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Révolutionnaire !

Arrêt cardiaque : comme à Paris, le SAMU de Lyon pratique désormais la circulation extracorporelle

Une incroyable technique de réanimation, réalisable sur le terrain avant même d'arriver à l'hôpital, est désormais pratiquée par les urgentistes du SAMU de Lyon depuis septembre 2017. Un gain de temps qui a permis de sauver 4 patients en 6 mois. 

Arrêt cardiaque : comme à Paris, le SAMU de Lyon pratique désormais la circulation extracorporelle BZH22 /iStock

  • Publié 19.04.2018 à 17h25
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L'ECMO (Extra Corporeal Membrane Oxygénation) est une technique de CEC (tecnique de circulation extracorporelle) permettant de suppléer aux défaillances cardiaque et/ou respiratoire en assurant le débit circulatoire nécessaire dans le corps et l'oxygénation du cerveau. En somme, une technique des plus révolutionnaires pour secourir des patients en arrêt cardiaque et présentant un pronostic neurologique favorable.  

Les urgentistes de Paris pratique la CEC depuis 2012

Longtemps utilisée dans les blocs opératoires, elle est finalement tombée entre les mains des urgentistes en 2012. A l'époque, les équipes du SAMU de Paris sont les premières formées pour utiliser cette technique de CEC en ambulatoire, c'est à dire directement sur le terrain.

"Ils ont évalué le temps de prise en charge du malade jusqu’à l’hôpital beaucoup trop long pour utiliser correctement cette technique. Le transport et la mise en route de la machine font perdre facilement une heure. Seulement 3 % des arrêts cardiaques survivaient sans séquelle", précise à 20 Minutes Pierre-Yves Gueugniaud. Or, la CEC est efficace uniquement dans les 60 minutes suivant l’arrêt cardiaque. D'où l'intérêt de savoir l'utiliser directement sur place. Cette arme révolutionnaire permet désormais d'assurer une survie sans séquelle de 35%

30% de réussite en 6 mois à Lyon

Depuis septembre 2017 - et après deux ans de formation-, ce sont les urgentistes du SAMU de Lyon qui l'expérimentent. En un peu plus de 6 mois, ils sont parvenus à sauver quatre vies sur 15 grâce à cette technique. Soit une réussite de 30%.

Un exploit quand on sait que la survie moyenne des arrêts cardiaques en France est de 5% (elle est 4 à 5 fois plus élevée dans les pays où les lieux publics sont équipés en défibrillateurs automatisés externes et où la population est formée aux gestes qui sauvent). Selon le site Ameli, sans prise en charge immédiate, plus de 90 % des arrêts cardiaques sont fatals. 

Les conditions à respecter

"Au début de ma carrière, jamais on aurait pu imaginer réaliser hors d’un bloc de tels gestes !" se réjouit Pierre-Yves Dubien, co-responsable du SAMU de Lyon. Mais avant de pratiquer une CEC, les urgentistes doivent prendre en compte plusieurs facteurs précis comme l'âge du patient. "Sur 500 arrêts cardiaques à Lyon, un centième va pouvoir bénéficier de l’appareil. Le risque de cette invention est de l’utiliser pour chaque individu. Le cadre doit rester bien précis. C’est avec les bonnes indications qu’on obtient les bons résultats. L’âge par exemple est limité à 65 ans", explique Pierre-Yves Dubien.

Connaître les bons gestes

50 000 personnes meurent prématurément d'arrêt cardiaque chaque année en France. 7 fois sur 10, ils surviennent devant témoin, mais moins de 20% de ces témoins font les gestes de premiers secours. Or 4 victimes sur 5 qui survivent à un arrêt cardiaque ont bénéficié de ces gestes simples pratiqués par le premier témoin. Depuis octobre 2016, la  présence d’un défibrillateur automatisé externe (DAE) est obligatoire dans les établissements qui ont une capacité d’accueil de 701 personnes au minimum selon la loi française. Cela permet d'augmenter les chances de survie d’une victime d’arrêt cardiaque. De fait, le public présent et formé peut agir avant l’arrivée des secours.

Des chercheurs américains ont prouvé l’efficacité des défibrillateurs automatisés dans l’amélioration du taux de survie des victimes d’arrêt cardiaque, mais aussi dans leur rétablissement. Les résultats de cette recherche ont été publiés par l’American Heart AssociationSelon ces travaux, pour 60% des arrêts cardiaques qui arrivent dans un lieu public, mais pas dans le cadre hospitalier, le rythme cardiaque des victimes est choquable. C’est-à-dire que la défibrillation est nécessaire. A l’inverse, pour les rythmes non choquables, la défibrillation n’est pas recommandée. 

Les défibrillateurs publics augmentent le taux de survie 

Pour obtenir ces résultats, les chercheurs ont collecté des données sur les arrêts cardiaques ayant eu lieu entre 2011 et 2015 dans 9 districts régionaux. Environ 4000 arrêts cardiaques ont été analysés. 18,8% des arrêts choquables ont été défibrillés grâce à un DAE.

Les scientifiques ont comparé ces cas aux cas-où la défibrillation est assurée à l’arrivée du personnel médical d’urgence, donc plus tard. Le taux de survie est plus élevé dans le premier cas (66,5% contre 43%). Aussi, pour 57,1% des arrêts cardiaques traités directement grâce à un défibrillateur automatisé, les victimes retrouvent une capacité cardiaque fonctionnelle. C’est le cas pour 32,7% des arrêts cardiaques soignés à l’arrivée des secours. 

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