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QUESTION D'ACTU

Le plus souvent dû au papillomavirus

Cancer anal : des médecins mettent en garde contre cette maladie méconnue

Dans une tribune du "Monde" parue mercredi 16 mai, des proctologues appellent à briser le tabou entourant le cancer anal, une maladie qui se développe majoritairement après une infection due au papillomavirus humain et touche de plus en plus les jeunes garçons séropositifs. 

Cancer anal : des médecins mettent en garde contre cette maladie méconnue Diy13/iStock

  • Publié 18.05.2018 à 17h30
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Cancer anal. Cette maladie ne vous dit sans doute rien et pour cause. Considéré dans l’imaginaire collectif comme honteux, ce cancer, qui n’a rien à voir avec le colorectal, est largement sous-médiatisé, alertent des des proctologues inquiets de son augmentation récente, dans une tribune du Monde publiée mercredi 16 mai.

En effet, ce cancer largement méconnu a été multiplié par trois ces 30 dernières années. "Alors qu’il était rare et ne concernait que les femmes âgées, son incidence augmente fortement, et il intéresse maintenant les hommes jeunes", mettent en garde les médecins signataires. Le cancer anal touche les parties internes ou externes de l’anus et neuf fois sur dix, se développe après une infection due au papillomavirus humain (HPV). Or, si le vaccin contre cette maladie est très largement recommandé pour les jeunes filles afin de prévenir les lésions et le cancer du col de l’utérus, les garçons sont laissés pour compte, mettent en garde les proctologues qui voudraient généraliser la vaccination à tous.

En effet, bien que depuis 2017, les hommes de moins de 26 ans qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH) puissent recevoir le vaccin anti-HPV et être remboursés en France, cette pratique est encore bien trop confidentielle. "On en parle pas assez alors que ça devient un problème assez important pour la société. Ça concerne les hommes jeunes, en général quand ils sont séropositifs au VIH et/ou qu'ils ont des rapports avec des hommes", explique le Dr Jean-David Zeitoun, gastroentérologue, spécialisé en proctologie au groupe hospitalier Diaconesses-Croix-Saint-Simon (Paris), au micro de France Info.

D’après l’Institut national du cancer (Inca), le cancer de l’anus est ainsi le troisième cancer le plus fréquent chez les hommes vivant avec le VIH. "L’infection VIH favorise l’apparition des lésions associées aux HPV et augmente le risque de cancer. La muqueuse anale est très vulnérable à l’entrée des virus, dont les HPV. Une pénétration, mais aussi tout contact de la muqueuse anale avec un vecteur contaminé (doigt, sex toy...), est un moyen de transmission des HPV", est-il par ailleurs détaillé sur le site.

Des démangeaisons ou des saignements au niveau de l'anus

Et l’Inca de recommander aux personnes vivant avec le HIV un examen proctologique systématique. "Le suivi proctologique représente un moyen de prévention du cancer anal à deux niveaux : il permet de détecter et de traiter les lésions anales associées aux HPV avant leur évolution vers le cancer et deuxièmement, il peut permettre de repérer la présence d’un cancer à un stade précoce augmentant ainsi les chances de guérison", précise-t-il.

Quels sont les symptômes du cancer anal ? "Ça peut être des douleurs, des saignements, une gêne locale, des démangeaisons…c’est le fait que ça dure dans le temps qui doit attirer l’attention", explique le Dr Jean-David Zeitoun. Et si ce cancer est communément appelé "de bon pronostic" puisque quand il est détecté tôt (il y a 90% de guérison à cinq ans) le traitement entraîne tout de même des effets locaux irréversibles. "En effet, pour les patients qui répondent au traitement initial (70 %-80 %) par radiothérapie souvent doublée d’une chimiothérapie, les rayons génèrent des effets locaux irréversibles de brûlures et de rigidité qui altèrent définitivement la vie sexuelle quand elle est encore possible", explique la tribune du Monde.

"Pour les 20 % à 30 % de patients restants chez qui la tumeur persiste ou ­récidive, il faut proposer une chirurgie très mutilante : l’amputation abdomino-périnéale. Comme son nom le dit un peu, cette intervention procède à l’ablation du rectum jusqu’au canal anal et emporte l’appareil sphinctérien et la peau périanale", est-il ensuite détaillé.

Par ailleurs, cette maladie étant largement méconnue, les patients ont tendance à beaucoup attendre avant de consulter, ce qui réduit drastiquement leurs chances de s’en sortir. Aussi, si vous ressentez des douleurs au niveau de l’anus, vous devriez consulter sans plus attendre un gastro-entérologue.

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