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QUESTION D'ACTU

Apprentissage de la lecture

L'IRM décode le cerveau des dyslexiques

Grâce à l'IRM, des chercheurs français ont découvert que l'aire visuelle des mots était beaucoup moins active chez les dyslexiques. Un dysfonctionnement qui prouve que la dyslexie n'a rien à voir avec un manque d'intelligence.

L\'IRM décode le cerveau des dyslexiques MANUEL BALCE CENETA/AP/SIPA

  • Publié 18.04.2013 à 08h00
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Quelque 5% des élèves français seraient dyslexiques, et donc handicapés au quotidien dans leur apprentissage. Par conséquent, 5% des parents et bon nombre d’enseignants sont eux aussi empoisonnés par ce trouble de l’acquisition de la lecture et de l’orthographe. Autant dire que mieux connaître le cerveau des dyslexiques ne passionne pas qu’une poignée de chercheurs spécialisés dans les troubles de l’apprentissage.


Une difficulté à "voir" les sons


Or, une équipe française du CHU de la Timone à Marseille et du CNRS vient de découvrir que chez les enfants dyslexiques, certaines parties du cerveau n’étaient pas aussi actives que chez les autres enfants. Concrètement, ils ont réalisé des IRM fonctionnelles à des dyslexiques et des non dyslexiques. Résultat : tout se passe dans la partie gauche du cerveau. L’aire visuelle des mots qui s’active normalement au moment de la lecture n’était manifestement pas sollicitée chez les enfants souffrant de dyslexie.


Cette découverte ne bouleverse pas les connaissances sur la dyslexie puisque la piste visuelle était une des hypothèses avancées par les chercheurs. Mais pas forcément la plus privilégiée. La démonstration des chercheurs français, via l’IRM, confirme donc que les enfants dyslexiques ont des difficultés à faire une analyse spatiale des lettres dans le mot.


L'anglais, un casse-tête pour les dyslexiques


Seule exception à la règle : les enfants chinois. D’autres études ont en effet montré que l’aire visuelle des mots était aussi active que chez n’importe qui. L’explication viendrait du fait que les Chinois se servent d’idéogrammes alors que notre alphabet repose davantage sur des sons que des images. Et même des langues reposant  sur le même alphabet ne requiert pas les mêmes capacités d’apprentissage. En fait, plus il y a une correspondance entre la façon dont on écrit la langue et celle dont on la prononce, moins le dyslexique a de difficultés. Les langues les plus transparentes sont le serbe et le croates qui ne comportent aucune lettre muette. Dans ce palmarès, le français se situe en milieu de peloton alors que l’anglais est une des langues les plus opaques. Ce qui expliquerait que la prévalence de la dyslexie est plus importante dans les pays anglo-saxons qu’ailleurs.


Pour contourner cette difficulté, des outils ont bien évidemment déjà été mis au point. Une police de caractère a par exemple été créé. Elle joue sur l’espace entre les lettres, sur la taille des ponctuations et des majuscules, ou encore sur une certaines emphase sur le bas des lettres afin de leur donner une sorte de gravité. D’autres outils sont utilisés, et notamment l’association syllabes –couleurs. Malheureusement, l’origine de la dyslexie étant multifactorielle aucune d’entre elles n’est la méthode miracle.

 

 

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