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QUESTION D'ACTU

Cancer du sein

A San Antonio, chaque année, les meilleurs spécialistes font le point sur le cancer du sein. La tendance est en 2017 plutôt optimiste

Certes le cancer du sein est toujours le premier cancer de la femme. Mais les spécialistes, réunis au Texas comme chaque année début décembre, affirment que la recherche est de plus en plus performante, avec de plus en plus de rémissions : le taux de survie à 5 ans est de 90 %, si le cancer a été détecté à un stade précoce.   De notre envoyé spécial

A San Antonio, chaque année, les meilleurs spécialistes font le point sur le cancer du sein. La tendance est en 2017 plutôt optimiste ©123RF-Piotr Marcinski

  • Publié 09.12.2017 à 19h50
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La survie nette (c'est-à-dire celle qu'on observerait si la seule cause de décès des personnes atteintes de cancer était le cancer) pour les femmes diagnostiquées entre 1989 et 2010 est de 85 % à 5 ans, de 76 % à 10 ans. Des chiffres qui n’ont cessé de se positiver depuis. On parle surtout de rémission, c’est-à-dire qu’il n’existe plus aucune trace du cancer après le traitement. Mais on sait que ce cancer récidive souvent et se traite d’ailleurs à nouveau aussi bien. Les médecins ne prononcent le mot de guérison qu’au bout de 15 ans sans rechute, mais on connaît la prudence du monde médical.

A San Antonio, l’information positive la plus importante concerne la meilleure utilisation des armes à la disposition des cancérologues. Les médicaments sont beaucoup mieux utilisés qu’il y a quelques années, avec un discernement qui ne consiste plus à frapper le plus fort possible. Les médecins sont aidés en cela par des techniques d’analyse des cellules des tumeurs pour choisir le bon médicament et surtout en prévoir l’efficacité.

Autre retour en force, celui des médicaments en comprimés avec deux intérêts : un individuel pour les patientes qui peuvent traiter chez elles leur maladie avec moins d’effets secondaires ; un intérêt collectif avec la possibilité d’être traitée en « ambulatoire », c’est-à-dire à la maison, avec toutes les économies que cela suppose pour la collectivité. Toutefois, les effets secondaires (perte de cheveux et fatigue essentiellement) restent le tribut à payer de nombreuses chimiothérapies. C’est pourquoi on attendait avec impatience les nouveaux traitements immunologiques qui font des « miracles », le mot n’est pas trop fort, dans certains cancers comme le mélanome ou celui de la vessie. Hélas, les études révélées à San Antonio sont moins enthousiasmantes qu’on ne l’espérait. Mais les meilleurs spécialistes de la question nuançaient la déception en affirmant que l’association avec d’autres traitements marquerait très vite une nouvelle étape.

Effet « Angelina Jolie »

Chez les chirurgiens, l’effet « Angelina Jolie », c’est-à-dire l’ablation préventive des deux seins chez les femmes à risque, continuait à être fort. Avec de très nombreuses demandes provenant, non pas des médecins, mais des femmes elles-mêmes. Il faut dire que 5 à 15 % ont une marque génétique et que 2 sur 100 sont porteuses d’une mutation de leurs gènes que l’on appelle « BRCA1 ou BRCA2 » qui sont des « marqueurs » de risque de cancer. Celles qui sont porteuses de cette marque ont plus de 85 % de risque de développer un cancer pour certaines. Cet examen de dépistage étant facile à effectuer, une simple prise de sang, on peut comprendre que certaines femmes, lasses de subir des mammographies tous les ans, préfèrent se « débarrasser » du problème avant qu’il ne survienne. D’autant que les chirurgiens procèdent à une reconstruction complète des deux seins, dans la foulée de l’ablation. En revanche, les femmes qui ont subi l’ablation d’un ou deux seins pour traiter leur cancer ont toujours une méconnaissance des possibilités de reconstruction. 70 % n’en ont pas eue et 60 % s’estiment mal voire non informées.

Avoir un enfant

Le désir de grossesse a longtemps été une préoccupation secondaire pour les cancérologues. Pour deux raisons. La première, les traitements les plus fréquemment utilisés sont des hormones qui provoquent une sorte de ménopause chimique, interdisant toute tentative de grossesse. L’autre raison, moins avouable, est que la lutte contre le cancer doit être la priorité et tout ce qui pourrait détourner de ce but est à proscrire ; donc la grossesse.
De nombreuses équipes de recherche ne l’entendent pas comme cela, et une très belle étude, révélée à San Antonio, a montré qu’avec des protocoles de traitement bien conduits, les chances de grossesse (en général assez basses) étaient doublées.

Les « autres médecines »

Apparition timide de nouvelles médecines pour soulager les effets secondaires des médicaments avec une étude sur les bienfaits de l’acupuncture dans les douleurs des articulations. Le soulagement est réel et objectif. Mais peu de choses nouvelles sur les techniques de méditation et surtout l’hypnose qui, pourtant, démontre chaque année un peu plus ses effets complémentaires dans la pratique médicale et dans d’autres pathologies. Elle reste peu testée, malgré la volonté de nombreux thérapeutes.

Optimisme raisonné

Avec 50 000 nouveaux cas par an, le cancer du sein reste le plus fréquent, et on sait qu’une femme sur 8 y sera confrontée pendant sa vie. Mais avec des nuances très positives chez les femmes de plus de 50 ans, on assiste, en effet, à une baisse du nombre de cancers dans cette tranche d’âge depuis 2005… Ce qui est précisément la date de l’arrêt de la prescription systématique de traitements hormonaux à la ménopause !

En revanche, hausse inquiétante pour les moins de 50 ans… Et là, malheureusement, pas encore expliquée.

 

 

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