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Rapports sexuels entre hommes

Papillomavirus : la vaccination étendue aux jeunes hommes

La vaccination contre les papillomavirus humains est étendue à certains hommes. Ceux qui ont des rapports sexuels avec des hommes pourront être remboursés.

Papillomavirus : la vaccination étendue aux jeunes hommes philippe leroyer/Flickr




C’est officiel : la vaccination contre les papillomavirus humains n’est plus réservée aux jeunes femmes uniquement. Pour la première fois, certains hommes peuvent recevoir le Gardasil et être remboursés. L’ouverture est actée dans le calendrier vaccinal 2017, paru ce 25 avril. L’objectif est de réduire les infections génito-anales et les cancers, notamment chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH).

Une population à haut risque

Jusqu’à l’âge de 26 ans, les HSH pourront donc bénéficier d’un vaccin anti-HPV (Gardasil). Avec cette nouvelle recommandation, les autorités sanitaires actent les risques accrus de cette population. La probabilité de développer un cancer anal est, par exemple, vingt fois plus élevée que chez les hétérosexuels. Or, nombre de cas sont associés aux souches oncogènes du papillomavirus.

Dans un avis précédent, le HCSP n’a laissé aucun doute. Outre les cancers anaux, les HSH sont aussi plus touchés par les verrues génitales, les cancers ORL et du pénis. Dans ce dernier cas, 25 à 50 % des diagnostics sont attribuables aux papillomavirus. Etendre la vaccination à cette population, à haut risque, relevait donc du bon sens.

Plus de souches pour protéger les femmes

Les recommandations vaccinales destinées aux jeunes femmes évoluent elles aussi pour l’année 2017. Le vaccin anti-HPV est conseillé aux jeunes filles âgées de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans. Une nouvelle version du Gardasil arrive sur le marché, et s'avère plus efficace. En effet, elle contient 9 souches de papillomavirus et devrait protéger contre 90 % des cancers du col de l’utérus. Lorsque ce produit sera sur le marché – et remboursé – le ministère de la Santé préconise donc son utilisation en priorité.

Mais la vaccination ne doit pas pour autant provoquer un relâchement du côté du dépistage. Une vingtaine de HPV oncogènes ont été identifiés, et seules 9 souches sont contenues dans le vaccin. L’immunisation doit donc être envisagée comme une approche complémentaire. A partir de 25 ans, l’ensemble des femmes est invité à un dépistage par frottis cervico-utérin tous les 3 ans, y compris celles qui sont vaccinées.

La couverture vaccinale reste insuffisante en France. Seules 14 % des jeunes femmes sont protégées contre les papillomavirus humains. La faute à une polémique autour de la sécurité des vaccins disponibles. Au Royaume-Uni et au Portugal, où elle a eu moins de prise, 87 % des adolescentes ont reçu deux doses.

 




Source : Institut national du Cancer

 

Les pénuries prises en compte

Dans le calendrier vaccinal, le ministère de la Santé acte les nombreuses pénuries qui affectent les vaccins recommandés en France. Coqueluche, hépatites A et B, BCG : voici quelques maladies contre lesquelles il est devenu difficile de se protéger. Le document propose donc d’adapter la stratégie tant que la pénurie existe. Ainsi, les vaccins hexavalents contenant, entre autres, une souche coquelucheuse doivent être privilégiés. De même, la protection contre l’hépatite A doit se limiter à une dose sans rappel avec une priorité attribuée aux personnes voyageant en zone endémique, à l’entourage de cas déclarés ou encore aux personnes immunodéprimées. La pénurie de BCG présente un problème particulier. Une pénurie mondiale est en cours et une alternative est importée. Mais elle n’est disponible qu’à l’hôpital.

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