015, deux médecins du CHU d'Angers ont mis au point une technique révolutionnaire pour traiter le cancer du rein. Aujourd'hui, une centaine de patients a été opérée avec succès. 

Cancer du rein, la stratégie gagnante : à Angers, deux médecins inventent un traitement révolutionnaire Davizro/Istock

  • Publié 19.09.2018 à 12h30
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Une technique révolutionnaire dans le traitement du cancer du rein. A l’occasion d’une réunion d’information sur le sujet au CHU d’Angers, des patients soignés par le Dr Antoine Bouvier et le Pr Pierre Bigot de cet hôpital ont témoigné de leur expérience, annonce Le Courrier de l'Ouest. Depuis 2015, le radiologue interventionnel et l’urologue s’associent pour guérir les malades atteints d’une tumeur rénale et jusque-là les résultats sont spectaculaires. Il y a trois ans, leur technique d’ablation qui réduit les pertes sanguines, les douleurs post-opératoires et la durée d’hospitalisation avait été présentée à la presse comme une première mondiale.

Une solution thérapeutique révolutionnaire à l’échelle mondiale

Quand un patient souffre d’un cancer du rein, il faut lui retirer au moins une partie de cet organe. Cette opération est longue, trois à quatre heures, et entraîne souvent des complications hémorragiques. En effet, pour limiter l’afflux de sang alors qu’il retire une partie du rein, le chirurgien clape l’artère reliée au rein en pinçant le vaisseau sanguin qui alimente l’organe. Or cette interruption engendre parfois des anomalies définitives de la fonction rénale. Une fois la tumeur retirée, le spécialiste suture les petits vaisseaux lors d’une chirurgie à ciel ouvert. Pour venir à bout de ce problème, le Dr Antoine Bouvier et le Pr Pierre Bigot ont mis au point une solution thérapeutique révolutionnaire à l’échelle mondiale.

Avant l’ablation de la tumeur, le radiologue interventionnel cathétérise l’artère rénale puis embolise de l’intérieur les vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur en respectant les autres. Le reste du rein continue donc d’être vascularisé et ainsi, le chirurgien peut prélever l’organe de façon optimale, en maîtrisant le risque hémorragique. "Cette technique a été rendue possible grâce à la salle hybride du CHU d’Angers et à sa très haute qualité d’imagerie", se félicite l’hôpital sur son site internet.

"La durée d’hospitalisation s’approche de celle de la robotique"

En effet, ce sont des images radiologiques 3D qui permettent au Dr Antoine Bouvier d’effectuer une cartographie artérielle du rein et un repérage optimal de la tumeur. Ainsi, les pertes sanguines sont diminuées et les douleurs post-opératoires bien plus légères. Par ailleurs, la durée d’intervention est passée de trois-quatre heures à une heure seulement.

Jusqu’ici, une centaine de patients ont déjà bénéficié de cette technique novatrice et ont pu sortir après trois ou quatre jours après avoir été opérés sans aucune complications hémorragiques, assure le CHU d’Angers. "La durée d’hospitalisation s’approche de celle de la robotique avec 3,8 jours en moyenne", expliquaient les Dr Bouvier et Bigot lors d’une conférence sur le sujet l’année dernière. "Nous pensons que cette nouvelle approche de la chirurgie partielle pourrait devenir standard et apporte une amélioration de la sécurité pour les patients en conservant de bons résultats ontologiques", concluaient-ils.

En France, 12 000 tumeurs rénales sont diagnostiquées tous les ans. La maladie représente 3% de l’ensemble des cancers et touche deux fois plus d’hommes que de femmes. Plus de la moitié des cas sont diagnostiqués de par hasard sur une imagerie abdominale. A ce moment- là, le patient a en moyenne 65 ans. Le cancer du rein est associé au tabagisme, au surpoids et à l'obésité ou encore à un traitement par dialyse à long terme.

 

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