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QUESTION D'ACTU

Immunothérapie

Traitement du cancer du poumon au stade précoce : vers un changement de stratégie ?

Une équipe de scientifiques confirme qu’une immunothérapie administrée au stade précoce d'un cancer du poumon, et avant la chirurgie, réduit la taille de la tumeur à enlever, augmente le nombre de cellules immunitaires dans la tumeur et réduit le nombre de rechutes.

Traitement du cancer du poumon au stade précoce : vers un changement de stratégie ? utah778 / stock

  • Publié 28.05.2018 à 19h30
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Si la recherche avait jusqu’alors essentiellement fait des progrès sur le traitement du cancer du poumon à un stade avancé, les résultats publiés dans le New England Journal of Medicine viennent de changer la donne. L’équipe de scientifiques a confirmé qu’une immunothérapie administrée au stade précoce d'un cancer du poumon, et avant la chirurgie, réduit la taille de la tumeur à enlever, augmente le nombre de cellules immunitaires dans la tumeur et réduit le nombre de rechutes.

Nivolumab

On parle ici du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC), c’est-à-dire la forme la plus fréquente de la maladie. L’immunothérapie est une stratégie thérapeutique en plein essor qui consiste à stimuler le système immunitaire du patient afin qu’il reconnaisse les cellules cancéreuses et qu’il les détruise. Lorsqu’un cancer du poumon est à "un stade accessible à la chirurgie", c’est qu’il est encore à un stade précoce de la maladie.

Jusqu’ici, l’immunothérapie était utilisée pour traiter les formes avancées de cancer du poumon non à petites cellules, et après la chirurgie. Mais cette nouvelle étude prouve que l'administration de nivolumab, une immunothérapie anti-PD-1 administrée avant la chirurgie ("immunothérapie adjuvante") permet d’en améliorer la réalisation et l’efficacité chez les malades atteints d'un cancer du poumon à un stade précoce. De fait, ces résultats changent complètement la manière d’aborder le traitement d’un cancer du poumon pris à un stade assez précoce de la maladie.

Les chercheurs ont administré deux doses de nivolumab (3 mg/kg de nivolumab par voie intraveineuse toutes les deux semaines) avant la chirurgie chez 20 malades souffrant d’un cancer du poumon accessible à la chirurgie. Tous souffraient d’un cancer du poumon non à petites cellules de stade I, II ou III, jugé opérable.

16 des 20 malades sont vivants et sans récidive

Vingt malades ont pu avoir une résection chirurgicale complète de leur tumeur après avoir reçu l’immunothérapie néoadjuvante. Après chirurgie, 16 des 20 malades sont vivants et sans récidive. Une réponse immunologique majeure est observée dans 45% des tumeurs enlevées et ce traitement n’a jamais retardé ou gêné la chirurgie. Trois malades ont eu une rechute de leur cancer du poumon dont 2 ont eu un traitement supplémentaire et n'ont pas eu de nouvelle récidive. Un patient est décédé d'un cancer métastatique récidivant environ 16 mois après la résection chirurgicale.

"Nous voulions examiner la tumeur et le système immunitaire des malades avant le traitement et les examiner à nouveau après le traitement pour analyser les changements", a déclaré Patrick Forde, premier auteur et spécialiste du cancer du poumon au Johns Hopkins Bloomberg-Kimmel, Washington DC. "Nous avons observé une régression tumorale chez près de la moitié de ces malades souffrant d'un cancer du poumon à un stade précoce et nous ne nous attendions pas à voir une telle réponse majeure avec seulement deux doses (de nivolumab)".

Le cancer du poumon touche désormais davantage les femmes 

Environ 50% des malades souffrant d’un cancer du poumon non à petites cellules rechutent après chirurgie. Le pronostic du cancer du poumon reste sombre, avec une survie de 1 à 5 ans égale à 15% tous stades confondus.

Aux Etats-Unis, dans les groupes caucasiens et hispaniques nés depuis le milieu des années 1960, le cancer du poumon touche désormais davantage les femmes que les hommes, traditionnellement pourtant beaucoup plus affectés par cette maladie. En France, le cancer du poumon occupe le 2e rang chez l’homme et le 3e rang chez la femme des tumeurs les plus fréquentes, avec respectivement environ 32 300 et 16 800 nouveaux cas par an.

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