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QUESTION D'ACTU

Suppression du concours de première année

Études de médecine : le gouvernement veut en finir avec le numerus clausus

Le gouvernement veut réformer le numerus clausus et le concours en fin de première année, qui, depuis 1971, visent à limiter le nombre de médecins sur le territoire. 

Études de médecine : le gouvernement veut en finir avec le numerus clausus monkeybusinessimages / stock

  • Publié 05.09.2018 à 18h40
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"Tu connais la différence entre un étudiant en médecine et un étudiant en prépa ? Demande-leur d’apprendre le botin par cœur. L’étudiant en prépa va te répondre : pourquoi ? L’étudiant en médecine va te répondre : pour quand ?". La blague qui illustre la bande-annonce du nouveau film de Thomas Lilti, Première année, résume bien l’une des motivations du gouvernement à supprimer le numerus clausus. Ses leaders l'ont dit à plusieurs reprises : tout ce bachotage ne fait pas forcément ensuite de bons médecins. 

"Des réformes structurelles, mais qui prendront du temps, seront prises pour rouvrir les numerus clausus qui ont construit cette rareté du personnel médical sur les territoires", déclarait également Emmanuel Macron en juillet 2017, reprenant une de ses promesses de campagne.

Des partiels classiques

Selon France-Info, le fameux concours en fin de première année, tel qu'il existe actuellement, serait donc remplacé par des partiels classiques. Pour la suite, le gouvernement n’a pas encore tranché. Première option : laisser les universités libres de former autant de médecins qu’elles le souhaitent, pariant sur une auto-régulation des fluxs d’étudiants via la taille des amphithéâtres et les stages.

Deuxième option : garder une forme de sélection en troisième année, avec éventuellement un concours. Là, les étudiants recalés auraient la possibilité de s’orienter vers d’autres professions de santé, ne perdant ainsi pas le fruit de leurs efforts. "On connaît tous des cas autour de nous d’étudiants, souvent méritants, qui après deux échecs, se retrouvent sans rien. Certains, en général les plus aisés, vont se former ailleurs en Europe. Pour les autres, la sanction est très brutale", analysait en février dernier le Premier ministre Edouard Philippe.

Actuellement, le numerus clausus est un concours ultra-sélectif, basé essentiellement sur du par-cœur, qui vise à limiter le nombre de médecins en France. En 2017, sur les près de 60 000 candidats, seulement 8 200 ont été reçus en médecine l'an dernier, soit à peine 15% des participants (un candidat sur sept). De ce fait, beaucoup d’étudiants redoublent, voire cubent, et se payent des prépas privées en parallèle, créant de fait un concours qui favorisent les plus riches d’entre eux.

"Il faut aller beaucoup plus loin"

Instauré en 1971, le numérus clausus, qui était de 8 671 en 1977, a été par la suite drastiquement diminué pour atteindre seulement 3 500 en 1993. Depuis, les gouvernements successifs ont progressivement relevé le numérus clausus, qui a retrouvé le niveau des années 70 ces dernières années. 

Pour la CSMF, l’intention du gouvernement est bonne mais ne vas pas assez loin. "Oui, il faut réformer l’accès aux études de médecine, tout en conservant un mode de sélection en adéquation aux besoins futurs en médecins. Mais il faut aller beaucoup plus loin et réformer l’ensemble des études médicales, tant le premier que le deuxième cycle, pour assouplir les parcours des étudiants et ouvrir des possibilités de carrières différentes. Cela passe notamment par un enseignement diversifié (y compris des humanités et du management), le développement des stages de formation en pratique de ville…", explique le syndicat.

4 étudiants sur 10 boivent trop d’alcool

Mieux préserver les étudiants du stress et de futurs burn-out serait aussi une bonne chose. Une récente étude menée auprès de 35 universités de médecine françaises indique que 19% des étudiant prennent de l’ecstasy, 11,5% e de la cocaïne et 11% des champignons hallucinogènes. 4 étudiants sur 10 boivent également trop d’alcool, le tout bien souvent mélangé aux anxiolytiques.

"Les étudiants cherchent à la fois à diminuer leur angoisse et leur stress avant les examens, mais aussi à tenir le rythme des gardes à l’hôpital. Cela vient d’un désir de performance", explique le Dr Guillaume Fond, psychiatre et directeur de l’étude. "Ils commencent leur consommation sans prendre en compte le risque d’addictions, de sevrage et de dépression. Pourtant, plus on consomme, moins les résultats sont bons à la fin", déplore-t-il. Avant l'été, la suppression des examens classant en fin de sixième année a été mise en place.

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