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Polémique

Paracétamol : le syndicat des pharmaciens répond à l’UFC-Que Choisir

L’UFC-Que Choisir a créé la polémique en accusant les pharmaciens de délivrer des doses toxiques de paracétamol dans un cas sur 4. Une communication contradictoire et à charge selon Gilles Bonnefond, président de l’UPSO (Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine).

Paracétamol : le syndicat des pharmaciens répond  à l’UFC-Que Choisir dolgachov/istock

  • Publié 27.03.2018 à 12h52
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L'UFC-Que choisir a envoyé des « enquêteurs » dans 772 pharmacies de 16 agglomérations françaises en leur donnant pour mission d’acheter deux médicaments qui contiennent tous 2 du paracétamol et qu’il est donc déconseillé d’associer (Doliprane 1000 mg et Actifed Rhume jour et nuit).

L'association énonce que « dans 86% des cas, le dispensateur a bien mis en garde sur les dangers d'une association de ces deux produits » mais « 54% des pharmacies ont conseillé une dose (de paracétamol) supérieure » à trois grammes par jour, et « 24 % une dose supérieure à 4 grammes ».

Gilles Bonnefond, président de l’UPSO (Union des Syndicats de Pharmaciens d’Officine), apporte à PourquoiDocteur son éclairage quant à cette « affaire du paracétamol ». Il dénonce l’incohérence d’une communication à charge et des conclusions contradictoires.

Comment expliquez-vous une telle discordance entre les chiffres repris par les médias et ceux de l’enquête UFC-Que Choisir ?

Gilles Bonnefond : « Si l’on regarde l’enquête on constate qu’il y est écrit que, d’emblée, 87% des pharmaciens ont correctement fait leur travail en indiquant les posologies maximales du paracétamol et en attirant l’attention sur le dosage. De même, 93% des pharmaciens, suite aux questions posées par un patient, attirent leur attention sur le dit dosage.
Quant à la polémique des « 3 ou 4 grammes » maximum, rappelons que 4 grammes est une posologie autorisée, que le paracétamol est délivré par boîte de 8, ce qui ne correspond pas à une utilisation de longue durée, donc qu’il n’existe pas de risque de toxicité pour le foie.

Nous sommes donc bien loin des chiffres repris par la presse, selon lesquels « 25% des pharmaciens recommandent des doses nocives de paracétamol ».

GB : Nous sommes face à l’instrumentalisation d’une enquête qui, d’un côté, alerte sur la sécurité et la qualité de la dispensation, et de l’autre, soutient une banalisation des médicaments en proposant leur vente en grandes surfaces.

Tout ceci ayant lieu quelques jours avant la présentation de la loi sur les Entreprises « Loi Pacte » alors que le sondage en lui-même a été réalisé en novembre 2017. La présentation des chiffres de cette enquête n’est que désinformation et transformation de l’information. Son seul avantage est de rappeler que le paracétamol n’est pas un médicament banal. »

Avec cette loi, certains nourrissent l’espoir de pouvoir déréguler la pharmacie et supprimer le monopole des pharmacies sur les médicaments.

GB : La stratégie derrière tout cela est simple : la sortie d’une enquête, avec des titres et conclusions pré-préparés pour les articles de presse qui n’ont plus qu’à être retranscrits. C’est une instrumentalisation de la presse grand public. D’autant que la conférence de presse s’est tenue à distance, par téléphone.

Est-ce qu’il est possible que ce soient les préparateurs d’officine et pas les pharmaciens qui aient été à l’origine des associations dénoncées ?

GB : Les préparateurs travaillent sous la responsabilité des pharmaciens. Il y a 51 000 diplômés de pharmacie qui exercent dans 22 000 officines, le contrôle existe et est bien présent.

D’autant que les préparateurs ont aussi une formation spécifique sur les médicaments, d’une durée de 2 ans au cours de laquelle la pharmacologie, la galénique, la législation, l’exécution d’ordonnance leur sont enseignés.

Il n’y a pas de biais : les mauvaises recommandations ne viennent pas des préparateurs, 7% des pharmaciens n’ont pas fait le job, c’est leur responsabilité et non celles des pharmaciens.

Que faut-il retirer en pratique de cette malheureuse affaire ?

GB : Ce que nous proposons à Agnès Buzyn, c’est que dès lors qu’un patient entre dans une pharmacie, il n’est pas en automédication mais il « rentre dans un parcours de soins » au sein duquel il peut être aiguillé, conseillé, réorienté vers un médecin ou les urgences.

Nous proposons de mieux organiser ce parcours de soins ; de faire prendre conscience que c’est un vrai parcours de soins, de ne pas céder aux opérations marketing et à la publicité ; que c’est un moyen de dégager du temps médical et de désengorger les services d’urgences qui n’ont pas à prendre en charge les rhumes et les gastros, car c’est un coût et du temps passé anormalement élevé.

Une porte d’entrée du système de soins pourrait être l’officine.
Je rappelle qu’aucun médicament n’est en vente libre, car tout médicament est dispensé au sein d’une officine.

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