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QUESTION D'ACTU

Classification d'une addiction

Addiction aux jeux vidéo : la riposte des éditeurs contre l'OMS

Les éditeurs s'insurgent contre l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui a annoncé sa volonté de classer l'addiction aux jeux vidéo comme une pathologie mentale, dès juin 2018.

Addiction aux jeux vidéo : la riposte des éditeurs contre l'OMS stevanovicigor /Ipstock

  • Publié 02.03.2018 à 15h25
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L'Observatoire français des drogues et de la toxicomanie (OFDT) affirmait en 2014 que l'usage "problématique" des écrans touchait 5 % des adolescents : 84 % d’entre eux ont une console vidéo et 74 % une tablette. Les trois quarts des lycéens et 60 % des collégiens ont un ordinateur dans leur chambre.

Leur surexposition aux écrans en a conduit certains à devenir accro aux jeux vidéo : un élève sur huit en aurait un usage "problématique", soit trois élèves par classe en moyenne. L'Institut Fédératif des Addictions Comportementales affirme qu'entre 2007 et 2012 "le nombre de joueurs français est passé de 17 à 28 millions de personnes, ce qui représente plus de 55% des français. 83% des joueurs ont plus de 18 ans. Les gros joueurs (hardcore gamers) passent plus de 14 heures par semaine à jouer aux jeux vidéo".

L'addiction aux jeux vidéo et l'OMS

Face à l'ampleur du phénomène et aux nombreux comportements déviants, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a décidé d'ajouter l'addiction aux jeux vidéo à la onzième édition de sa Classification internationale des maladies (CIM-11). Mais sur quels ressorts scientifiques s'appuie-t-elle ? Pour que ce trouble soit diagnostiqué "en tant que tel, le comportement doit être d’une sévérité suffisante pour entraîner une altération non négligeable des activités personnelles, familiales, sociales, éducatives, professionnelles ou d’autres domaines importants du fonctionnement, et en principe, se manifester clairement sur une période d’au moins 12 mois" indique-t-elle. Mais pour les éditeurs de jeux, la méthodologie de l'OMS manque de transparence.

La riposte des éditeurs de jeux

Simon Little, directeur général de la Fédération européenne des éditeurs de jeux vidéo, a fait connaître sa volonté de riposter. "Le processus de l’OMS manque de transparence et de soutien scientifique objectif. Nous insistons sur la nécessité d’y mettre fin", a-t-il estimé. Les éditeurs de jeux rassemblent également les représentants de ce secteur du monde entier. Ensemble, ils s'appuient sur une étude menée par 36 experts en santé mentale et science sociale, bientôt publiée dans le Journal of Behavioral Addictions, qui remet en cause la méthodologie de l'OMS.

"Une grande confusion demeure – même parmi les auteurs qui supporte ce diagnostic – concernant ce qu’est, exactement, le trouble du jeu vidéo", précisent les auteurs. Sans pour autant nier que l'addiction aux jeux vidéo peut être dangereuse ou destructrice, ils écrivent simplement : "Nous continuons d’affirmer que la qualité des fondements probants existants est faible" ou encore, "des normes scientifiques solides ne sont pas (encore) employées".

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