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QUESTION D'ACTU

Maux de tête

Les femmes et les hommes ne sont pas égaux face à la migraine

La migraine ne touche pas de manière égale les femmes et les hommes. Même l'efficacité des traitements dépend du sexe. En menant une étude sur des rats, des chercheurs américains ont constaté que ces différences seraient liées à l’expression d’une enzyme appelée NHE1, et au taux d’oestrogène.

Les femmes et les hommes ne sont pas égaux face à la migraine Vonschonertagen/iStock

  • Publié 23.04.2018 à 16h40
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  • Mise à jour le 23.04.2018 à 17h30
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10 à 15 % de la population française souffre de migraines*. Ce type de maux de tête, appelé "céphalée" par la communauté scientifique, est lié à une vulnérabilité génétique déclenchée et à des facteurs environnementaux. Une personne migraineuse sur deux ignore qu’elle l’est et pense que ses maux de tête sont une fatalité. La migraine touche tout le monde, même les enfants. Mais elle est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes.

Une recherche menée par des scientifiques américains explique pourquoi les femmes seraient plus concernées et pourquoi les traitements de la migraine seraient moins efficaces sur elles. Cette étude, réalisée au sein de l’université de l’Arizona, est présentée dans le cadre de Experimental Biology, un congrès annuel de biologie américain qui se déroule en ce moment à San Diego. 

Le rôle de la NHE1 

La recherche a été menée sur des rats. Les scientifiques ont étudié le rôle du NHE1, un échangeur de sodium et d’hydrogène, c'est-à-dire une enzyme qui régule le transport de ces deux molécules à travers les membranes et notamment celles du cerveau.

Lorsque le taux de NHE1 n’est pas assez élevé ou qu'il y a un dysfonctionnement "dans le transport", cela impacte les tissus cellulaires cérébraux et peut conduire à une migraine. Les chercheurs ont constaté que l’expression de la NHE1 est 4 fois plus élevée dans le cerveau des rats mâles, que dans celui des femelles. Dans la mesure où c’est sur cette enzyme que les médicaments anti-migraineux peuvent agir, des dérégulations de son taux peuvent donc affecter l’efficacité des traitements. 

Les chercheurs ont aussi constaté que les plus forts taux d’oestrogène observés chez les rates correspondaient aux plus faibles taux de NHE1. En fait, la fluctuation du taux de ces hormones, sécrétées notamment par les ovaires, modifie l’expression de la NHE1 et peut donc influencer le déclenchement de la migraine. 

Aucun traitement curatif

La France compte 10 millions de migraineux. Selon les données de l'Inserm, 15 à 18% des femmes en sont affectées, de même que 6% des hommes et 5% des enfants. Les crises peuvent durer jusqu'à 48h chez 10% des patients. "Chez l’enfant, la durée d’une crise de migraine est souvent plus courte que chez l’adulte (parfois inférieure à une heure) et la douleur est souvent frontale ou bilatérale", précise l'Inserm. 

Ces résultats pourraient permettre de créer des traitements plus efficaces et adaptés à chacun des sexes. Pour l’heure, aucun traitement ne peut soigner définitivement la migraine. Le traitement de crise est destiné à limiter la sévérité et la durée de la céphalée migraineuse. Il doit être pris le plus tôt possible, soit au début de la crise. Le traitement de fond est destiné à diminuer la fréquence des crises. Il est prescrit aux personnes ayant des crises fréquentes (2 par mois ou plus), intenses, longues et/ou entraînant une consommation excessive de médicaments.

*Dès les premiers signes annonciateurs d’un épisode migraineux, vous pouvez adopter certains comportements qui peuvent atténuer son intensité comme vous allonger dans une pièce calme et sombre, vous mettre un linge froid sur le front et boire de l’eau pour éviter de vous déshydrater, surtout en cas de vomissements.

Retrouvez notre émission : Migraine, savoir explorer les céphalées

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