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Avancée médicale

Fertilité : des ovaires artificiels pour aider les femmes à avoir des enfants après un cancer

Au Danemark, des chercheurs sont parvenus à créer des ovaires artificiels grâce à une imprimante 3D afin de permettre à des femmes, dont la fertilité aurait été endommagée par un traitement lourd, d'avoir des enfants. 

Fertilité : des ovaires artificiels pour aider les femmes à avoir des enfants après un cancer magicmine / istock

  • Publié 04.07.2018 à 14h23
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Des chercheurs de l'hôpital Rigshospitalet de Copenhague, au Danemark, ont mis au point des ovaires artificiels pour permettre aux femmes d'avoir des enfants après un traitement contre le cancer ou autres thérapies nuisant à la fertilité (ménopause précoce, sclérose en plaques, bêta-thalassémie...). Fabriqués grâce à une imprimante 3D, ces ovaires seraient capables de maintenir des œufs humains en vie pendant plusieurs semaines. Une avancée majeure vers la guérison de l'infertilité. En mai 2017, des chercheurs américains expliquaient dans Nature Communications que "les technologies actuelles, dont la fertilisation in vitro, les traitements hormonaux et les greffes d’ovaires, n’apportent pas de solutions à long terme et laissent les patients (notamment les jeunes filles) sans option".

Actuellement, nombre de patientes font congeler leurs tissus ovariens avant de suivre leur traitement, qu'elles font réimplanter après leur guérison. "Plus de 30 enfants" sont nés après une congélation de tissus ovariens dans le monde selon les chiffres du Centre de la reproduction humaine (CRG). Mais si la pratique est sûre, elle comporte des risques : en cas de cancer lourd, comme celui des ovaires ou d'une leucémie par exemple, il est possible que des cellules cancéreuses aient envahi les tissus ovariens prélevés et qu'elles soient, de fait, réimplantées dans le corps. La maladie peut donc réapparaître. 

958 follicules prélevés chez 286 femmes

En partant de ce constat, les chercheurs ont mis au point des ovaires artificiels, une meilleure alternative à l'infertilité provoquée par certains traitements lourds selon eux. Pour cela, ils ont dépouillé le tissu ovarien de toutes ses cellules, y compris des cellules cancéreuses cachées, laissant un tissu nu fait en grande partie de collagène. Ils l'ont ensuite ensemencé avec des centaines de follicules, des cellules contenant l'ovocyte qui est relâché pendant l'ovulation. 

Au total, 958 follicules ont été prélevés chez 286 femmes, âgées en moyenne de 28 ans (16 à 43 ans). Le nombre de follicules prélevés chez chaque femme variait de 1 à 13 (moyenne de 3,3 follicules /patient, médiane de 3,0). Le fluide a été centrifugé et immédiatement stocké à -80°C ou, dans certains cas, congelé instantanément dans de l'azote liquide. Leur étude, publiée dans la revue Frontiers in Endocrinology, a été présentée lundi à la réunion annuelle de la Société Européenne de Reproduction Humaine et d'Embryologie à Barcelone.

Des résultats "passionnants"

Susanne Pors, l'une des chercheuses, a expliqué comment l'équipe est parvenue à implanter un ovaire artificiel contenant 20 follicules humains dans une souris et qu'un quart d'entre eux ont survécu pendant au moins trois semaines. Pendant ce temps, les vaisseaux sanguins avaient commencé à se développer autour de l'ovaire. Si cette étude est une avancée spectaculaire, Susanne Pors précise néanmoins "qu'il faudra de nombreuses années avant que l'expérience ne soit menée sur une femme. Cinq à 10 ans de travail sont nécessaires pour que les ovaires artificiels soient prêts".

Nick Macklon, directeur médical à la London Women's Clinic, a déclaré à The Guardian que même si le risque de contracter à nouveau un cancer à partir de tissus ovariens congelés était faible, le risque était réel. "Nous ne pouvons pas le faire à cause de cette préoccupation dans certains cas", a-t-il expliqué, saluant les résultats "passionnants" de cette étude prometteuse. Stuart Lavery, gynécologue consultant à l'hôpital Hammersmith, a ajouté: "Ce sera très rassurant, si ce travail se concrétise, que les patientes puissent recevoir la greffe en sachant qu'il n'y a aucun risque de réintroduire le cancer". Les médecins semblent donc unanimes quant au caractère novateur et révolutionnaire de cette avancée. 

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