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E-santé

Cancer colorectal : une application pour améliorer le dépistage

Aux États-Unis, l’utilisation d’une application de e-santé dans le cadre d’un essai randomisé a permis de doubler le taux de dépistage du cancer colorectal.

Cancer colorectal : une application pour améliorer le dépistage iStock / RyanKing999

  • Publié 13.03.2018 à 16h23
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Détecté à temps, le cancer colorectal se guérit dans 9 cas sur 10. D’où l’importance du dépistage précoce, rappelée par l’Institut du cancer (INCa) lors de l’opération « Mars bleu ». Entre 50 et 74 ans, tous les patients devraient envisager, après en avoir discuté avec leur médecin, de passer un test. Simple sur le papier, ce dispositif l’est moins en pratique : le taux de dépistage avoisine les 30 %, loin des 45 % attendus.

Confrontée au même problème dans leur pays, une équipe de chercheurs américains a développé une intervention de santé numérique qui pourrait améliorer la situation. Leur étude, récemment publiée dans Annals of Internal Medicine, montre que l’emploi d’une application numérique a permis de doubler le taux de dépistage, de 15 % à 30 %, au sein d’une population de faible niveau social – traditionnellement moins sensible aux questions de santé.

Une incitation au dépistage

Concrètement, les 450 patients ont été invités à se rendre dans leur centre de santé pour discuter avec leur médecin. Dans le groupe intervention, les sujets devaient revenir le lendemain pour essayer une application iPad développée pour l’occasion. À l’issue d’un questionnaire et d’une vidéo d’information de 10 minutes, ils pouvaient commander directement un test de dépistage. Quant au groupe contrôle, il devait simplement venir regarder un film de prévention.

« Beaucoup de facteurs contribuent à diminuer le taux de dépistage, comme une attitude négative des patients vis-à-vis des tests, l’absence de sensibilisation à l’intérêt du dépistage ou encore le manque de temps des médecins », explique le Pr David Miller, praticien à l’hôpital universitaire Wake Forest Baptist (Caroline du Nord) et premier auteur de l’article.

« Dans un monde idéal, le médecin devrait discuter du dépistage avec son patient, l’informer des options à disposition, l’aider à prendre une décision puis commander les tests. Mais tout cela prend du temps, que les médecins n’ont pas toujours lorsque le patient a d’autres problèmes de santé à investiguer », poursuit le praticien, lui-même généraliste.

Manque de temps

Ces résultats sont-ils transposables chez nous, où les soins de première ligne sont organisés de façon assez différente ? Une étude menée par l’INCa en 2010 montre que l’Hexagone n’est pas non plus un « monde idéal ». Seul un tiers des médecins généralistes déclare évoquer systématiquement la possibilité d’un dépistage avec leurs patients éligibles. Dans la moitié des cas, c’est même le patient qui aborde spontanément le sujet.

Mais ce déficit de prise en charge ne semble pas vraiment dû à un manque de temps : les médecins dont la patientèle est la plus nombreuse tendent au contraire à être de meilleurs dépisteurs. Il semble plutôt que certains praticiens rechignent encore à intégrer le dépistage à leur pratique clinique – c’est vrai pour le côlon, mais aussi pour le sein ou la prostate. Problème de formation, plutôt que de temps ?

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