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Justice

Lactalis : l'association des parents de bébés contaminés appelle au boycott de tous les produits de la marque

Quentin Guillemain, qui a fondé l'association de défense des victimes de Lactalis, a appelé au boycott des produits encore commercialisés en grandes surfaces. 

Lactalis : l'association des parents de bébés contaminés appelle au boycott de tous les produits de la marque FamVeldman/Epictura

  • Publié 14.02.2018 à 16h45
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Sorti de l'anonymat en fondant l'Association de défense des victimes de Lactalis, Quentin Guillemain passe à l'offensive. Ce père de 33 ans, dont la petite fille a consommé une marque de lait rappelée par Lactalis et qui est à l'origine de l'enquête judiciaire ouverte après la contamination, appelle désormais au boycott de tous les produits commercialisés par cette marque. Jeudi 15 février, le collectif déposera 30 plaintes supplémentaires contre le fabricant et des enseignes de la grande distribution : "Nous voulons que justice soit faite. Trop de questions restent sans réponse", a-t-il déclaré.

Sur Twitter, il évoque "la rupture de confiance" entre les parents et "la sécurité alimentaire des produits du groupe est rompue". A ce titre et au nom des familles, il appelle "les consommateurs à éviter d'acheter et de consommer les produits des marques de Lactalis actuellement en vente en France et à l’étranger".

Foodwatch pointe une douzaine de "négligences"

L’association de consommateurs Foodwatch, spécialisée dans le domaine de l'alimentaire, a saisi le pôle santé publique du tribunal de grande instance de Paris, ce mercredi, accompagnée de plusieurs parents. Ensemble, ils dénoncent douze infractions qui engagent la responsabilité de tous les acteurs impliqués dans l'affaire Lactalis : le fabricant, la grande distribution, les laboratoires mais également les pouvoirs publics à qui revenait le contrôle de l’usine.

"Ils ont tous manqué à leurs obligations en matière de prévention des risques sanitaires mais aussi dans la gestion particulièrement défaillante de cette crise alimentaire majeure. Des consommateurs ont été ainsi trompés et des enfants mis en danger", estime l’association. "Les législations tant européennes que françaises font peser de nombreuses obligations sur tous les acteurs de la chaîne alimentaire. Producteurs, distributeurs, laboratoires et bien sûr autorités publiques ne pouvaient les ignorer. Et pourtant, ils ont fait preuve de négligence", dénonce Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch.

L'association pointe les incohérences de discours de ces différents acteurs qui se rejettent la responsabilité depuis plusieurs mois : de Lactalis qui a fait preuve d’irresponsabilité en rachetant l’usine de Craon (Mayenne) en 2006 sachant pertinemment que la salmonelle avait déjà contaminé 140 nourrissons, aux grandes enseignes qui ont continué à commercialiser des produits laitiers interdits. Foodwatch cite en effet "les rappels au compte-gouttes et en catimini en décembre, des produits dangereux toujours en vente en janvier malgré les rappels et des acteurs qui se renvoient la balle sans assumer leurs responsabilités". Fin janvier, Bercy a affirmé que 22 établissements et 60 sites de commerce en ligne vendaient encore des lots interdits.

Est également visé le laboratoire Eurofins qui a réalisé (et validé) les tests de contrôle des produits finis sans mentionner aux autorités la présence de salmonelles. Cette chaîne de négligences à mis la vie de nombreux enfants en danger, en France comme dans 85 autres pays. La plainte de Foodwatch fait suite à celle d’UFC Que Choisir pour "tromperie", à la saisi du pôle santé publique par d’autres parents et à la trentaine de plaintes qui seront déposées demain par l'association de Quentin Guillemain. 

38 nourrissons contaminés par la salmonellose

Une enquête préliminaire pour "blessures involontaires" et "mise en danger de la vie d’autrui" a été ouverte en décembre dernier. Mais tous redoutent que l’affaire soit classée sans suite. "Les acteurs de cette affaire se sont montrés irresponsables en ne prenant pas leurs obligations plus au sérieux. Rien d’étonnant à cela puisque nous constatons scandale après scandale - viande de cheval, œufs au fipronil, etc. -, que ces différents protagonistes semblent échapper à toute sanction. C’est l’un des nœuds du problème : les sanctions devraient être dissuasives et exemplaires", insiste Ingrid Kragl, directrice de l’information de foodwatch. Pour rappel, 38 nourrissons ont été contaminés par la salmonellose, dont deux dans le pays basque espagnol.

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